10/05/2026
📣💬 Cris du cœur des responsables de service de garde éducatif en milieu familial de Montréal - lettre ouverte signée Chantal Racicot, représentante des responsables de service de garde éducatif en milieu familial (RSGE) à la FSSS CSN
Pendant que des parents cherchent désespérément une place pour leur enfant, des responsables de service de garde éducatif (RSGE) en milieu familial régi et subventionné meurent à petit feu, faute d’enfants pour combler leurs places.
Dernièrement, et non sans raison, on entend surtout parler des quelque 30 000 enfants qui attendent toujours une place en service de garde éducatif. Malgré les listes d'attente qui s’allongent presque partout au Québec, certains quartiers de Montréal ont plutôt un surplus de places offertes, sans enfants pour les combler. Ces enfants, on les retrouve dans des installations privées à but lucratif, des entreprises qui voient leurs places se multiplier, et qui menacent au passage la viabilité des services de garde éducatifs sans but lucratif des centres de la petite enfance (CPE) et des milieux familiaux régis et subventionnés. Cette situation soulève des questions sur la planification des places et sur l’adéquation entre l’offre et la demande selon les réalités socioéconomiques de chaque région.
Le fondement même du problème n’en est pas un de qualité. Les RSGE offrent des services éducatifs de choix aux tout-petits et ont toujours fait les efforts nécessaires pour répondre aux nombreuses exigences pour s’adapter aux nombreux changements du réseau. Comment pouvons-nous alors expliquer que ces femmes qualifiées, aimantes et dévouées aient des places disponibles et qu’à la fois, des familles soient toujours à la recherche de places? Nous questionnons sérieusement le fonctionnement du portail d’inscription aux services de garde, la façon dont les demandes sont orientées et comment les places disponibles dans les milieux familiaux régis et subventionnés sont réellement proposées aux familles.
Les conséquences sont déjà concrètes pour nos collègues : places inoccupées, baisse de revenus, inquiétude, découragement et fermeture imminente de leurs milieux.
👉 Il y a urgence de s’attaquer à la problématique de fond plutôt que de seulement ramener le débat au nombre de places offertes. Le prochain parti au pouvoir devra s’att**der à la création de nouvelles places basées sur une analyse rigoureuse des besoins réels des familles, tout en tenant compte de la contribution essentielle des milieux familiaux, tant dans l’ensemble du réseau que pour le développement des tout-petits.
Il en va de la pérennité des services de garde éducatifs sans but lucratif de qualité, de la viabilité du réseau et de l’avenir même de la profession.