10/20/2026
AMAZON perds une bataille contre le droit des syndicats au Québec
Source: DAVID DESCÔTEAUX, La Presse +, 19-10-2026
La Cour supérieure a rejeté vendredi la contestation d’Amazon visant le syndicat de son ancien entrepôt DXT4, à Laval.
Le tribunal confirme que le géant américain ne peut pas remettre en question la façon dont les syndicats sont reconnus au Québec.
Dans sa décision, la juge Catherine Piché a rejeté la demande de contrôle judiciaire déposée par Amazon. Elle confirme ainsi une décision du Tribunal administratif du travail (TAT) rendue le 22 octobre 2024, […].
« La guérilla judiciaire lancée par Amazon vient de frapper un mur, encore une fois », a réagi la présidente de la CSN, Caroline Senneville.
Les quelque 230 employés de l’entrepôt de la rue Ernest-Cormier s’étaient syndiqués avec la CSN au printemps 2024. Le TAT avait officiellement accrédité le syndicat le 10 mai après avoir constaté qu’une majorité d’employés y avaient adhéré.
Au Québec, un syndicat peut être reconnu sans qu’un vote secret soit obligatoirement tenu. Amazon soutenait que cette façon de faire brimait la liberté d’association de ses employés.
« Suppositions et ouï-dire »
L’entreprise réclamait aussi l’annulation de l’accréditation, en affirmant que l’agente du TAT n’avait pas bien vérifié si le syndicat représentait réellement une majorité des travailleurs.
La Cour a rejeté ces deux arguments. Selon la juge, un employeur ne peut pas invoquer la liberté d’association de ses salariés à leur place. Le Code du travail permet à l’employeur d’intervenir sur certains aspects, comme les postes visés par l’unité syndicale, mais pas tous.
Il l’exclut par exemple la vérification des adhésions afin de protéger leur confidentialité et de prévenir toute ingérence ou représailles.
Le tribunal a aussi confirmé la conclusion du TAT selon laquelle les allégations d’Amazon reposaient sur des soupçons, des suppositions et des ouï-dire.
La CSN déplore que les recours de l’entreprise retardent l’indemnisation des centaines de travailleurs qui ont perdu leur emploi en janvier 2025.