23/10/2026
✊🔥 QUAND LA COLÈRE DEVIENT UN CRI DE DIGNITÉ ! ⏱️ 8 min de lecture
Après près de vingt ans d’engagement pour la justice, la paix et la vérité, il m’est impossible de ne pas partager quelques-uns de mes ressentis et de mes réflexions sur ce qui se passe actuellement en France, entre espoir et lucidité.
Cette vidéo me touche profondément....
Parce que derrière les mots parfois crus, derrière la colère, derrière les appels à la mobilisation, j'entends avant tout des êtres humains qui demandent à être entendus, respectés et considérés.
Des travailleurs, des étudiants, des lycéens, des Gilets jaunes, des femmes et des hommes qui font vivre notre société et qui expriment leur sentiment d'être abandonnés, méprisés ou sacrifiés au profit d'intérêts particuliers.
Et cette colère, je la comprends profondément.
Depuis près de vingt ans d'engagement, j'ai rencontré tant de personnes dont les vies ont été abîmées par la précarité, les injustices, les violences institutionnelles et le sentiment de ne plus avoir de prise sur leur propre existence.
Comment ne pas être bouleversé lorsqu'un travailleur raconte qu'une de ses collègues est contrainte de dormir dans sa voiture faute de moyens ?
Comment accepter qu'une jeunesse puisse avoir le sentiment qu'on lui a confisqué son avenir ?
Comment ne pas entendre cette aspiration fondamentale à retrouver notre dignité et notre souveraineté ? ❤️
Mais je crois aussi que notre colère, aussi légitime soit-elle, mérite d'être interrogée sur ce qu'elle produit.
Car dénoncer un système de domination ne doit pas nous conduire à reproduire les mécanismes que nous combattons.
Nous pouvons être radicalement opposés à un gouvernement sans détester les êtres humains qui le composent.
Nous pouvons dénoncer les violences policières sans considérer que chaque policier serait dépourvu d'humanité.
Nous pouvons combattre les intérêts oligarchiques, les logiques mafieuses et les mécanismes de corruption que nous percevons dans nos institutions, sans enfermer définitivement chaque individu dans une catégorie de « gentil » ou de « méchant ».
Et surtout, nous pouvons exiger des changements profonds sans renoncer à notre propre humanité.
🌱 Car pour moi, la véritable radicalité consiste à aller à la racine des problèmes.
Et cette racine ne se trouve pas uniquement dans les institutions, les gouvernements ou les rapports économiques.
Elle se trouve aussi dans notre manière de concevoir le pouvoir, notre rapport à l'autorité, notre dépendance aux structures qui organisent nos vies et notre difficulté à nous reconnaître collectivement comme responsables de notre destinée.
Je crois profondément à cette idée exprimée dans la vidéo : les gouvernants ne disposent pas d'un pouvoir indépendant de celles et ceux qui font fonctionner quotidiennement la société.
Mais retrouver notre souveraineté ne signifie pas simplement remplacer ceux qui gouvernent par d'autres.
Cela signifie aussi réapprendre à nous organiser, à coopérer, à décider ensemble, à prendre soin les uns des autres et à construire les conditions matérielles de notre liberté.
La souveraineté populaire ne devrait pas être seulement une revendication.
Elle devrait devenir une pratique quotidienne.
Dans nos communes, nos associations, nos collectifs, nos lieux de travail, nos jardins, nos écoles et nos territoires. 🌍
Et c'est précisément là que je souhaite placer de plus en plus mon énergie.
Non pas abandonner la contestation, car il existe des injustices face auxquelles se taire serait renoncer à une part de notre responsabilité.
Mais faire en sorte que notre capacité à construire devienne aussi puissante que notre capacité à dénoncer.
Que notre colère puisse devenir une énergie créatrice plutôt qu'une souffrance qui nous consume.
Que notre aspiration à la justice ne nous fasse jamais oublier notre aspiration à la paix.
Et que notre volonté de liberté ne nous conduise jamais à nier celle des autres.
✊ Et cette souveraineté populaire pose nécessairement, à mes yeux, la question de nos institutions démocratiques.
Depuis le mouvement des Gilets jaunes, je porte un intérêt particulier au référendum d'initiative citoyenne (RIC) en toutes matières, notamment dans sa dimension constituante.
L'idée est simple : permettre aux citoyens de participer directement à l'élaboration et à l'abrogation des lois, de révoquer des élus sous certaines conditions et de proposer des modifications de la Constitution.
Cette réflexion rejoint celles portées, avec leurs différences, par Étienne Chouard et plusieurs collectifs qui travaillent sur la démocratie directe, le pouvoir constituant et la participation citoyenne.
Pour moi, la question fondamentale est celle de la structure même du pouvoir politique et social en France.
Tant que les citoyens ne disposent pas de moyens effectifs pour intervenir sur les règles qui organisent la cité, les mobilisations risquent de se concentrer sur les conséquences des décisions plutôt que sur les mécanismes qui permettent de les prendre.
Je ne considère pas pour autant le RIC comme une panacée.
Un référendum ne garantit ni la qualité d'une décision, ni le respect des droits fondamentaux, ni la disparition des rapports de force. La démocratie directe exige également une information pluraliste, des garanties institutionnelles, des contre-pouvoirs et une véritable culture de la délibération.
Mais je vois dans le RIC et dans l'idée d'un processus constituant ouvert et permanent des pistes importantes pour repenser notre démocratie.
Au-delà de nos sensibilités politiques, de nos croyances et de nos différences sociales, la question mérite à mes yeux d'être posée collectivement : comment redonner aux citoyens une capacité réelle et durable de participer à l'organisation de la cité ?
Car la démocratie ne devrait pas se résumer à choisir périodiquement ceux qui décident à notre place.
Elle devrait aussi nous permettre de participer, de proposer, de contrôler et de construire ensemble. 🌱
⚠️ Et j'aimerais partager une dernière réflexion qui me semble fondamentale.
L'une des plus grandes forces des systèmes de domination réside peut-être dans leur capacité à persuader les dominés de leur propre impuissance.
À nous faire croire que le monde serait trop complexe pour être compris.
Que les décisions politiques seraient réservées à une élite.
Que nous serions incapables de nous gouverner nous-mêmes.
Cette impuissance apprise, lorsqu'elle devient collective, peut être l'un des plus puissants instruments de conservation du pouvoir.
Mais il existe un autre danger, peut-être plus terrible encore.
Lorsque la colère des peuples grandit, elle peut être détournée vers d'autres peuples, d'autres communautés, d'autres catégories sociales.
L'histoire nous a montré combien les crises politiques, économiques et sociales pouvaient ouvrir la voie au fascisme, à la guerre et parfois à la guerre civile.
Alors soyons vigilants.
Depuis plusieurs années, j'observe avec inquiétude la multiplication des discours qui opposent les jeunes aux anciens, les Français aux immigrés, les croyants aux athées, les musulmans aux non-musulmans, les habitants des villes à ceux des campagnes.
Ces clivages peuvent être entretenus, instrumentalisés et exacerbés au point de nous faire oublier ce que nous partageons.
Et pendant que nous nous affrontons entre nous, les mécanismes de domination que nous souhaitons transformer peuvent continuer à prospérer.
Alors prenons garde à ne pas nous tromper d'adversaire.
Car je crois que notre premier adversaire est souvent en nous-mêmes : dans nos peurs, nos préjugés, notre orgueil, notre besoin de désigner des coupables et notre difficulté à reconnaître l'humanité de celui qui pense autrement.
Et notre second adversaire, ce sont les logiques de domination elles-mêmes, ainsi que les actes de ceux qui cherchent à soumettre les autres, par la peur, la violence, la manipulation ou l'absence d'amour.
Mais même face à ceux-là, je refuse de croire que la haine puisse constituer un horizon.
🙏 Je soutiens profondément la dignité, la détermination et l'exigence de justice qui traversent ces témoignages.
Cela ne signifie pas que je partage chaque formulation ou chaque mot d'ordre exprimé dans cette vidéo.
Car je refuse de croire que notre avenir doive nécessairement se construire dans l'affrontement permanent.
Je préfère croire que nous pouvons transformer profondément notre société en associant la résistance aux injustices, la désobéissance civile non violente lorsque notre conscience l'exige, la solidarité et la construction d'alternatives concrètes.
Et surtout, en refusant de laisser la peur, la haine ou le ressentiment devenir les moteurs de notre engagement.
Parce qu'au fond, derrière cette colère, j'entends quelque chose de beaucoup plus grand.
Un immense besoin de justice.
Un immense besoin de reconnaissance.
Un immense besoin de fraternité.
Un immense besoin de retrouver notre pouvoir d'agir.
Et peut-être, tout simplement, un immense besoin d'amour. ❤️
Alors oui, résistons à ce qui nous déshumanise.
Mais n'oublions jamais de construire ce qui nous humanise.
Car le monde auquel nous aspirons ne naîtra pas uniquement de la disparition de ce que nous combattons.
Il naîtra aussi de notre capacité à incarner, dès aujourd'hui, ce que nous souhaitons voir advenir demain. 🌱
One Love ☀️ La Bonne Nouvelle - Akina