29/10/2026
L’incinérateur met le feu à Fernand Pelloutier
La première réunion d’ouverture de « consultation parallèle » qui s’est tenue à la salle Fernand Pelloutier le 20 octobre a été pour le moins houleuse. Un peu plus de public que lors de la dernière séance du 12 juin, pour la plupart déjà rompus à l’exercice et qui n’entendaient pas se laisser museler par une organisation bien rodée. Dès la fin de la présentation par le président de la commission d’enquête, les questions ont fusé, déstabilisant un trio d’enquêteurs qui a fini par reprendre la main. Avant de passer la parole à Urbaser qui a à nouveau présenté son projet de réhabilitation du site Amethyst et le déploiement de son incinérateur.
Un discours toujours très rassurant, rapidement remis en cause par divers intervenants très documentés, comme Michel Revel qui a contesté avec de forts arguments à l’appui les données du cabinet d’ingénierie qui a élaboré l’étude sanitaire des retombées de l’exploitation de l’incinérateur. François Vasquez, ex vice-président de la Métropole en charge de la politique Zéro déchet a défendu comme à son habitude cette stratégie appliquée depuis des années par de nombreuses grandes villes dans le monde et abandonnée de façon très curieuse par Michaël Delafosse au profit d’une solution industrielle passéiste et polluante. Une habitante du quartier des Sabines a dénoncé les désagréments causés par Amethyst, qu’elle a découvert en arrivant dans le quartier : pas de quoi, selon elle, faire confiance à Urbaser, d’autant qu’elle est déjà atteinte par un cancer. Enfin un intervenant s’est demandé comment Urbaser allait faire pour faire fonctionner cette usine à déchets avec un budget de près de 402 millions d’euros, inférieur de 123 millions à celui de son concurrent Suez, et de 179 millions à celui de la société Paprec : interrogation du PDG de la société qui se demande comment on a ces chiffres, qu’il prétend ne pas avoir, et réponse de son collaborateur Bérenger Saltel-Pongy, « c’est l’industriel qui prend ses risques »…il y a fort à parier que c’est plutôt le contribuable qui fera la jonction, avec le vote par la Métropole d’avenants qui permettront d’augmenter la note.
Le meilleur moment de la soirée a été celui de la révélation par le principal commissaire enquêteur que l’ouverture le 12 octobre de la consultation auprès des citoyens n’était pas une contribution à une enquête publique conclue par son avis officiel ayant autorité. Brouhaha, invectives, menace d’évacuer une partie du public, la réunion a bien failli tourner court. Par une astuce parfaitement réglementaire, le projet d’Urbaser est classé dans la catégorie Environnement, ce qui permet d’éviter cette procédure au profit d’une « consultation parallèle (au vote des communes concernées) », qui sera simplement rapportée à la préfète. Rappelons que celle-ci a refusé par deux fois la tenue d’un débat public officiel, que la Délégation de service public a dejà été signée cet été avec Urbaser, que l’ARS a déjà donné un avis favorable, que la DREAL devrait logiquement suivre, et que seules quatre communes de la Métropole, Montpellier, Saint-Jean de Védas, Lattes et Villeneuve les Maguelone, situées dans un rayon de 3 kilomètres autour de l’installation, sont consultées pour donner le feu vert à l’industriel : un vote acquis d’avance pour complaire à la volonté du Président de la Métropole.
Autant dire que tout ce petit monde s’est mis d’accord, au mépris d’un débat démocratique, et certainement de la santé des métropolitains, puisque les vents ne vont pas limiter les nuisances à un rayon de 3 kilomètres (par exemple la place de la Comédie est à 3,3 kilomètres de l’incinérateur, ainsi que de l’incinérateur de boues d’épuration).
L’institution ATMO vient de révéler que la Métropole est extrêmement polluée, avec des taux d’une majorité de polluants atmosphériques explosifs : avec l’implantation de trois incinérateurs sur son territoire, Montpellier va entrer dans le quartier VIP des villes les plus nocives de France !
La « consultation parallèle » est ouverte jusqu’au 12 janvier, en ligne via le lien www.démocratie-active.fr