05/09/2026
Bulbul a 14 ans. Son père l'a mariée à un homme de 45 ans, et elle est enceinte. Quand on demande pourquoi aux pères de sa vallée, ils répondent tous le même mot : la sécheresse.
Province de Badghis, nord-ouest de l'Afghanistan. La pluie n'est pas venue, il n'y a plus d'herbe pour le bétail ni d'eau pour le blé. Les familles, déjà endettées, ne mangent plus que du thé et du pain sec. Alors elles vendent leurs filles en mariage : quelques centaines à quelques milliers d'euros, versés sur plusieurs années, selon un échéancier parfois prévu dès la naissance. L'argent rembourse une dette, nourrit les autres enfants, ou paie la dot d'une nouvelle épouse.
Bulbul n'est pas un cas isolé. La photojournaliste Élise Blanchard, qui documente l'Afghanistan depuis 2019, a rencontré ces familles pour ELLE : Gulalai, promise à 8 ans à un commerçant de 44 ans, dont la mère dit qu'elle aurait préféré la voir morte ; Saira, 10 ans, déjà fiancée, qui se maquille pour le mariage de sa sœur de 14 ans ; quatre petites filles de 7 à 10 ans qui rient dans un cimetière, toutes vendues.
Les talibans n'ont pas inventé ces mariages, mais ils ont fermé la seule sortie : depuis 2021, les filles n'ont plus accès au collège ni au lycée, et une loi de 2024 interdit même de photographier un être vivant. Ces images existent parce qu'une femme a pris le risque de les faire. En 1964, les Afghanes votaient et siégeaient au Parlement.
Le reportage est exposé à Visa pour l'image, à Perpignan, jusqu'au 13 septembre. Si vous ne pouvez pas y aller, partagez-le : une Afghane a demandé à une reporter française de « parler de nous, même si vous ne pouvez plus venir ».
Et vous, si vos autres enfants avaient faim, vous comprendriez ce père ? Dites-le en commentaire.
Sources : ELLE, « Le récit glaçant des fillettes à vendre », Pauline Lallement, août 2026 ; Visa pour l'image 2026, exposition « Afghanistan : les fillettes vendues pour survivre aux sécheresses » ; France 24, 31 août 2026 ; podcast À VIF, épisode 2 avec Liseron Boudoul.
📷 Photo : Élise Blanchard, Bulbul et son père Mansour, Khushkian, mars 2026 (reprise éditée, créditée).