31/05/2026
Lettre aux Mamans endeuillées.
Dans le jardin secret où l'invisible fleurit,
Ton enfant s'est fait clarté,
Une douceur qui traverse les murs de la mort,
Comme un murmure d'aube sur ta peau.
Tu portes l'absence ainsi qu'on porte une perle,
Cette brûlure âcre nichée au creux de l'être,
Car aimer son enfant disparu, c'est tisser l'éternité,
Dans le fil ténu de chaque respiration.
Les mères qui ont perdu connaissent ce mystère,
L'amour ne s'arrête pas aux portes du visible,
Il franchit la mort comme une main traverse la brume,
Pour rejoindre ce qui demeure, intact, inaltérable.
Ton enfant habite le frémissement des feuilles,
La pluie fine qui effleure ton visage,
Cette paix fragile qui descend parfois,
Telle une présence posée sur ton épaule.
N'interroge pas la nuit sur ses secrets,
Elle aussi porte en elle des constellations,
Et dans ton cœur fendu coule une source,
Où ton enfant vient boire à l'infini.
Tu es la gardienne d'un amour plus vaste que la vie,
Plus ancien que l'absence, plus vrai que la souffrance,
Et dans tes larmes tremble une lumière,
Celle qui relie les vivants aux âmes voyageuses.
Quelques petits mots sans prétention.
Sylvie