13/10/2026
Article à lire. C'est un peu long mais très intéressant.
𝐂𝐡𝐨𝐢𝐬𝐢𝐫 𝐥𝐞 𝐏𝐌𝐔 : 𝐮𝐧 𝐩𝐚𝐫𝐢 𝐪𝐮𝐢 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐮𝐧𝐞 𝐟𝐢𝐥𝐢𝐞𝐫𝐞
Lorsque l’on parle du PMU, on pense aux courses, au Quinté+, aux hippodromes et aux paris. Mais derrière chaque pari hippique existe une réalité économique encore trop méconnue : en France, les paris financent une partie essentielle de notre modèle équin. Et pas uniquement les courses.
Dans une période où la filière hippique traverse d’importantes difficultés économiques, où les ressources se contractent et où l’avenir de certains hippodromes est interrogé, comprendre ce mécanisme devient essentiel.
𝐒𝐚𝐧𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐢𝐬 𝐡𝐢𝐩𝐩𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬, 𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐝𝐞𝐥𝐞 𝐟𝐫𝐚𝐧𝐜𝐚𝐢𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬𝐞𝐬 𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐟𝐨𝐧𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐫
Le système français repose historiquement sur un principe simple : les paris sur les courses contribuent au financement de ceux qui les organisent. Le PMU est un Groupement d’Intérêt Économique constitué par les sociétés de courses. Contrairement à une entreprise classique distribuant ses bénéfices à des actionnaires, le résultat de son activité est intégralement reversé aux sociétés organisatrices de courses françaises.
En 2025, cette contribution s’est élevée à 802 millions d’euros. En 2024, elle atteignait encore 837 millions d’euros. En une année, ce sont donc 35 millions d’euros de ressources en moins pour la filière hippique.
Derrière ces chiffres se trouvent les allocations distribuées lors des courses, les hippodromes, les emplois, les éleveurs, les propriétaires, les entraîneurs, les jockeys et drivers, les salariés d’écuries et tout un réseau de professionnels et d’entreprises. Le PMU estime que son activité contribue aujourd’hui à pérenniser environ 40 000 emplois directs et indirects dans la filière hippique française.
Dire que les paris sont essentiels aux courses françaises n’est donc pas une formule : ils constituent l’un des piliers de leur financement.
𝐌𝐚𝐢𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬𝐞𝐬 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢… 𝐜𝐞𝐮𝐱 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐞 𝐟𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬𝐞𝐬
C’est probablement l’aspect le moins connu du grand public. L’économie générée par les courses bénéficie depuis longtemps à une filière beaucoup plus large.
Le meilleur exemple est celui du Fonds Éperon – Encouragement aux Projets Équestres Régionaux ou Nationaux. Créé en 2005 dans le cadre d’un réaménagement des prélèvements sur les paris hippiques, il dispose aujourd’hui d’une enveloppe annuelle de 9,6 millions d’euros destinée précisément à soutenir des projets bénéficiant à la filière cheval hors activité des courses. Autrement dit, l’argent provenant de l’économie des courses participe directement au développement du cheval de sport, de loisir et de travail.
Et les exemples sont très concrets. Au fil des années, le Fonds Éperon a participé au financement :
• de pôles et d’équipements équestres dans les territoires ;
• de programmes de recherche équine ;
• d’infrastructures vétérinaires de référence ;
• d’actions sanitaires, notamment autour du RESPE ;
• des Conseils des chevaux en région ;
• du Réseau Équin et des observatoires économiques de la filière ;
• de programmes consacrés au bien-être animal ;
• de projets d’équithérapie et d’accueil de personnes en situation de handicap ;
• d’actions de formation ;
• de projets de valorisation et de commercialisation des chevaux français ;
• et de nombreuses initiatives collectives au bénéfice des territoires ruraux.
Le Fonds Éperon estime d’ailleurs qu’un euro qu’il attribue peut permettre de mobiliser jusqu’à trois euros supplémentaires de financements collectifs. C’est donc un véritable effet de levier.
𝐋𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐢 𝐡𝐢𝐩𝐩𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐢𝐫𝐫𝐢𝐠𝐮𝐞 𝐮𝐧𝐞 𝐞𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐯𝐚𝐬𝐭𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥’𝐡𝐢𝐩𝐩𝐨𝐝𝐫𝐨𝐦𝐞
C’est ici que l’on comprend mieux la particularité du modèle français. Un euro généré par l’économie des courses ne reste pas enfermé dans l’enceinte d’un hippodrome. Il contribue à faire fonctionner une chaîne économique.
Le parieur finance le PMU. Le PMU finance les courses. Les courses financent leur propre écosystème mais contribuent également, par différents mécanismes de solidarité, au développement de l’ensemble de la filière cheval.
Le cheval de sport, le cheval de loisir, la recherche, les infrastructures vétérinaires, la connaissance économique, les territoires et les structures collectives peuvent ainsi bénéficier de ressources dont l’origine se trouve, au moins pour partie, dans les paris hippiques. C’est une singularité qu’il faut connaître avant de considérer le PMU comme un simple opérateur de jeux.
𝐋’𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐚 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐮𝐫𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐚 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐨𝐧𝐝𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠é 𝐥’𝐞𝐪𝐮𝐢𝐥𝐢𝐛𝐫𝐞
Depuis l’ouverture à la concurrence des jeux et paris en ligne en 2010, le PMU évolue dans un environnement radicalement différent. Paris sportifs, poker, plateformes numériques et nouveaux opérateurs ont modifié les habitudes de consommation.
Tous les opérateurs agréés participent évidemment, selon les règles qui leur sont applicables, aux prélèvements fiscaux et au financement du système. Mais leur modèle n’est pas celui du PMU. Le résultat économique d’un opérateur commercial n’a pas vocation à être reversé aux sociétés organisatrices de courses françaises. Celui du PMU, si.
Cette différence est fondamentale. Et elle devient encore plus importante lorsque les mises hippiques diminuent. Car derrière la baisse des enjeux, ce n’est pas seulement le chiffre d’affaires d’une entreprise qui est concerné. C’est la capacité de financement d’un écosystème.
𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐬𝐬𝐨𝐮𝐫𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐦𝐢𝐧𝐮𝐞𝐧𝐭, 𝐭𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐡𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐟𝐢𝐧𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐫 ê𝐭𝐫𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐜𝐡é𝐞
Moins de ressources signifie nécessairement des arbitrages. Sur les allocations. Sur l’organisation des courses. Sur les sociétés de courses et les hippodromes. Sur les investissements. Et progressivement sur toutes les entreprises qui vivent directement ou indirectement de cette activité.
Un hippodrome qui disparaît, ce n’est pas simplement une piste qui ferme. Ce sont des réunions de courses qui disparaissent, des professionnels qui se déplacent moins, des prestataires qui perdent une activité, un territoire qui perd un équipement et toute une économie locale qui s’amenuise.
Et lorsque la tête de cette chaîne économique s’affaiblit suffisamment, les conséquences finissent par atteindre les autres composantes de la filière cheval.
𝐂𝐡𝐨𝐢𝐬𝐢𝐫 𝐥𝐞 𝐏𝐌𝐔 : 𝐮𝐧 𝐩𝐚𝐫𝐢 é𝐭𝐡𝐢𝐪𝐮𝐞 ?
La formule est volontairement forte. Elle ne signifie évidemment pas qu’il faudrait inciter à jouer. Le jeu d’argent doit rester un loisir, pratiqué de manière responsable et dans les limites des moyens de chacun. Mais pour celui qui a déjà décidé de parier, le choix de l’opérateur peut avoir du sens.
Nous sommes aujourd’hui nombreux à nous interroger sur la destination de notre argent. Nous privilégions parfois un produit français, un commerce local ou une entreprise parce que nous savons que notre consommation participe à un modèle économique auquel nous sommes attachés. Pourquoi cette logique s’arrêterait-elle aux paris hippiques ?
À mise égale, choisir un opérateur dont le résultat finance directement les courses françaises n’a pas le même impact économique pour notre filière. Pour un passionné de chevaux ou de courses qui souhaite parier, choisir le PMU peut donc aussi être considéré comme un acte de soutien à l’écosystème auquel il appartient.
C’est dans ce sens que nous parlons de pari éthique.
𝐄𝐭 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐧𝐯𝐞𝐫𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐜𝐞𝐥𝐚 ?
Pour Passerelle, cette réflexion a une résonance toute particulière. Notre mission intervient à l’autre bout de la chaîne : lorsque le cheval termine sa carrière et qu’il faut lui construire un nouvel avenir. Mais croire que la reconversion serait totalement indépendante de la santé économique des courses serait une erreur.
Pour organiser correctement l’après-course, il faut aussi une filière des courses économiquement capable d’assumer ses responsabilités. Éleveurs, propriétaires, entraîneurs, sociétés de courses, organismes professionnels, associations et structures de reconversion appartiennent à un même écosystème. L’affaiblissement économique durable de l’un finit nécessairement par fragiliser les autres.
C’est pourquoi défendre un financement durable des courses n’est pas contradictoire avec la défense de l’après-course. Au contraire.
𝐃𝐞𝐫𝐫𝐢è𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐭𝐢𝐜𝐤𝐞𝐭, 𝐢𝐥 𝐲 𝐚 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐞𝐯𝐚𝐮𝐱. 𝐄𝐭 𝐝𝐞𝐫𝐫𝐢è𝐫𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐞𝐯𝐚𝐮𝐱, 𝐭𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐮𝐧𝐞 𝐟𝐢𝐥𝐢è𝐫𝐞.
Le PMU n’est donc pas seulement une marque ou un site de paris. Il constitue un outil historique de financement du modèle hippique français. Et l’argent généré par les courses contribue, directement ou indirectement, à faire vivre une filière qui dépasse largement les seuls hippodromes.
Il finance des emplois. Il participe au maintien des courses dans les territoires. Il soutient des éleveurs et des professionnels. Et par des mécanismes comme le Fonds Éperon, il contribue également au développement du cheval de sport, de loisir, de travail, de la recherche, de la santé équine et de nombreuses actions collectives.
Alors, dans le contexte économique actuel, il est peut-être temps de rappeler une évidence : sans parieurs, il n’y a pas de paris. Sans paris hippiques, le modèle économique actuel des courses françaises ne tient plus. Et sans une économie des courses forte, c’est une partie importante de l’ensemble de la filière cheval française qui perd l’un de ses principaux moteurs de financement.
Pour ceux qui choisissent de jouer, choisir le PMU n’est donc peut-être pas seulement choisir où placer son pari. C’est aussi choisir où va une partie de l’argent de son pari. Et aujourd’hui plus que jamais, cela compte.
Aurelie Malet Trotteur Français PMU Play
Province Courses/24H au trot