28/09/2026
Si comme nombreux vous vous demandez si l'humanité n'aurait pas nécessité impérieuse à bifurquer alors participez à cette série de conférences de la à La maison mémérou du 6 au 10 octobre prochain.
C'est sérieux, érudit, rigoureux, porté par des intellectuels respectés et c'est entièrement gratuit.
L'occasion de s'interroger collectivement sur notre façon de vivre et d'habiter la terre.
‼️Métropoles et métropolisation : l’effondrement qui vient ?‼️
☝️Perspectives pluridisciplinaires:
📌Introduction de Guillaume Faburel, Géographe, Univ. Lyon 2
La métropole, antre du franchissement de toutes les limites ?
6 octobre 2026, 18h
Les grandes limites biophysiques de la planète sont dorénavant franchies. La cause première de ce dépassement ? L’ère productiviste thermo-industrielle. Or, cette ère a une géographie singulière, que la mondialisation des flux a totalisée ces cinquante dernières années : les métropoles. Et, dans leur sillon, l’urbanisation de nombre d’espaces, ainsi que des modes de vie. En quoi ce moment métropolitain est-il l’aboutissement d’un temps géo-historique bien plus long, renseignant par ce fait l’envergure même du problème économique et politique soulevé par l’idée de même de modération ?
Assez tardivement renseignés, les effets écologiques de ces concentrations urbaines et de leur habiter sur le vivant sont dorénavant clairs, dans les villes (-usines) comme dans les campagnes (-machines). Pourtant, le tout-urbain continue de guider majoritairement les grandes orientations politiques (institutionnelles, partidaires ou militantes), jusqu’aux sciences humaines et sociales éminemment métropolitaines. Et si, autant que de limite biophysique c’est de limite métaphysique dont il convenait de parler, pour passer de l’abondance à la subsistance, de l’ébriété générale à la sobriété relocalisée ?
Indécence urbaine. Pour un nouveau pacte avec le vivant, Climats-Flammarion, 2023
Où habiter ? Tana Editions, coll. Fake or Not, 2026
Du divan au vivant. Villes, campagnes, une histoire des idéologies, Tirage de Tête, 2026
📌Discussion avec Jean-Baptiste Fressoz, historien, CNRS
La métropole, antre notre histoire énergétique ?
7 octobre 2026, 18h
Il nous faudrait sortir de l’illusion d’une substitution automatique par les énergies renouvelables et penser une sobriété énergétique, c’est-à-dire une réduction de la production et la redistribution plutôt que l’innovation technologique et les investissements. Or, la ville a joué un rôle essentiel dans l’avènement de nos sociétés carbonées et de leur croissance consumériste. Peut-on évaluer le poids de la ville dans cette histoire thermo-industrielle de l’énergie ? Cela aide-t-il à comprendre les contradictions propres à la « transition » ?
Les économistes du GIEC défendent l’idée selon laquelle les métropoles ont une grande partie de la solution énergétique et plus largement écologique entre leurs mains (économie circulaire, écologie industrielle, métabolisme territorial…). Si la transition énergétique n’existe pas, quel est l’avenir de ces métropoles et plus largement de nos sociétés urbaines (caractérisées par une intégration économique de l’ensemble des flux et des modèles de vie de plus en plus énergivores) ?
Sans transition. Une nouvelle histoire de l’énergie, Seuil, 2024 (Point, 2026)
Les Révoltes du ciel. Une histoire du changement climatique XVe-XXe, avec Fabien Locher, Seuil, 2020
📌Discussion avec Vincent Mignerot, chercheur indépendant en sciences humaines
La métropole, antre de notre système machinique ?
8 octobre 2026, 18h
La complexité des systèmes techniques rend en grande partie inopérante les énergies de « substitution ». Il n’y a jamais eu de « grand découplage » entre croissance économique et consommation d’énergie/impacts environnementaux. Par nature macro-systèmes techniques, comment situer les grandes centralités urbaines dans ce constat systémique face aux enjeux écologiques des limites biophysiques ? Support ou rouage, combustible ou moteur, externalité positive/négative… ?
Si la croissance aggrave inexorablement la situation, il conviendrait de privilégier une adaptation fondée sur la réduction volontaire des besoins, sur la sobriété matérielle, sur le travail moins mécanisé et sur un partage accru des richesses. La géographie est-elle un facteur important pour cette adaptation ? Par la maîtrise de quel(s) système(s) technique(s) ? Pour quelle(s) système (s) de production économique ? En définitive, la grande ville est-elle bonne conseillère en matière de transition machinique ?
Contribution à L’Effondrement de l’empire humain. Regards croisés sur l’écologie et le risque d’effondrement, Rue de l’échiquier, 2020
L’énergie du déni 2.0, Rue de l’échiquier, 2024
📌Discussion avec Valérie Jousseaume, géographe, Université de Nantes
La métropole, antre de nos imaginaires géographiques ?
9 octobre 2026, 18h
L’hypermodernité éloigne les sociétés de la nature et des relations humaines. Aux côtés de la technicisation, de la mobilité et de la recherche de rentabilité, la métropolisation fait partie du problème posé. En quoi ce problème implique-t-il particulièrement nos imaginaires et leur construction, y compris dans les ruralités ? Les politiques de l’aménagement peuvent-elles réellement viser la vitalité des lieux, espaces et territoires, plutôt que l’attractivité compétitive ?
Loin d’être un espace en déclin, la ruralité peut devenir un territoire central de la transition écologique et sociale, expérimentant un autre modèle de société en retrouvant de la liberté. A condition de sortir du mépris du « plouc » et de redonner aux habitants ruraux fierté, légitimité et capacité à produire leur propre récit. Quelles sont les forces qui lui ont retiré cette fierté, cette légitimité, cette capacité ? Comment peuvent-elles être retrouvées ? Cela est-il envisageable sans rompre avec la grandeur urbaine ?
Plouc Pride. Un nouveau récit pour les campagnes, L’aube, 2021
On aménage le monde comme on envisage la vie, Les conférences Popsu, 2022
📌Discussion avec Hugo Claret, économiste, IUT de Valence
La métropole, antre de nos affects socio-économiques ?
10 octobre 2026, 14h
Nos comportements économiques sont ceux de la société de consommation. Cette dernière a partie liée avec l’urbanisation, reposant sur une industrialisation des productions et une massification de l’extraction/prédation. Cependant, dans son temps métropolitain plus particulièrement, l’ère marchande a plus encore étendu son conditionnement à l’entièreté des temps et moments du quotidien. Au point de travailler assez différemment, depuis les grandes densités, nos désirs et affects. Quels sont ces affects mutants et leurs grands déterminants ?
Au gouvernement de quelques conduites, ces affects ne sont pas déliés des valeurs plus ou moins historiques de la cité, et de la ville en particulier, faisant ainsi des mutations urbaines des véhicules du capitalisme mondialisé. Quelles sont les grandes valeurs partagées ou simplement liées entre le temps néolibéral des économies et son creuset métropolitain ? Ces valeurs sont-elles compatibles avec les enjeux propres à la reproduction ? Faut-il sortir des métropoles pour faire advenir d’autres affections et sentiments, d’autres rapports au vivant ?
Pour une analyse lefebvrienne de la reproduction spatiale et temporelle du capital : essai sur le régime métropolitain de production de l’espace et du temps, Thèse de doctorat en économie, Université Sorbonne-Nouvelle, 2023
« Les métropoles capitalistes, un monde narcissique », Eco Rev, 2024
📍Maison Mémérou,
5 Place du bourg
Saint Paul-en-Cornillon (du 6 au 10 octobre 2026)