25/06/2026
⚠️Canicule : témoignages et point de situation (25 juin)
Cet épisode caniculaire laisse des traces profondes. Dans les élevages d'abord : 130 déclarations de mortalité dans les Côtes-d'Armor en deux jours, 1 300 tonnes à gérer dans le Morbihan, des éleveurs épuisés face à des procédures saturées.
Dans les cultures ensuite, en silence. Des maraîchers, arboriculteurs, producteurs de petits fruits qui ne rentrent dans aucune case, et dont les pertes ne sont comptabilisées nulle part. Ces épisodes vont se multiplier. Ces productions ne peuvent pas continuer à rester hors des radars des politiques agricoles et des dispositifs de solidarité.
« Nous avons dû récolter en urgence l'intégralité de nos cassis et groseilles au risque de tout perdre. Mes myrtilles se sont desséchées sur les pieds. Je n'ai aucun recul sur ce que ça aura comme conséquences sur la récolte de l'année prochaine. En 2022, j'avais déjà perdu tous mes plants de kiwis lors d'un épisode similaire — à cette époque, rien n'avait été pris en compte. »
Gwenaël, producteur de petits fruits, Ploufragan
« Dès mai, le mûrissement était trop rapide. Maintenant, les cultures sont en train de cramer, les premiers signes de brûlure apparaissent sur le feuillage. Entre mai et aujourd'hui, c'est 15 000 à 20 000 € de manque à gagner. Et aucune assurance récolte possible sur les petits fruits. »
Un producteur de fraises et petits fruits, Plœuc-L'Hermitage
Derrière ces deux témoignages, un même angle mort : les petits fruits ne sont pas assurables. Pas de filet, pas d'indemnisation, des pertes que personne ne comptabilise.
En élevage laitier aussi, les impacts se font sentir : baisse de production, stock d'hiver entamé en plein mois de juin, pas de pousse d'herbe. La question de ce que ça donnera en fin d'année commence à se poser.
Si vous êtes touché·e, contactez-nous chaque témoignage compte.
🐔 Mortalités en élevage — procédure simplifiée jusqu'au 1er juillet
Face à l'ampleur de la crise, l'État a assoupli les règles. Pour les mortalités inférieures à 3 tonnes en volailles et porcs, une procédure d'enfouissement simplifiée est désormais possible jusqu'au 1er juillet : déclaration allégée auprès de la DDPP, sans passage préalable d'un hydrogéologue. Au-delà de 3 tonnes, le dispositif habituel reste en vigueur avec expertise hydrogéologique. Dans tous les cas, contactez SECANIM ET la DDPP en parallèle — les deux simultanément, la SECANIM ne remontant pas toujours l'information à la DDPP.
👉 DDPP 22 : 02 96 01 85 21 — [email protected]
⚠️ Arrêtés préfectoraux en vigueur
🌾 Les moissons et pressages de paille sont interdits de 13h à 21h sur l'ensemble du département. En dehors de ces horaires, munissez-vous des moyens nécessaires pour réagir vite en cas de départ de feu : extincteur, tonne à eau, et du matériel pour créer rapidement une zone sans végétation (herse, déchaumeur).
💧 Un arrêté cadre sécheresse est en vigueur depuis le 19 juin. Selon votre zone et le niveau de gravité activé, des restrictions d'irrigation peuvent s'appliquer. L'abreuvement du bétail et l'hygiène de l'élevage restent des usages prioritaires, non restreints en toutes circonstances.
👉 vigieau.gouv.fr
👉 Dérogation : demarche.numerique.gouv.fr
⛈️ Vigilance orange orages à partir de 16h ce soir — orages violents, grêle, cumuls jusqu'à 20mm
🌡️ Vigilance rouge canicule levée à 22h ce soir — passage en orange, températures en baisse mais restez vigilants
Prenez soin de vous, de vos bêtes et de vos cultures.