21/10/2026
On ne mettait pas la blouse pour faire joli : l'encre violette ne partait pas au lavage, et un pull devait durer des années.
Elle protégeait des vêtements qu'on reprisait et qu'on passait au frère ou à la sœur suivante. Et dessous, personne ne voyait si le pull était neuf ou reprisé aux coudes.
Le lundi matin, elle sentait encore le fer à repasser. Maman l'avait lavée le samedi, repassée le dimanche soir sur la table de la cuisine, et on l'enfilait toute raide, les boutons froids sous le menton. Grise ou noire pour les garçons, à carreaux pour beaucoup de filles. Le prénom était brodé au fil rouge à l'intérieur du col, parce qu'elles se ressemblaient toutes.
En classe, c'étaient trente blouses penchées sur les cahiers, et le maître dans la sienne, longue et grise, qui passait entre les bancs. Dans la poche, il y avait de tout : le mouchoir à carreaux, une bille, un bout de craie, une gomme mâchouillée.
Au fil des jours, elle racontait la semaine. Une tache violette au poignet dès le mardi, une manche blanchie de craie, un bouton qui pendait au bout de son fil, le coude qui brillait à force de frotter le pupitre. Le samedi, à la cloche, on la roulait au fond du cartable pour la lessive, et le lundi, tout recommençait : la toile raide, l'odeur du fer et les boutons froids.
Et chez vous, la blouse d'école, c'était la grise boutonnée devant ou le tablier à carreaux noué dans le dos ? 👇