31/10/2026
« Mais tu devrais… » « Il faudrait que… » « À ta place… » « Ce n'est que mon avis… » « Et puis moi… »
Écoutons bien ces débuts de phrases. Ils annoncent souvent une conversation où l'un prend toute la place et où l'autre finit par disparaître.
Nous conseillons, nous corrigeons, nous comparons, nous jugeons. Nous croyons aider, mais nous imposons notre vision du monde. Nous remplaçons les émotions de l'autre par ce que nous pensons qu'il devrait ressentir ou faire.
Et pendant ce temps, nous ne le rencontrons pas.
Nous restons dans notre château, derrière nos gardes, avec notre fossé et notre pont-levis relevé. Nous observons l'autre depuis nos remparts, convaincus de savoir ce qui est bon pour lui, sans même avoir pris la peine de découvrir son histoire.
Pourtant, il existe d'autres façons d'entrer en relation :
« De quoi as-tu besoin ? » « Tu as le droit de ressentir ça. » « Parle-moi de toi. » « Je suis là, raconte-moi. »
Pas besoin d'avoir une solution. Pas besoin de trouver la bonne réponse. Parfois, il suffit simplement de faire de la place à l'autre.
Mais cela demande une chose : accepter de baisser notre pont-levis.
Et ce travail commence aussi à l'intérieur de nous.
Car si nous restons enfermés dans notre château, prisonniers de nos certitudes, de nos peurs et de nos protections, à attendre le prince charmant ou l'héroïne qui viendra donner un sens à notre histoire, nous risquons de passer à côté de bien des rencontres.
Il faut sortir de notre tour. Oser parcourir nos propres bois, nous aventurer dans nos peurs, découvrir nos fragilités, nous confronter à ce que nous préférons parfois éviter.
Il faut accepter de ne pas tout savoir, de ne pas tout maîtriser, de nous laisser surprendre.
La rencontre est une aventure.
Elle demande de quitter un peu notre territoire pour découvrir celui de l'autre. Mais elle demande aussi de partir à la découverte du nôtre.
Alors, avant de dire à quelqu'un comment il devrait vivre, peut-être pourrions-nous commencer par explorer notre propre royaume.
Et vous, votre pont-levis, est-il souvent baissé ou toujours bien relevé ?