10/01/2026
Pendant que les organismes sont occupés à chercher de l'argent, qui est auprès des femmes?
Pendant qu'on rédige une demande de subvention de 25 pages, qui écoute celle qui vient de franchir la porte?
Pendant qu'on produit une reddition de comptes pour démontrer notre impact, qui est là pour empêcher une femme de sombrer davantage dans l'isolement?
Notre travail ne se mesure pas toujours en chiffres.
Combien de femmes ont retrouvé confiance?
Combien ont repris leur pouvoir?
Combien ont osé parler?
Combien ont simplement cessé de se sentir seules?
Ça, ce n'est pas toujours facile à mettre dans une case Excel.
Mais ça vaut quelque chose.
Ça vaut énormément.
Alors oui, le communautaire est à boutte.
Mais attention :
ce n'est pas notre mission qui est à boutte.
C'est un système de financement qui nous épuise.
Et il faudrait peut-être arrêter de demander aux organismes communautaires de prouver constamment leur valeur.
Regardons plutôt ce qu'ils évitent.
Les crises qui n'éclatent pas.
L'isolement qui est brisé.
Les situations qui sont désamorcées.
Les femmes qui retrouvent leur autonomie.
Les personnes qui retrouvent leur dignité.
Ça aussi, c'est de la prévention.
Alors, si on croit réellement à l'action communautaire autonome, il faut avoir le courage de la financer correctement.
Pas seulement quand il reste de l'argent.
Pas seulement lorsqu'un programme est lancé.
Pas seulement lorsqu'un projet devient à la mode.
Financer la mission, c'est faire confiance au communautaire.
Et faire confiance au communautaire, c'est reconnaître qu'il connaît son monde.
Au Centre-Femmes, nous ne demandons pas la lune.
Nous demandons les moyens de faire ce que nous faisons déjà :
être là pour les femmes.
Parce que les femmes n'ont pas besoin d'un organisme qui existe seulement lorsqu'une subvention existe.
Elles ont besoin d'un organisme qui existe quand elles en ont besoin.
Et ça...
ça, c'est une mission.
- Signé, l'employée du communautaire fru