11/09/2026
Le féminisme n'est pas un mouvement unique : plusieurs histoires, courants et combats se rejoignent, se complètent ou se questionnent. C'est cette richesse qu'on a explorée lors de notre 5ᵉ Civic Space, autour du thème : « Féminisme, mouvement élitiste ou populaire ? »
Autour de la table : Laure Nesmon PIE, spécialiste en gouvernance inclusive, et Christelle MEDAHO, Directrice Exécutive de CALVIF, avec la modération de Mirabelle FALADE, juriste, Assistante Projet WoPAs.
Le féminisme n'est pas un bloc homogène. Le féminisme libéral met l'accent sur l'égalité des droits, l'accès aux opportunités et la représentation des femmes dans les espaces de décision, en agissant dans les cadres institutionnels.
Le féminisme marxiste et socialiste interroge les rapports entre travail, économie et domination : pourquoi le travail domestique, indispensable à nos sociétés, reste-t-il invisible et non payé ? L'émancipation des femmes est liée aux structures économiques et sociales.
L'intersectionnalité rappelle que le vécu d'une femme n'est pas réductible à son genre, mais façonné par sa classe sociale, son origine, son âge, son handicap et son territoire.
L'écoféminisme, lui, met en lumière les liens entre exploitation de la nature et rapports de domination affectant les femmes.
Au-delà des courants, nos invitées ont surtout apporté la nuance : reconnaître les avancées sans oublier les combats ; comprendre que des stratégies différentes ne rendent pas les luttes moins légitimes ; distinguer féminisme libéral et radical, aux analyses et moyens différents.
Un moment a résonné : faut-il avoir vécu une violence pour la dénoncer ? Non. La solidarité féministe, c'est reconnaître l'injustice vécue par une autre et refuser le silence.
Alors, féminisme élitiste ou populaire ? La vraie question est ailleurs : à qui le féminisme parle-t-il, qui peut y prendre part, et comment garder ses espaces connectés aux réalités de toutes les femmes ?
Le féminisme ne doit pas être réservé à celles qui en maîtrisent les concepts ou le vocabulaire. Il doit se vivre dans les foyers, universités, marchés, champs, lieux de travail, espaces politiques, communautés partout où des femmes revendiquent justice, dignité et pouvoir d'agir.
C'est aussi cela, pour , l'importance du Civic Space : créer des espaces où l'on apprend, questionne, écoute d'autres expériences et construit une compréhension vivante de nos luttes.
Merci à De Laure Nesmon et Christelle Medaho pour la richesse de leurs contributions, à Mirabelle FALADE pour la modération, et à toutes les personnes présentes pour leur écoute et la profondeur des échanges.
Parce que les espaces de dialogue sont aussi des espaces de transformation. 💜
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