08/28/2025
Écoles primaires publiques, les otages du ministère de l'éducation nationale et de l'alphabétisation et des collectivités locales ?
L'éducation est un droit accordé à tous. La sécurité aussi en est de même. Mais aujourd'hui, ces droits semblent être oubliés en Guinée particulièrement les zones rurales où des milliers d'enfants fréquentent des établissements d'enseignement général laissés pour compte.
Dans le but d'avoir une éducation de qualité et répondre aux exigences du monde actuel, il est évident que le cadre soit idéal, le programme soit conforme et la formation soit à la hauteur. Malheureusement, le constat est très alarmant. Des bâtiments vétustes, des programmes obsolètes, des enseignants non qualifiés, des abandons parentaux à l'ordre du jour, des maires aux visions réduites, des équipements complètement absents, des initiatives ignorées sont entre autres des problèmes auxquels sont confrontées nos écoles primaires publiques du pays particulièrement en milieu rural.
Chaque année, le problème ne fait qu'empirer. Pourtant, ces écoles devraient être prises en compte et soutenues, entretenues de bout en bout. Mais hélas !
Quand l'État est absent, les populations prennent la relève si toutefois elles ont les moyens. Au lieu de se battre pour IMPOSER leur diktat aux élèves et parents d'élèves pour une rentrée scolaire forcée, il faut plutôt METTRE LES CONDITIONS NÉCESSAIRES pour permettre à ces milliers d'enfants de fréquenter des écoles primaires publiques de qualité. Et surtout, opter pour la qualification exemplaire de l'élite guinéenne.
Ces établissements sont devenus des otages du ministère et des collectivités locales. Oui, c'est bien cela ! Sinon, à travers les compétences transférées à ces collectivités, il serait primordial d'intégrer la rénovation et l'équipement des écoles dans leurs plans de développement local (PDL), tout en expliquant toutes les lignes budgétaires dans le plan annuel d'investissement (PAI). Histoire de tenir compte et de mettre en exergue l'éducation au centre des priorités. En plus, que les responsables à tous les niveaux aient la culture de continuité et non de reprise à chaque saison. Le mal du guinéen, c'est la continuité des projets des prédécesseurs.
Comment peut-on regarder une école s'effondrer où nos enfants doivent être formés ? C'est absurde mais c'est ce qu'on vit depuis des années. Il faut le reconnaître.
Alors, prenez les grandes vacances pour rénover, équiper, affecter des enseignants à tous les coins du pays, contrôler et évaluer les écoles primaires publiques, gage d'un épanouissement escompté. Les mêmes élèves mal formés pendant 6 ans au primaire, atterrissent au collège pour 4 ans et continuent au lycée pour 3 ans pour ceux qui auront la chance bien sûr et enfin terminent l'université en bidon. La formation proprement dite, c'est l'élémentaire et le secondaire, l'université n'est que l'aboutissement du cursus. Pourquoi ne pas soutenir l'éducation de base ?
Aujourd'hui, étudier dans le public à l'intérieur du pays, c'est comme prendre le risque de traverser le désert et la Méditerranée car la probabilité d'arriver est incertaine. Et plusieurs écoles en zone rurale sont victimes de cette situation, qu'on parle ou pas. C'est une réalité accrue.
Et avec ça, il ne faut pas espérer à une formation de qualité. Bonjour aux échecs et la dégradation du niveau du jour au lendemain.
Et si on prenait un instant pour mieux réfléchir ? J'ai mal profondément !
N.B : Ces images en illustration représentent une École primaire publique en moyenne Guinée, dans la région administrative de Mamou.
Rédigé par : Adama Bantignel BARRY