10/05/2026
🇨🇲 À NOS ENSEIGNANTS : AVANT DE METTRE L’IA DEVANT L’ÉLÈVE, METTONS L’ENSEIGNANT AUX COMMANDES.
En cette Journée mondiale des enseignants, je rends hommage à celles et ceux qui transmettent bien plus qu’un programme scolaire : ils forment le jugement, la curiosité et l’avenir de nos enfants.
Lors de mon intervention sur Équinoxe Télévision autour du thème « Intelligence artificielle au Cameroun : progrès pour l’éducation ou nouveau danger pour nos enfants ? », j’ai défendu une conviction :
L’IA ne doit pas remplacer l’enseignant. Elle doit renforcer sa capacité à enseigner.
Aujourd’hui, je souhaite aller plus loin.
🇨🇲 MA PROPOSITION : UNE LOI-CADRE « IA & ÉDUCATION » POUR LE CAMEROUN
Le Cameroun dispose déjà d’une loi sur la protection des enfants en ligne, d’une loi sur la protection des données personnelles et d’une Stratégie nationale d’IA actuellement en développement.
Le prochain chantier : traduire ces principes dans la salle de classe.
Je propose qu’un futur cadre national repose sur six garanties :
1- Autorité humaine : aucune IA ne devrait remplacer l’enseignant dans une décision pédagogique importante concernant un élève.
2- Sécurité avant déploiement : tout outil d’IA destiné aux écoles devrait être évalué avant adoption : données collectées, sécurité, biais, transparence et conditions d’utilisation.
3- Protection renforcée des mineurs : aucune collecte inutile de données d’enfants, avec des règles strictes pour les données sensibles, biométriques ou comportementales.
4- Droit de savoir : parents, enseignants et élèves devraient être clairement informés lorsqu’une IA intervient dans l’apprentissage ou l’évaluation.
5- Formation des enseignants : l’enseignant doit comprendre l’outil avant qu’on lui demande de l’utiliser.
6- Expérimenter avant de généraliser : lancer d’abord un pilote national mesurable.
🇨🇲 CAMEROUN IA-ÉCOLE 100–10–90™
100 enseignants.
10 établissements représentatifs.
90 jours d’expérimentation encadrée.
Ce pilote permettrait de tester les usages, mesurer les bénéfices et les risques, former les enseignants, protéger les données des élèves et produire un référentiel national avant un déploiement massif.
Le Cameroun n’a pas à choisir entre innovation et protection.
Il peut construire les deux ensemble.
Avant de demander :
« Quelle IA allons-nous donner à nos enfants ? »
Demandons d’abord :
« Avons-nous donné à leurs enseignants le pouvoir de la comprendre, de la contrôler et de dire NON lorsqu’elle franchit une limite ? »
Je crois que l’école camerounaise peut devenir un laboratoire africain d’une IA éducative responsable : une IA qui augmente l’enseignant sans l’effacer, qui accompagne l’enfant sans l’exposer, et qui innove sans sacrifier notre souveraineté numérique.
Apprendre avant de déployer.
Protéger avant de collecter.
Auditer avant de faire confiance.
Bonne Journée mondiale des enseignants.