06/20/2015
Je me souviens RIP Jean Dore. Denis Coderre reprennez le flambeau!
Le 19 juin 1990, Nelson Mandela était en visite au Canada. À cette époque, les horreurs du régime d'apartheid de l'Afrique du Sud étaient de plus en plus reconnues et dénoncées. Le maire de Montréal, Jean Doré, invita ce grand leader de l'ANC à un rassemblement à l'Hôtel de ville de Montréal. Nelson Mandela, qui s'attendait à retrouver une centaine de personnes, a été accueilli en héros par des dizaines de milliers de Montréalais. Dans les mois qui suivirent, Jean Doré réussit à faire appliquer un règlement de boycott économique visant à ce que la ville n'octroie aucun contrat aux compagnies ayant des liens avec le régime d'apartheid sud-africain.
Aujourd'hui, 25 ans plus t**d, un pays qui se trouve à moins de 4 heures d'avion de Montréal, la République dominicaine, nie la citoyenneté de plus d'un quart de million de personnes qui sont nées ou qui travaillent sur son territoire depuis des décennies. Par l'adoption de lois racistes, la République dominicaine a instauré un régime d'apartheid qui a fait des Dominicains d'origine haïtienne, des migrants haïtiens et de toute personne pauvre à la peau noire, les cibles de crimes haineux et d'exploitation.
Depuis le 17 juin, le gouvernement dominicain laisse planer une menace d'expulsion massive de ceux et celles qu'il désigne comme des "étrangers" vers Haïti. Cela crée un climat de tension qui fait craindre l'imminence d'un drame humanitaire tant en République dominicaine qu'en Haïti. C'est ce qui explique que dès la journée du 17 juin, le maire de New York, Bill de Blasio a fait une déclaration officielle exhortant le gouvernement dominicain à respecter les droits des Dominicains d'origine haïtienne et des migrants Haïtiens en République dominicaine afin de mettre fin à cette situation alarmante.
Le Comité d'actions contre la décision 168-13 se remémore avec respect le défunt maire de Montréal, Jean Doré. Nous le remercions d'avoir su dire non à l'apartheid en Afrique du Sud. C'est dans cet esprit qu'aujourd'hui, nous disons non à l'apartheid qui sévit en République dominicaine. Nous avons bon espoir que l'actuel maire de Montréal, Denis Coderre ainsi que d'autres dirigeants québécois et canadiens feront, non seulement des déclarations, mais poseront aussi des gestes concrets afin que la République dominicaine abolisse ses lois racistes.