10/28/2025
LE 26 OCTOBRE 1759, à l’annonce de la prise de Québec, Jean Manach, prêtre des Missions Étrangères, accepta les propositions de paix du « commandant Henry Schomberg », au nom des Acadiens de Richibouctou et de la baie des Ouines (baie du Vin). D’autres missionnaires, comme l’abbé Maillard et le père Joseph-Charles Germain, consentirent également à des capitulations locales. Cependant, si l’on songe que les Micmacs n’acceptèrent les propositions de paix des Anglais qu’après que l’abbé Manach leur eut donné l’exemple, on peut présumer que ce dernier a encouragé ses ouailles à participer activement à la petite guerre, aux frontières de l’Acadie. À la prise du fort Beauséjour en juillet 1755, Manach dut s’enfuir du côté de Miramichi, avec les rescapés des incursions de Robert Monckton. Durant près de quatre années, il demeura caché dans les bois, seul prêtre parmi les réfugiés acadiens et micmacs. Vertement critiquées par l’officier français Jean-François Bourdon de Dombourg du camp de Ristigouche, ces initiatives amenèrent ce dernier à constituer un dossier contre les missionnaires qu’il accusa de trahison. Informé à ce sujet, le gouverneur Pierre de Rigaud de Vaudreuil projeta de les faire « arrêter » et décida de prendre à leur endroit « le parti le plus sage et le plus prudent par rapport à la dignité de leur caractère ». Dès juillet 1760, Manach collabora avec Maillard à la pacification des Micmacs, mais en mars 1761 il fut arrêté par les autorités de Halifax qui l’accusaient de « créer du malaise parmi les Indiens ». Conduit à New York et de là en Angleterre, Manach resta prisonnier plusieurs mois dans la rade de Portsmouth sans qu’il connût « le sujet de sa détention ».