09/08/2026
Bia So Mengong 2026 : pour un retour assuré aux sources (PARTIE 3)
"Un arbre ne peut aller à la conquête du monde que si ses racines sont bien enfouies dans le sol"
..Au coup de sifflet final, la délégation se met en marche entre les plants de cacaoyer, direction le village culturel puis le village du festival. Une affiche géante, plantée au bout de la piste, accueille les festivaliers et résume les grandes articulations du programme. Premier arrêt : le village culturel, pensé par Jacques Kisito Ndongo Bitye. L’équipe du MINAC et les invités de marque s’y att**dent, visiblement surpris par la densité de détails réunis pour faire revivre les racines d’un peuple de guerriers et de rassembleurs. « Un arbre ne peut aller à la conquête du monde que si ses racines sont bien enfouies dans le sol », dira plus t**d le Pr Belinga en évoquant ce lieu.
Le Katé Minkolo ouvre le spectacle : un bâton de manioc géant, une boule de pâte d’arachide dont la cuisson a mobilisé plusieurs mains pendant des heures. Les femmes qui le présentent chantent l’hymne des Yekombo en le remettant à Madame la ministre, dans une ambiance qui tient autant du rituel que de la fête. Un peu plus loin, l’Aba Mi Nkukuma, case d’initiation où se transmettaient jadis les valeurs entre générations, accueille les visiteurs. Danses, percussions, costumes de feuilles de bananier complètent le tableau.
Le village du festival prend le relais. Madame Nkoum en a signé la décoration, fidèle au thème de l’édition : produits locaux, calebasses venues de l’Extrême-Nord, raphia, palmes tressées, raffles de maïs, et à l’entrée une enseigne lumineuse qui annonce « Bia So Mengong ». Devant ce décor, les téléphones ne chôment pas.
La soirée se termine en musique. Cysoul ouvre la scène et tient son public, même si certains regrettent une prestation en playback là où sa voix, en live, aurait pu faire davantage. K-Tino referme le bal dans une communion avec la foule de Mengong, non sans un mot de remerciement pour le Pr Steve-Félix Belinga, qui porte ce projet depuis des années.
Il est environ 3 heures du matin, en ce jour d’ouverture, quand le village du festival se vide peu à peu, chacun remportant la promesse d’une suite tout aussi haute en couleurs.
Interrogé en marge des festivités, le Pr Belinga résume les attentes de cette édition : « Nous voulons plus de participation de nos jeunes, beaucoup plus de participation de nos élites, de nos autorités, et nous remercions Madame le ministre des Postes et Télécommunications d’être venue donner le pas pour que tous les autres puissent suivre. Nous voulons que le festival international Bia So Mengong continue de grandir pour être l’un des plus grands dans la région du Sud et, pourquoi pas, l’un des meilleurs dans la République du Cameroun. Nous attendons le soutien de toutes les forces vives autant que des autorités. Nous voulons montrer cette année la force des peuples de la forêt, la force des peuples Ekang, en grandeur comme en miniature, à travers tout ce que nous savons faire. »
Preston KAMBOU