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19/07/2025

A LA UNE Le Tunisien qui a développé 11 traitements contre le cancer: Entretien avec le Dr Moez Ben Ali
ParD . 19 juillet 2025
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Formé sur les bancs de l’école publique tunisienne, le Dr Moez Ben Ali est aujourd’hui l’une des figures les plus influentes de l’oncologie mondiale.

Pionnier de la médecine de précision et acteur clé dans les grandes biopharmas internationales, il fait entendre une voix du Sud dans la recherche médicale de pointe.

Pouvez-vous vous présenter brièvement et nous parler de votre parcours ?

Je suis oncologue, spécialisé dans le développement de protocoles et de médicaments anticancéreux. J’ai occupé des fonctions stratégiques de direction médicale au sein de plusieurs grandes biopharmas à l’échelle mondiale.

Je suis également considéré comme l’un des leaders d’opinion dans le domaine de la santé, et parmi les pionniers de la médecine de précision. Professeur invité de plusieurs universités à l’échelle mondiale.

Mon parcours a commencé dans l’école publique tunisienne. C’est ensuite en France que j’ai poursuivi mes études, notamment à la faculté de Medecine du Kremlin-Bicêtre, l’ENS de Cachan et à l’Institut Gustave Roussy. J’ai par ailleurs obtenu un doctorat en biologie moléculaire et développement de médicaments anticancéreux.

Quels sont, selon vous, les grands avancements récents dans le domaine de l’oncologie ?
Nous avons assisté à une véritable révolution thérapeutique. Nous sommes passés d’une médecine empirique, fondée sur des chimiothérapies cytotoxiques à large spectre, à une médecine stratifiée, puis ciblée, grâce à l’avènement des médicaments biologiques et à l’essor de la biotechnologie.

Avec le séquençage du génome humain, l’oncologie a intégré des concepts comme l’épigénétique et la médecine personnalisée. Aujourd’hui, nous parlons de médecine de précision, où chaque protocole peut être adapté au profil moléculaire du patient, avec des objectifs allant bien au-delà du contrôle de la maladie nous visons la guérison.

Les innovations actuelles incluent les anticorps bispécifiques ou trispécifiques, l’immunothérapie multimodale, les protéines dégradatrices, les vaccins thérapeutiques, les thérapies réverses, ainsi que la radiothérapie guidée par intelligence artificielle. Ces avancées rendent aujourd’hui l’éradication du cancer, qui paraissait utopique il y a quelques années, beaucoup plus tangible.

Je suis fier d’avoir participé au lancement de ces évolutions depuis le début, (j’ai participé à l’enregistrement de 11 médicaments dont 9 sont considérés traitement standard et aujourd’hui je continue avec 4 autres médicaments prévu pour l’enregistrement en 2027 et 2029) notamment à travers le programme CancerZero que j’ai lancé il y a une dizaine d’années.

Vous travaillez actuellement sur un projet de développement de vaccin contre le cancer. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Le vaccin thérapeutique contre le cancer n’est pas une idée nouvelle. Rappelons que le premier vaccin préventif contre le cancer du col de l’utérus (HPV) a été approuvé en 2006, bien que son intégration ait été très tardive en Tunisie. Ce qui est nouveau aujourd’hui, c’est le développement actif de vaccins thérapeutiques, destinés à traiter les patients atteints de cancer.

Personnellement, je suis impliqué dans deux projets très concrets, déjà engagés dans les phases cliniques précoces. Les premiers résultats sont prometteurs, notamment dans le cancer du poumon et d’autres tumeurs solides. Ces vaccins visent à stimuler l’immunité du patient contre les cellules tumorales.

En parallèle des tumeurs solides, nous explorons également des applications dans certains cancers hématologiques, où les résultats précliniques sont également très encourageants.

Il est important de rappeler que la technologie des vaccins thérapeutiques n’est pas fondamentalement complexe.

D’ailleurs, une technique thérapeutique reposant sur un principe immunologique similaire les CAR-T cells a déjà été approuvée avec succès. Elle consiste à prélever les cellules T du système immunitaire du patient, les reprogrammer génétiquement pour les rendre capables de reconnaître et détruire les cellules cancéreuses, puis les réinjecter au patient.

Grâce à cette approche, nous avons aujourd’hui obtenu des guérisons complètes dans certains cancers hématologiques avancés et autrefois mortels, comme certaines leucémies et lymphomes( pour rappelle j’ai fait partie de l’équipe derrière l’enregistrement de premier CARTc dans le monde ; il s’agit de Kymriah) malheureusement ces traitement ne peuvent être utilisé que dans des centres de références avec une ressource humaine formé en présence des clinical scientists et non pas seulement des simples praticiens et c’est pour ça que nos patients Tunisiens ou Africains en général ne tirent pas profit.

Quelles sont les perspectives de ce vaccin ? Est-il déjà en phase d’essai clinique ?
Après la première étape préclinique et le FIH (first in Human) les essais cliniques de phase Ib, devraient débuter en 2026.

Si les résultats sont concluants, ce vaccin pourrait devenir une option complémentaire ou alternative aux traitements existants, notamment en adjuvant pour prévenir les rechutes après chirurgie, ou en combinaison avec l’immunothérapie.

Un mot pour ceux qui suivent avec espoir les avancées contre le cancer ?
Le combat contre le cancer progresse chaque jour. Grâce aux progrès de la recherche, de plus en plus de patients vivent plus longtemps et avec une meilleure qualité de vie.

Et de plus en plus des guérisons de certains cancers.
Il est essentiel de continuer à soutenir l’innovation, à démocratiser l’accès aux soins et l’accès à l’innovation et à renforcer la solidarité internationale.

Je veux dire à tous ceux qui nous écoutent : gardez espoir, car la nouvelle médecine ou médecine de demain est déjà en marche.

Votre avis à propos du système de santé tunisien ?
Le système de santé tunisien a été fondé sur de solides bases dans les années 60. À cette époque, la Tunisie avait fait un choix stratégique d’investir dans la santé publique, et cela s’est traduit par des résultats très positifs.

Les indicateurs de suivi étaient au rendez-vous : l’espérance de vie a augmenté, la mortalité infantile a reculé, et la santé de la femme et de l’enfant figurait parmi les meilleures du continent africain. C’était un modèle reconnu et respecté.

Malheureusement, à partir des années 80, ce système a commencé à se fragiliser. Plusieurs facteurs expliquent cette dégradation.

Tout d’abord, le profil des maladies a changé : nous sommes passés d’un système orienté vers les maladies transmissibles (historiquement prioritaires) à une prédominance des maladies chroniques non transmissibles, beaucoup plus complexes à gérer, tant sur le plan médical que financier.

Ensuite, l’essor de l’innovation thérapeutique et technologique à partir des années 90 a posé un défi majeur. Les nouveaux médicaments, en particulier les biologiques issus de la biotechnologie, sont devenus très efficaces… mais aussi très coûteux. Contrairement aux molécules chimiques classiques, ces médicaments ne peuvent pas être génériqués facilement. De même, les dispositifs médicaux modernes sont devenus essentiels, mais la Tunisie s’est contentée de les importer sans jamais lancer de stratégie nationale de développement ou de fabrication locale.

Autre faiblesse structurelle : notre système est resté un système de soins, au lieu d’évoluer vers un véritable système de santé intégré, capable d’anticiper, d’innover, et de former des professionnels aux nouveaux métiers de la santé : médecins-chercheurs, développeurs, pharmaciens en développement clinique, experts en technologies médicales…

Aujourd’hui encore, les politiques publiques confondent « système de santé » et « système de soins ».

Les projets qui émergent sont souvent à la fin de la chaîne de valeur (circuit du médicament, information médicale, etc.), alors qu’il faudrait bâtir en amont, autour de la recherche, de l’innovation, de la formation, et de la souveraineté technologique.

Le résultat est préoccupant : fuite des compétences médicales, perte de souveraineté

thérapeutique, incapacité à intégrer l’innovation rapidement. La pandémie de COVID-19 a d’ailleurs mis à nu l’état critique du système, révélant son incapacité à résister à une crise sanitaire de grande ampleur.

Je pense sincèrement que le moment est venu de refonder notre système de santé, en donnant toute sa place aux composantes stratégiques : l’innovation, la recherche, l’industrie, la formation, l’assurance maladie universelle, et la structuration des données de santé.

Ce n’est qu’en changeant de paradigme que nous pourrons reconstruire un système de santé efficace, moderne, et équitable.

Votre visite en Tunisie s’inscrit dans le cadre d’un partenariat Sud-Sud. Pouvez-vous nous en dire plus ?
En effet, ma visite actuelle en Tunisie s’inscrit pleinement dans une dynamique de partenariat Sud-Sud, fondée sur une vision stratégique et pragmatique de coopération entre pays émergents.

Il s’agit de mettre en commun les expertises, les besoins et les opportunités pour construire ensemble un avenir sanitaire plus souverain et plus innovant.

Il faut savoir que lors de ma visite le mois dernier, j’étais à la tête d’une délégation officielle chinoise représentant la société ZyCRO, l’un des leaders asiatiques dans le domaine de la recherche clinique et du développement de solutions de santé.

Cette visite visait à lancer un projet innovant et unique dans la région, combinant dispositifs médicaux et médicaments biologiques, avec une approche entièrement repensée.

Contrairement aux projets classiques qui se limitent à monter des usines d’assemblage ou de production, nous avons conçu un modèle qui intervient en amont de la chaîne de valeur, dès la phase de développement et de validation scientifique, avec un véritable ancrage en matière de recherche, d’essais cliniques et de transfert de technologie.

C’est cette vision que nous défendons : une souveraineté industrielle et médicale construite sur l’innovation, pas uniquement sur l’importation ou l’assemblage.Peut être une image de 4 personnes

En parallèle, nous travaillons sur un projet très concret visant à signer un accord entre un bureau scientifique irakien spécialisé dans la promotion de médicaments et la SIPHAT, un fleuron historique de l’industrie pharmaceutique tunisienne, qui traverse aujourd’hui une phase difficile. L’objectif de ce partenariat est de redonner une bouffée d’oxygène à la SIPHAT, en lui ouvrant de nouveaux marchés et en lui permettant de retrouver une dynamique commerciale, avant même d’envisager une restructuration profonde et son repositionnement stratégique.

Ce partenariat Sud-Sud est donc une réponse à la fois visionnaire et concrète aux défis actuels, en plaçant la Tunisie dans une position de leadership régional, notamment dans les domaines de la médecine de précision, de l’innovation thérapeutique et de la souveraineté sanitaire.

Vous êtes orateur aux premières Journées du Médecin Tunisien à l’étranger de 19 Juillet 2025. Quel message souhaitez-vous faire passer ?
C’est pour moi un grand honneur de participer à ces premières journées, qui témoignent du rôle clé de la diaspora médicale tunisienne dans le rayonnement de notre pays.
Mon message est clair : nous devons renforcer le lien entre les médecins de l’étranger et le système de santé tunisien, non pas par nostalgie, mais parce que l’avenir de la médecine tunisienne passe par l’ouverture, la recherche collaborative, et le transfert de savoir-faire.

Je veux aussi lancer un appel : investissons ensemble dans des projets ambitieux, portés par des Tunisiens pour les Tunisiens — et pour toute l’Afrique.

La Tunisie a tout pour devenir un leader en médecine de précision et en innovation médicale. Il faut juste y croire, collectivement.

Le Tunisien qui a développé 11 traitements contre le cancer: Entretien avec le Dr Moez Ben Ali

على إثر صدور الحكم الاستئنافي عن الدائرة الجنائية في قضية ما يعرف بـ"الأطفال الرضع"، والقاضي بسجن ثلاثة مسؤولين منهم الز...
11/04/2025

على إثر صدور الحكم الاستئنافي عن الدائرة الجنائية في قضية ما يعرف بـ"الأطفال الرضع"، والقاضي بسجن ثلاثة مسؤولين منهم الزميل الصيدلي رؤوف الجماعي لمدة عشر سنوات. تعبر النقابة التونسية للأطباء القطاع الخاص عن قلقها العميق إزاء هذا الحكم، وتؤكد تضامنها الإنساني والمهني مع الزميل في هذه الظروف الصعبة.

وإذ تعبّر النقابة عن احترامها الكامل لإستقلالية السلطة القضائية وثقتها في القضاء التونسي، فإنها تأمل أن تتم مراجعة الملف بكل ما يتطلبه من دقة وإنصاف، بما يكفل إجلاء الحقيقة كاملة وتحقيق العدالة في كنف احترام الضمانات القانونية لكل الأطراف.

كما تجدد النقابة دعوتها إلى فتح نقاش جدي ومسؤول حول واقع المنظومة الصحية وظروف العمل الصعبة التي يواجهها مهنيّو الصحة في مختلف مواقعهم، نتيجة النقص المتفاقم في الموارد البشرية والمادية، مما يجعل الممارسة اليومية محفوفة بالمخاطر على المهنيين والمرضى على حد سواء.

وتدعو النقابة سلطة الإشراف إلى المضي قدمًا نحو إصلاح جذري وشامل للقطاع الصحي، مؤكدة أن هذا الإصلاح لا يمكن أن يتحقق إلا من خلال شراكة حقيقية وفعالة بين القطاعين العام والخاص. كما تجدد النقابة استعدادها الدائم للانخراط في كل مسار إصلاحي يخدم مصلحة الصحة في تونس ويحمي مهنييها.

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Immeuble Ennasim
Tunis
1073

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