19/08/2026
Le Centre Tunisien pour la Santé Publique exprime sa profonde préoccupation face à la multiplication de contenus diffusés sur les réseaux sociaux montrant des personnes souffrant d’addictions, filmées dans des situations de détresse et présentées comme bénéficiant d’une prise en charge destinée à les aider à arrêter leur consommation de drogues.
Si toute initiative visant à venir en aide aux personnes vulnérables mérite d’être saluée lorsqu’elle repose sur des principes éthiques et des compétences appropriées, nous rappelons que la dépendance aux substances psychoactives est une maladie chronique complexe qui nécessite une évaluation, un accompagnement et un suivi par des professionnels qualifiés.
L’arrêt brutal de certaines substances, sans supervision médicale adaptée, peut exposer les personnes concernées à des complications graves, parfois potentiellement mortelles. Présenter de telles pratiques comme des solutions efficaces ou reproductibles risque d’induire le public en erreur et de banaliser les risques associés.
Nous sommes également préoccupés par la diffusion publique de l’image de personnes souffrant d’addiction, souvent dans des moments de grande vulnérabilité. Même lorsqu’un consentement est invoqué, les questions de dignité, de confidentialité, de protection des personnes vulnérables et d’exploitation médiatique doivent être examinées avec la plus grande rigueur.
Cette situation met en lumière les insuffisances persistantes de l’offre de prévention, de réduction des risques et de prise en charge des addictions en Tunisie. Toutefois, les défaillances du système ne peuvent justifier le remplacement des soins de santé par des initiatives non encadrées et dépourvues de supervision professionnelle.
Le Centre Tunisien pour la Santé Publique appelle :
Les autorités publiques à renforcer l’accès aux services spécialisés de prévention, de traitement et de réhabilitation des addictions ;�
Les médias et créateurs de contenu à respecter la dignité, les droits et la sécurité des personnes concernées ;�
Les Ordres professionnels et sociétés savantes à se prononcer publiquement sur ces pratiques ;�
La société civile à promouvoir des approches fondées sur les données scientifiques, les droits humains et la santé publique.�
La solidarité envers les personnes souffrant d’addiction est indispensable. Toutefois, la compassion ne peut se substituer à la compétence, et la visibilité médiatique ne peut remplacer les soins.
La réponse à l’addiction doit être guidée par la science, l’éthique et le respect de la dignité humaine.
Centre Tunisien pour la Santé Publique
�Tunis, août 2026