19/10/2025
EDITORIAL DU FESTIVAL
Le festival DOCUMED continue de soutenir des créations documentaires qui élargissent notre champ de vision, façonnent à partir de la matière brute du réel un point de vue, un regard sur le monde et offre au public un espace propice à la découverte, l’échange et la réflexion. Événement culturel dédié exclusivement au genre documentaire, DOCUMED a pour vocation de promouvoir la diversité du cinéma méditerranéen et de faire découvrir les nombreux talents avec des films produits ces deux dernières années.
Depuis 2018, le festival célèbre la vitalité et la diversité de la création cinématographique des pays de la méditerranée. En 8 ans, nous avons ainsi eu le plaisir de sélectionner plus de 160 œuvres de cinéastes professionnels ou amateurs parmi des milliers de films inscrits.
Cette nouvelle édition est encore une fois l’occasion de découvrir des films divers et singuliers de cinéastes qui font souvent preuve d’invention visuelle surprenante. La sélection offre une programmation foisonnante avec 17 films qui nous viennent d’Algérie, d’Espagne, d’Egypte, de France, d’Italie, du Liban, du Maroc, de Palestine, de Serbie, de Syrie.
Nous en retenons plus particulièrement un certain nombre qui dans leur majorité proposent un point de vue actuel sur des quotidiens, des parcours de vie et des pratiques dans les sociétés en plein mutation d’aujourd’hui. Ceux qui abordent diverses thématiques autour du phénomène migratoire dans l’espace méditerranéen : le déracinement, l’exil et les aléas de la clandestinité. Ils racontent les conditions d'accueil, l'arbitraire administratif, l’exploitation dans des pays qui continuent à avoir crucialement besoin de main d'œuvre étrangère : “ Arance Amare “, “ My land is burned”, “Save our souls “, “ Un hangar sur le port “, “ Une jeunesse française “, “ This jungo life “.
A attiré particulièrement l’attention le film « Je est une autre" qui nous montre comment une libraire, loin d’être qu’un commerce, accueille des habitants qui en poussant sa porte, entrent dans un refuge, un lieu de vie, de rencontres et de partage d’un espace de liberté.
Le film “ Hawar, nos enfants bannis “ raconte le destin des enfants des femmes et de jeunes filles nées après la captivité de celles-ci par les combattants de Daech, fait la lumière sur ce drame humain et les tentatives résilientes de Marya, une des victimes.
Dans les films « Le boxeur chancelant “ et “Rebels don't know age”, les réalisateurs chacun à sa façon nous montrent, dans des contextes différents, comment un sport pratiqué de manière solidaire et partagé par des personnes en situation de handicap peut être une expérience exceptionnelle d'échange et un puissant vecteur de résilience, de bien-être et d'inclusion.
Très loin des beaux discours des Musk, Zuckerberg et autres qui nous disent en gros que l'intelligence artificielle va sauver le monde, le film “ Les sacrifiés de l'IA“ lève le voile sur les conditions de travail de celles et ceux qui alimentent la matrice, une image bien loin de cet esprit universel espéré.
Avec le film “ Letizia Battaglia, photographe des années de sang “ la réalisatrice puise pour la première fois dans des archives inédites pour reconstruire les contrechamps de ses photos iconiques l’épouvantable litanie de meurtres commis pas la mafia durant les années 1980 en Sicile en donnant la parole à ceux qui ont vu son art s’affiner et sa colère grandir.
D’autres thèmes sont présents dans des films foisonnants qui vont à la rencontre du réel du plus familier au plus lointain. Nous vous invitons à les découvrir cette année du 30 octobre au 2 novembre 2025 dans l’espace JEELEN ART à Nabeul.