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22/02/2026

Chronique d'un monde finissant.
✍️ Taoufik Bourgou

Le sommet de l'IA en Inde a quelque chose de pathétique, comme si le monde de Yalta et de 1945, celui de la Charte de San Francisco, repeint après 1992 pour donner l'illusion de la "Fin de l'histoire", tente de s'accrocher aux interstices et aux dernières illusions de la "globalisation" et du libre-échangisme. Au même moment où le Secrétaire Général de l'ONU commettait son intervention en Inde, Trump venait de "privatiser" le Conseil de Sécurité, en créant un Rotary de la "paix" avec ticket d'entrée. Même l'Union Européenne critique du grandisme trumpien a dépêché une de ses technocrates pour assister à la naissance de ce que Trump considère comme plus représentative de sa vision que l'ancien "machin". La vassalité impose à l'Europe une coupe amère à boire jusqu'à la dernière goutte.
Presque en même temps, dans un recoin de la dernière adresse de Rubio aux Européens, dans le creux du texte, c'est l'injonction faite à l'occident de s'inscrire hors de l'ancien cadre, tracé par les arrières grands-parents de ceux qui gouvernent les États-Unis d'aujourd'hui.
Les États-Unis, jouent à démolir l'ancien monde qu'ils ont créé et qui ne leur convient plus.
En Inde, c'est un Moody qui caresse l'idée que l'IA raccourcisse son re**rd sur la Chine qui avait pris un virage quand l'Inde était empêtrée dans ses lenteurs, ses castes et son chronique sous-développement.
Ce sommet ramassait dans la plus ambivalente des situations, ceux du passé et ceux qui se croient l'avenir pour discipliner ce qui relève de la spontanéité de la recherche. Ceux qui croient en une gorgée d'oxygène par l'IA a une globalisation qui a accouché d'un monde où seule une dizaine d'États pourraient espérer faire partie des gagnants de l'IA quand les autres se contenteront de "scroller" sur des smartphones.
Dans le sommet de l'IA, le vœu du partage des bienfaits de l'IA sonne comme le slogan de jadis quand on appelait à la construction d'un "nouvel ordre économique international"...
On sait ce qu'il advenu du slogan et de l'ordre économique.
L'ancien monde a du mal à reconnaître sa défaite, pourtant elle était manifeste dès 2091-2003.

20/02/2026

Pourquoi les discussions USA-Iran semblent-elles piétiner ?
Kamel Akrout

En géopolitique, la morale est souvent un luxe que la survie n'autorise pas. Comme l'enseigne le dialogue mélien de Thucydide : « Le fort fait ce qu'il peut, le faible subit ce qu'il doit».
Entre les États-Unis et l’Iran, le dialogue n'est pas une quête de justice, mais une gestion de la puissance.
Parce que la Realpolitik prime sur le droit. Dans ce jeu d'échecs, fidèles à la sagesse africaine qui dit : « Dès l'instant où la bagarre devient inévitable, sois le premier à frapper », les acteurs préfèrent l'initiative stratégique à la passivité morale. Ce n'est pas de la cruauté, c'est de la nécessité. Quand la force définit la norme, la justice devient secondaire face à la capacité de dissuasion. Le dialogue n'est qu'un voile sur un rapport de force où seul le plus résolu dicte les termes.

29/01/2026

Diriger une entreprise tunisienne sans boussole géopolitique
: un pari perdant devenu insoutenable*

Longtemps, le chef d’entreprise tunisien a cru que la géopolitique relevait des États, des
diplomates ou des militaires. Des années, dans un certain sens, il a été possible de piloter à
vue, d’absorber les chocs et de « s’adapter » après coup.
Ce temps est désormais révolu.
Les enquêtes récentes menées par l’IACE1 auprès des dirigeants tunisiens2 montrent une
réalité paradoxale : les entreprises tiennent, mais elles n’osent plus avancer.
62 % des CEO ont atteint leurs objectifs de rentabilité. Mais l’investissement est défensif.
L’innovation est différée. La diversification est gelée. Le constat est amer.
Ce n’est pas la crise qui paralyse. C’est l’incertitude croissante et l’imprévisibilité. Cette
incertitude n’est pas seulement économique ou réglementaire. Elle est géopolitique,
géoéconomique, climatique et stratégique.
Le vrai risque n’est plus économique : il est stratégique
Les dirigeants interrogés le soulignent sans détour :
« Ce n’est pas le risque économique qui nous inquiète, c’est l’incertitude sur les règles du
jeu ».
Mais derrière cette phrase se cache une réalité plus profonde.
Les règles du jeu ne sont plus seulement nationales. Elles sont dictées par :
• Les rivalités de puissances et les chocs géopolitiques ;
• La fragmentation des chaînes de valeur ;
• Les guerres commerciales ;
• Les normes climatiques et environnementales ;
• Les tensions et la détérioration de la scène régionale ;
• Les sanctions, barrières et réalignements géoéconomiques.
1 Institut Arabe des Chefs d’Entreprise.
2 IACE, « CEO 50 : Les priorités des dirigeants tunisiens face à l’instabilité », 22 janvier 2026, consultable au lien
suivant : https://iace.tn/ceo-50-priorites-des-dirigeants-tunisiens-face-a-linstabilite/
1
Autrement dit : le marché n’est plus un espace neutre. Chaque marché est désormais un
territoire stratégique. Chaque chaîne d’approvisionnement est une ligne de vulnérabilité.
Chaque investissement est un pari sur un futur incertain.
Diriger sans comprendre ces dynamiques, ce n’est plus de la prudence. C’est de
l’aveuglement.
Pourquoi les entreprises tunisiennes investissent peu dans l’innovation
Les chiffres de l’étude sont sans appel :
• 46 % des investissements servent à remplacer des équipements amortis ;
• 33 % à étendre l’existant ;
• Seulement 12 % à l’innovation ;
• 9 % à la diversification.
Ce comportement qui semble rationnel s’avère dangereux à moyen terme.
En effet, pendant que les entreprises tunisiennes consolident, leurs concurrentes
marocaines, brésiliennes ou indiennes anticipent, diversifient et montent en gamme.
Pourquoi ? Parce qu’elles ont compris une ligne de force structurante et essentielle : « dans
un monde instable, l’anticipation réduit le risque plus que l’attentisme et permet de saisir
des opportunités ».
La géopolitique n’est pas un luxe intellectuel, c’est un outil de gestion et de
management
Dans ce contexte, la géopolitique appliquée à l’entreprise n’est pas une analyse abstraite des
conflits. C’est une grille de lecture opérationnelle.
Elle permet de répondre à des questions très concrètes :
• Où investir sans se faire piéger par une instabilité latente ?
• Quels marchés vont se fermer ou inversement s’ouvrir ?
• Quelles normes vont s’imposer sous pression géopolitique ou géoéconomique ?
• Quelles routes commerciales sont menacées ?
• Quels chocs climatiques ou sécuritaires vont impacter mes coûts ? Mes marges ? Mes
lignes d’approvisionnement ?
• Quels concurrents vont émerger ou inversement disparaître ?
2
Sans cette lecture, le dirigeant subit. Avec elle, il arbitre et décide en reprenant l’initiative.
Le « radar géopolitique » : passer de la réaction à l’anticipation
À l’image d’un radar pour un avion ou d’un sonar pour un navire, le radar géopolitique
permet à l’entreprise de voir venir et d’anticiper.
Ainsi, il n’a pas vocation à prédire l’avenir mais à :
• Détecter les signaux faibles ;
• Distinguer le structurel du conjoncturel ;
• Hiérarchiser les risques ;
• Identifier les opportunités avant les autres.
Dans un monde de polycrises, celui qui voit plus tôt décide mieux et de manière éclairée.
La prospective : décider aujourd’hui avec les futurs possibles en tête
La prospective stratégique n’est pas un exercice académique. C’est un outil de pilotage
stratégique et opérationnel et de conduite rationnelle du changement.
Elle oblige le dirigeant à se poser les bonnes questions :
• Que se passe-t-il si le scénario « normal » ou « business as usual » ne se réalise pas ?
• Quelle est le scénario constituant ma vision d’avenir ?
• Que devient mon modèle en cas de choc brutal ou de rupture ?
• Quels autres scénarios peuvent influencer mon activité ?
• Où sont mes seuils de rupture ? Quels sont mes défis et incertitudes critiques ?
• Quels investissements sont robustes et dans quels scénarios ?
Ainsi, la méthode des scénarios permet de transformer l’incertitude en choix maîtrisés.
Ne pas pratiquer la prospective, c’est implicitement parier sur un seul avenir. Et dans le
monde actuel, ce pari est le plus risqué de tous.
Ce que les chefs d’entreprise tunisiens ont concrètement à y gagner
Intégrer la géopolitique et la prospective, ce n’est pas « penser plus » pour faire beau ! C’est
gagner.
3
1. Sécuriser la rentabilité
• Moins de surprises coûteuses ;
• Meilleure gestion des chocs car anticipés ;
• Réduction des pertes liées à la gestion dans l’urgence.
2. Protéger les investissements
• Meilleur choix des marchés ;
• Anticipation des normes et barrières ;
• Limitation des erreurs stratégiques lourdes.
3. Identifier des opportunités invisibles
• Nouveaux marchés régionaux ;
• Repositionnement dans les chaînes de valeur ;
• Capture d’avantages concurrentiels temporaires.
4. Renforcer la crédibilité
• Vis-à-vis des partenaires ;
• Des investisseurs ;
• Des institutions financières.
Un dirigeant qui anticipe inspire confiance. Un dirigeant qui subit inquiète.
Le coût de l’anticipation est inférieur au coût de l’erreur
Là est le point central. La géopolitique et la prospective sont souvent perçues comme un coût
supplémentaire. En réalité, il s’agit d’une grossière erreur de diagnostic.
Le vrai coût, ce sont :
• Les investissements mal orientés ;
• Les marchés perdus ;
• Les crises mal gérées ;
• L’innovation re**rdée ;
• La dépendance excessive envers un seul environnement.
4
Comme le rappelle une règle simple : un incendie éteint tôt coûte peu, éteint t**d ruine
tout.
Conclusion : comprendre ou subir
Le monde dans lequel évoluent les entreprises tunisiennes n’est plus stable, ni linéaire, ni
prévisible. Il est fragmenté, conflictuel, volatil et imprévisible.
Dans ce monde :
• Celui qui ne comprend pas subit ;
• Celui qui n’anticipe pas réagit et gère dans l’urgence en perdant ;
• Celui qui n’a pas de boussole avance à l’aveugle.
Entrer en géopolitique et en prospective n’est plus une option. C’est une condition de survie
et de compétitivité.
Le choix est simple : attendre que les événements décident pour vous ou reprendre la main
et l’initiative stratégique sur la décision.

Tunis, le 27 Janvier 2026
*Mehdi Taje
Directeur de Global Prospect Intelligence
Senior expert en analyse géopolitique et en méthodologies de la prospective et de l’anticipation

07/01/2026

La saison de la prédation*
Taoufik Bourgou

Il y a quelques années, recevant dans mon université de rattachement Monsieur Russel Walter Mead, j’ai repris, pour introduire sa conférence une phrase de son mentor: «Nul ne peut négliger ses relations avec les Etats-Unis», non pas pour dire que le monde ne peut tourner qu’autour des Etats-Unis, mais pour dire que la puissance des Etats-Unis leur permettait d’atteindre tout point de la planète par leurs capacités s’ils devaient en avoir besoin sans s’encombrer le moins du monde du droit. Non pas que ceci devait être légitime et légal, mais tout simplement, étant «hyperréaliste», je crois que seule la puissance compte.

Les Etats et les pays en capacité de se défendre par eux-mêmes et en capacité de déployer un jeu diplomatique réaliste et de tenir seuls et en monopole leurs frontières, survivront, les autres disparaitront. Ceux qui consentent à déléguer leur défense aux autres disparaitront, seront effacés en tant que peuples et Etats.

Les accords et les alliances ne sont jamais égalitaires, le plus faible est toujours avalé par le plus fort. D’ailleurs, en la matière, la fraternité relève de la baliverne dans les jeux internationaux, elle est servie aux naïfs.

Walter Mead, très influencé certainement par son Mentor Henry Kissinger et par son époque me répliquait que la force et la diplomatie allaient de concert et qu’il devait y avoir un équilibre. Notre discussion avait eu lieu durant la guerre américaine en Irak. Au contraire de ce qu’il pensait, je crois toujours que seule la force compte et qu’on n’a jamais que la diplomatie de son armée et de sa puissance. Le reste n’est qu’une douce poésie. Sans intérêt aucun. L’actualité le montre.

Sans « Hard power » pas de « soft power », la force impose les idées, les meilleures des idées comme en 1945, mais aussi les pires comme en ce moment de l’histoire où nous voyons devant nos yeux finir le monde d’avant, celui de 1945, « illusoirement » construit autour du droit et de l’égalité entre les peuples et les Etats. Mais ce fut illusoire aussi bien entre 1945 et 1992 que depuis. Est-il nécessaire d’égrener toutes les guerres de prédation depuis 1992 ? La liste serait longue.

La fin de Maduro n’a rien d’exceptionnel, ni rien de pathétique, le nombre de fois où on a eu recours à ce type de procédés dans le monde et au fil de l’histoire en fait presque une habitude, à l’est comme à l’ouest. La Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Pologne sous l’URSS étaient des pays confisqués et Moscou posaient et déposait qui elle voulait. Les Etats-Unis n’étaient pas en reste de Mossadegh en Iran aux Somoza au Nicaragua, en passant par les Duvalier à Haïti ou de Trujillo en République Dominicaine ou de Battista à Cuba, Panama avec Noriega désigné par le sobriquet «face d’Ananas» jusque dans les couloirs de la CIA dont il fut un des agents d’ailleurs, Pinochet au Chili a été encore plus sinistre, mais imposé depuis l’extérieur, justement par la doctrine Kissinger.

L’Afrique et le monde arabe ont été le domaine où on a vendu à profusion le mensonge du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » vraisemblablement la blague la plus cynique jamais prononcée. Les Etats tiers, les plus puissant disposent des peuples et de leur devenir si ces derniers ne se donnent par les moyens d’agir par eux-mêmes pour leur propre compte.

A ce titre et à l’occasion de l’anniversaire de la ridicule « révolution » de janvier 2011, certaines questions méritent d’être posées comme à chaque année depuis quinze ans. Nous connaissons les réponses, mais un rappel s’impose.

Qui a ordonné à Ben Ali de partir et qui lui a choisi son exile saoudien ? Madame Clinton et Monsieur Obama. Qui a choisi les islamistes pour lui succéder ? Madame Clinton et Monsieur Obama.

Les printemps et le romantisme de la jacquerie sont une idiotie servie aux naïfs. Quinze ans après, l’aboutissement de la jacquerie souligne son origine : une quasi-colonisation subsaharienne sous l’égide de mafias et d’ONG subventionnées par d’occultes officines.

Maduro, comme tous ceux qui vont suivre dans l’espace caribéen, dans le monde arabe et en Iran, certainement, ont le malheur de ne pas être dans l’axe du moment et de déplaire à Washington ou à la firme Chevron ou aux deux à la fois. On peut le déplorer mais c’est une réalité.

L’ère des protecteurs extérieurs et même l’idée d’un BRICS « alternatif» à Washington est morte, abattue en janvier 2025 par Monsieur Trump et certainement par ses successeurs même s’ils devaient être du parti démocrate. Nous l’avons écrit ici à maintes reprises à l’endroit du voisin de l’ouest, le concept BRICS a été inventé par un économiste américain, mais sa consistance est intimement liée à la sphère économique des Etats-Unis, il suffit d’étudier calmement les relations économiques entre les Etats-Unis et le Brésil et celles entre la Chine et les Etats-Unis pour comprendre que cette alternative n’est pas protectrice politiquement car économiquement elle dépend des règles que les Etats-Unis ont imposé au reste du monde et ils ont encore capacité d’en écrire d’autres, voire même à se délier de leurs propres engagements en matière de libre-échange. On peut le déplorer, mais la Rome de notre temps c’est encore eux. La force s’impose au droit et à la morale.

Comme Bachar Al Assad, Maduro est tombé après un accord tacite au moins entre la Russie, la Chine et les Etats-Unis. Moscou a poussé un petit cri convenu d’avance avec Washington, Pékin s’est fendu d’un « petit » communiqué.

On peut reprocher aux Américains leur attitudes, je suis souvent le premier à les égratigner, mais qu’ont fait les émiratis il y a quelques jours au Yémen et auparavant au Soudan ?

Qu’a fait l’Arabie Saoudite dans sa riposte aux Emiratis et auparavant durant six ans de guerre dans le même Yémen ?

Qu’a fait le Qatar en Tunisie et en Libye. Que tentent de faire certains pays en Tunisie ? Ce sont tout autant des ingérences et si on veut retenir l’argument du droit et alors on devrait le tenir pour tous.

En ce début du second quart du siècle, nous entrons dans l’ère de la prédation des ressources des autres et de leurs territoires. De façon ouverte, assumée et même défendue.

Dans le monde arabe, jusque-là, les Etats se sont interdit la prédation directe, hormis la Syrie au Liban au temps des Assad. Bien avant Trump et bien avant Maduro, certains Etats arabes ont commencé un mécanisme annexionniste et un grandisme maquillé en accords plus ou moins imposés au voisin le plus faible. Ce n’est pas plus différent que ce que les Israéliens ont fait et font en Syrie ou ce que les Saoudiens et les Emiratis font aux Yémen.

Ce sont des prédations de territoires, de ressources et de patrimoine immatériel, et si on devait revenir au droit international qui n’est invoqué par certains que lorsque les Etats-Unis et leurs alliés agissent, un crime de prédation au détriment de son voisin n’en est pas moins un crime si le voisin est un « frère » arabe ou qu’on sert le « ridicule » et « imbécile » argument de la continuité de sécurité pour le justifier.

Une prédation fraternelle est une prédation qu’elle se situe dans la mer des caraïbes ou en Afrique du Nord ou dans la péninsule arabique.

Les arguments de « fraternité » comme ceux du droit, s’ils sont brandis par le plus puissant d’une alliance, servent à maquiller un hégémonisme, le monde arabe et le Maghreb ne dérogent pas à la règle, surtout en ces temps terribles pour les plus faibles.

Les naïfs qui ont bradés leurs frontières ne se réveilleront que le jour où ils seront étrangers sur la terre de leurs ancêtres, nous laissons aux lecteurs le choix des exemples passés et ceux actuels.

Clausewitz disait « Aucun Etat ne vole au secours d’un autre sans tenir compte de ses intérêts propres ». C’est la loi absolue, peu importe sous quels oripeaux se présente le pseudo protecteur.

Un proverbe Kurde dit « Nous t’avons nommé prince des poulets » a-t-il été dit au renard. Il répondit en pleurant « je n’ose croire à ma chance ».

Vous connaissez certainement l’identité des poulets et des renards dans le monde arabe et dans au Maghreb. Les Etats-Unis ne sont pas une exception.

* La saison de la prédation «Mawsem al ghoura» article publié aussi dans universnews tn

11/12/2025

An unmanifest Destiny
Tawfik Bourgou

Le succinct document sur la vision stratégique américaine n’est ni une surprise, ni même utile, tant il ne fait que souligner des évidences que certains avaient déjà à maintes fois relevées dans les agissements et dans les stratégies américaines. De sa lecture on pourrait presque déduire au moins l’identité du scribe. J’ai eu la chance de connaître personnellement Léo Michel, un des rédacteurs d’un « Strategic challenges » au sortir du 11 septembre 2001, je peux affirmer que la chute du niveau d’analyse, voire du fond est criante si on compare le chef d’œuvre auquel a participé Léo Michel au dernier opus. Mais là n’est pas l’intérêt, car en effet, il y a peu à discuter dans une feuille idéologique sans réelle doctrine, bâtie comme un dogme religieux. Ce document est de l’ordre de la croyance et non de la vérité scientifique, mais cela regarde les Américains et eux seuls, car c’est à eux seuls que s’adresse le document. Néanmoins remercions Monsieur Trump et son équipe d’avoir soufflé sur la feuille de vigne qui cachait maladroitement encore, le fond des stratégies américaines depuis Bush fils à nos jours, Obama y compris, Biden inclus. La différence entre l’actuelle administration et les anciennes est simplement syntaxique. Le modèle ou le paradigme américain, a été posé dès 1845 et n’a pas été compris, presque jusqu’en 1992. Les Etats-Unis se sont donnés une destinée, pour eux, ne sont rentrés dans l’histoire qu’entre 1917 et 1919, pour servir leur stature internationale et tirer un profit à différents niveaux de la gestion des affaires du monde. Le fameux « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » wilsonien, proclamé par une Amérique alors ségrégationniste qui faisait lyncher les noirs dans son « deep south » n’avait pour objectif que de hâter la fin des colonies européennes pour en faire de possibles lieux d’expansion pour la nouvelle puissance américaine. Ce sera réalisé progressivement après la seconde guerre mondiale et ce sera encore plus profond dans l’après-guerre froide. Dans leur longue histoire, les Etats-Unis n’ont jamais eu d’amis, ni d’alliés, ils n’ont eu que des vassaux ou des serviles, comme le sont à titre d’exemple, les monarchies du Golfe riches. Ce que propose Monsieur Trump au reste du monde dit « libre » est une sorte de vassalité et un ordre mercantile impérial. Est-ce nouveau ? Absolument pas, les Etats-Unis avancent vers leur nouvelle stratégie comme une puissance du XIXe siècle, une sorte d’empire dont l’action majeure n’est plus stratégique pour faire illusion, mais prédatrice par essence et ouvertement. Cela ressemble à ce que le monde a vécu après le Congrès de Berlin de 1884, dont d’ailleurs l’une des causes supposées avaient été l’exploration du bassin du Congo. Ironie de l’histoire, dans son brûlot Monsieur Trump ne consacre que quelques lignes à l’Afrique (2% du commerce mondial, autant dire rien). Le jour de la parution du document « stratégique », le Président Trump organisait une réunion supposée sceller la paix entre une Rwanda (vassal des Etats-Unis en Afrique centrale) et la RDC courtisée par la Chine en butte au M23 armé par le Rwanda dans le cadre d’une prédation des ressources. L’illusion de la nouveauté et de la rupture est totale, mais elle peut être éventée par un simple examen des stratégies américaines entre 2003 (guerre en Irak) et 2025 (mise en bière de la question palestinienne). De Bush fils à Trump on peut noter une stratégie d’une admirable continuité basée sur l’expulsion des alliés européens de toutes les zones possibles. L’Europe, sous férule allemande, s’est fait happer dans le « paradigme » américain libre-échangiste dont l’axe principal fut l’intégration de la Chine dans le jeu du libre-échange. Cette intégration tout en dépouillant l’Europe de ses capacités industrielles, imposait des délocalisations vers la Chine depuis l’ensemble des sous-traitants de l’Europe, notamment les pays de l’espace méditerranéen (Tunisie, Egypte et Maroc). L’Union Européenne sous la férule de l’Allemagne et en arrière-plan la relation germanoaméricaine s’est dépouillée de tous les poids auxquels elle pouvait prétendre. 1992 a été un début, 2001 consacre la réorientation et 2011 achève de réduire le poids de l’Union Européenne au niveau de l’anecdote dans différents pays et zones du monde. Le Maghreb, le Moyen-Orient, l’Asie centrale et plus récemment l’Afrique des ressources rares. C’en était fini avec le rôle de contrepoids que l’Europe pouvait jouer dont l’exemple fut le non français à la guerre en Irak. Trump a continué l’œuvre d’Obama avec une admirable régularité. La Chine est le rival stratégique, la Russie peut être ennemi ou partenaire, l’Europe est un vassal sans colonne vertébrale politique qui chantait en vingt-sept langues une partition américaine « otanisée » se trouve aujourd’hui orpheline de son maître. Le reste de la « périphérie » du monde n’est que le domaine du Diktat et de la guerre sans égard à l’histoire ou même à la vie des hommes et de femmes qui peuplent ces pays. En février 2011, juste après le funeste printemps destructeur et l’adoubement des islamistes par le couple Obama-Clinton, la secrétaire d’Etat, présente à Paris commettait une conférence sur les ridicules printemps, à la question qui concernait les atteintes au statut des femmes à causes des rétrogrades au pouvoir elle a répondu par un « It’s of their culture ! » qui résume le mépris, la bêtise, le racisme. Un équivalent à « l’omelette pour laquelle on doit casser des œufs » de Madeleine Albright à propos des enfants irakiens morts par centaines de milliers à cause de l’embargo. C’est du même tonneau que la réception et l’admiration proclamée au terroriste sanguinaire Al joulani par David Paetrius, ancien commandant des forces américains en Irak responsable de 500 000 morts directement ou indirectement. La trentaine de pages, qui comportent bien sûr des contre-vérités sur l’Europe et des anecdotes ridicules que si elles devaient être écrites par un simple étudiant en début de scolarité le condamnerait à une exclusion, n’ont ni originalité, ni profondeur analytique, encore moins doctrinale. L’Amérique règle ses comptes avec l’Europe occidentale, se pose en champion et protecteur de certains partis politiques d’extrême droite et désigne les immigrés comme la source exclusive des malheurs du monde.
Est-ce nouveau ? Absolument pas.
Au sortir de la seconde guerre mondiale, la CIA a été jusqu’à financer des syndicats de gauche, des partis trotskystes pour affaiblir les communistes En Europe, ont tenu la main de groupes radicaux de la droite extrême en Italie, dont certains seront le fer de lance du réseau « Gladio » et d’autres ont été impliqués dans l’attentat de la gare de Bologne. Ce n’est donc qu’une reconnaissance au grand jour des amis anciens-nouveaux de l’Amérique, parmi lesquels l’AFD allemand7, ouvertement n**i dirigé par une ancienne de Goldman-Sachs. Quand on a adoubé tant d’affreux on peut frayer avec Al Joulani. Et le monde arabe dans tout cela ? Au risque de déplaire à beaucoup, notamment en Tunisie, parmi ceux qui s’étaient réjouis de la nomination du nouvel Ambassadeur des Etats-Unis, auquel au passage nous souhaitons la plus fructueuse des missions, vu depuis Washington, le monde se partage comme depuis tout le temps, en deux domaines. Il y a le monde prospère des richesses en capacité de payer sa dîme et être protégé dans le cadre du statut de la vassalité et il y a les autres, essentiellement les pauvres. Les vassaux payent pour leur protection, c’est ce qu’ont fait les roitelets du golfe qui ont rivalisé d’ingéniosité pour satisfaire leur nouveau maître. Avion privé, contrat d’armement, des trillions de dollars en transfert comme le contrat ARAMCO. Ils ont payé l’impôt impérial. Les autres serviront de variables d’ajustement, de prébende, de récompenses à des acteurs secondaires. A ce titre, ce qui arrive d’ailleurs à l’Ukraine devrait inquiéter plus d’un. Si vous vous faites attaquer par votre voisin, priez Dieu que votre cas ne puisse pas intéresser Monsieur Trump, car il finira par féliciter le prédateur et lui offrir un droit perpétuel sur votre territoire, peuple et histoire. Comme le disait récemment un grand général français, ancien chef adjoint de l’OTAN « Si vous n’êtes pas autour de la table avec les autres carnassiers, c’est que vous êtes le steak qu’ils sont en train de déguster. ». Sans trop se tromper, c’est le seul et unique message que les Etats-Unis ont encore à transmettre au reste du monde à travers un brûlot d’une trentaine de pages. J’ai une pensée particulière pour beaucoup d’amis américains, des républicains (je n’ai jamais eu une quelconque proximité ni sympathie du camp d’en face, les démocrates), ils doivent en ce moment avoir l’impression de vivre un moment difficile d’évaporation de tous les concepts et fondements auxquels ils croyaient au point de nous les présenter à chaque discours. Par gentillesse on dissimulait à chaque fois notre scepticisme. Puisque la feuille de vigne s’est envolée sur les intentions de leur pays, ayons la décence de leur dire que nous n’y avons jamais cru.

"منحت في استراتيجية الأمن القومي الأمريكية الأولوية، بشكل صريح، في السياسة الخارجية للولايات المتحدة للجزء الغربي من الك...
05/12/2025

"منحت في استراتيجية الأمن القومي الأمريكية الأولوية، بشكل صريح، في السياسة الخارجية للولايات المتحدة للجزء الغربي من الكرة الأرضية (الأميركتين)، مع تراجع الشرق الأوسط "ليس بسبب فقدان المنطقة لأهميتها، ولكن لأنها لم تعد مصدراً لأزمات متلاحقة، وباتت تتحول تدريجياً إلى ساحة شراكة وصداقة واستثمار"، وفق ما ذكرت الاستراتيجية.

وقالت الإدارة في الاستراتيجية التي نشرت على موقع البيت الأبيض، إن أولوية سياستها الخارجية لن تكون في الشرق الأوسط، وإنما في النصف الغربي للكرة الأرضية، كما ستعمل على "الفوز اقتصادياً"، في المستقبل ومنع المواجهة العسكرية في منطقة المحيطين الهندي والهادئ، ودفع أوروبا للاعتماد أكثر على نفسها، والانتقال إلى الشراكة مع إفريقيا.

واعتبرت الاستراتيجية أن السنوات الماضية، شهدت تراجعاً في اهتمامها بالجزء الغربي، ما "أتاح لمنافسين دوليين التوسع اقتصادياً وأمنياً"، في هذه المنطقة الهامة للولايات المتحدة.

وذكرت الإدارة أنها ستعمل على تحديث مبدأ مونرو بـ"بالملحق الترمبي"، وينص مبدأ مونرو وهو حجر الزاوية في سياسة الولايات المتحدة تجاه نصف الكرة الغربي، وصاغه الرئيس جيمس مونرو في 2 ديسمبر 1823، على رفض التدخل الأوروبي في شؤون الدول الأميركية أو استعمار أراضٍ فيها، مقابل عدم تدخل الولايات المتحدة في الشؤون الأوروبية.

الشرق الأوسط.. تقاسم الأعباء وبناء السلام

وفي الجزء المتعلق بالشرق الأوسط، قالت الإدارة الأميركية إنه على مدى نصف قرن على الأقل، شكّلت منطقة الشرق الأوسط أولوية مطلقة في السياسة الخارجية الأميركية.

وأضافت إدارة ترمب أن الأسباب كانت واضحة، إذ أن الشرق الأوسط "شكّل لعقود المورد الأهم للطاقة في العالم، وساحة رئيسية للتنافس بين القوى العظمى، وبؤرة صراعات كانت تهدّد بالامتداد إلى بقية دول العالم وحتى إلى الأراضي الأميركية".

واعتبرت أن اليوم، "لم تعد اثنتان من هذه الحقائق ساريتين. فقد تنوّعت مصادر الطاقة بشكل كبير، وأصبحت الولايات المتحدة مجدداً مصدّراً صافياً للطاقة. كما تراجع التنافس بين القوى العظمى إلى مستوى تنافس بين قوى كبرى، مع احتفاظ واشنطن بموقعها الأكثر تفوّقاً، مدعوماً بجهود الرئيس ترمب في إعادة إحياء التحالفات الأميركية في الخليج ومع الشركاء العرب وإسرائيل"، وفق ما ذكر نص الاستراتيجية.

وأشارت إدارة ترمب في الاستراتيجية إلى أن النزاع بالمنطقة، "لا يزال العامل الأكثر إزعاجاً في المشهد الشرق أوسطي، لكن حجمه اليوم أقل مما قد يوحي به المشهد الإعلامي".

وفصلت الاستراتيجية ما تشير إليه بالنزاع، وقالت إن "إيران، التي تُعد القوة الأكثر زعزعة للاستقرار في المنطقة، ضعفت بشدة بفعل العمليات الإسرائيلية منذ 7 أكتوبر 2023، وبفعل عملية مطرقة منتصف الليل، الأميركية في يونيو 2025، التي أدت إلى تراجع كبير في برنامجها النووي".

واعتبرت أن الصراع الفلسطيني–الإسرائيلي "يظل معقداً"، إلا أن وقف إطلاق النار وتحرير الرهائن الذي تفاوض عليه ترمب ساهم في فتح باب نحو تهدئة أطول أمداً.

وأشارت إلى أن أبرز داعمي حركة حماس "تراجعوا أو أعادوا حساباتهم". وأضافت أن سوريا "تبقى مصدر قلق محتمل، لكنها قد تستعيد استقرارها ودورها الطبيعي بدعم أميركي–عربي–إسرائيلي–تركي".

وأورد نص الاستراتيجية أنه "مع تراجع السياسات الأميركية المقيّدة لقطاع الطاقة، وارتفاع الإنتاج المحلي، تتراجع أيضاً الأسباب التقليدية التي جعلت واشنطن تضع الشرق الأوسط في صدارة أولوياتها. فالمنطقة تتحوّل تدريجياً إلى مركز للاستثمار الدولي، في قطاعات تتجاوز النفط والغاز، وصولاً إلى الطاقة النووية والذكاء الاصطناعي والتقنيات الدفاعية. كما يمكن للولايات المتحدة العمل مع شركائها في الشرق الأوسط لتعزيز مصالح اقتصادية أخرى، مثل حماية سلاسل التوريد وتوسيع الفرص التجارية في مناطق مثل إفريقيا".

المنطقة لم تعد مصدراً للأزمات.. وتتحول إلى ساحة للشراكة

وقالت الإدارة في الاستراتيجية إن دول المنطقة "تظهر التزاماً أكبر بمكافحة التطرّف، وهو منحى يجب على السياسة الأميركية دعمه. غير أن ذلك يتطلّب التخلي عن النهج الذي حاول دفع هذه الدول، إلى تغيير تقاليدها وهياكلها السياسية. فالإصلاح يجب أن يُشجَّع عندما ينشأ من الداخل، لا أن يُفرض من الخارج".

واعتبرت الإدارة في الاستراتيجية أن "جوهر العلاقة الناجحة مع الشرق الأوسط، يكمن في التعامل مع دوله وقادته كما هم، والعمل معهم في مجالات المصالح المشتركة".

وأضافت: "ستظل للولايات المتحدة مصالح أساسية في موارد الطاقة، وفي بقاء مضيق هرمز مفتوحاً، والبحر الأحمر آمناً للملاحة، ومنع المنطقة من أن تصبح حاضنة للإرهاب الذي قد يهدد مصالح واشنطن أو أمنها الداخلي، إضافة إلى ضمان أمن إسرائيل. ويمكن تحقيق ذلك، فكرياً وعسكرياً، من دون الوقوع مجدداً في مستنقع حروب بناء الدول، التي أثبتت إخفاقها لعقود".

وذكرت الإدارة أنه ستبقى هناك مصلحة أميركية واضحة في توسيع اتفاقيات أبراهام، لتشمل دولاً جديدة في المنطقة والعالم الإسلامي.

لكنها أشارت إلى أن الحقبة التي كان فيها الشرق الأوسط يهيمن على السياسة الخارجية الأميركية، في التخطيط الاستراتيجي، وفي التفاصيل اليومية، "تبدو في طريقها إلى الانتهاء، ليس لأن المنطقة فقدت أهميتها، بل لأنها لم تعد مصدر الأزمات المتلاحقة كما كانت، بل إنها تتحول تدريجياً إلى ساحة شراكة وصداقة واستثمار، وهو مسار يجب الترحيب به وتعزيزه".

وقالت "في الواقع، فإن قدرة الرئيس ترمب، على توحيد العالم العربي في شرم الشيخ سعياً للسلام والتطبيع، ستسمح للولايات المتحدة أخيراً بإعادة تركيز سياستها الخارجية بما يخدم مصالحها أولاً"…"

أعلن البيت الأبيض استراتيجيته الأمن القومي، ومنح الأولوية للجزء الغربي من الكرة الأرضية.

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