17/02/2026
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Krishnamurti : Je me demande si nous sommes réellement conscients de la colère, de la tristesse, du bonheur ? Ou bien ne prenons-nous conscience de ces sentiments qu'une fois qu'ils sont passés ? Commençons comme si nous n'en savions absolument rien et repartons de zéro. N'avançons aucune affirmation, ni dogmatique ni subtile, mais explorons cette question qui, si on l'approfondissait vraiment, révélerait un état extraordinaire que l'esprit n'a probablement jamais atteint, une dimension inaccessible à la conscience superficielle. Partons du superficiel et progressons.
Nous voyons avec nos yeux, nous percevons avec nos sens ce qui nous entoure : la couleur de la fleur, le colibri qui la survole, la lumière du soleil californien, les mille sons aux qualités et subtilités diverses, la profondeur et la hauteur, l'ombre de l'arbre et l'arbre lui-même. Nous ressentons de la même manière notre propre corps, qui est l'instrument de ces différentes perceptions sensorielles superficielles. Si ces perceptions restaient au niveau superficiel, il n'y aurait aucune confusion. Cette fleur, cette pensée, cette rose, sont là, et c'est tout. Il n'y a ni préférence, ni comparaison, ni attirance, seulement la chose qui se trouve devant nous, sans aucune implication psychologique. Cette perception sensorielle superficielle, ou conscience, est-elle bien claire ? Elle peut s'étendre aux étoiles, aux profondeurs des mers et aux frontières ultimes de l'observation scientifique, grâce à tous les instruments de la technologie moderne.
Questionneur : Oui, je crois comprendre.
Krishnamurti : Vous voyez donc que la rose, l'univers tout entier et tous les êtres qui le composent, votre propre épouse si vous en avez une, les étoiles, les mers, les montagnes, les microbes, les atomes, les neutrons, cette pièce, cette porte, sont réellement là. Maintenant, l'étape suivante : ce que vous pensez de ces choses, ou ce que vous ressentez à leur sujet, constitue votre réponse psychologique. Et c'est ce que nous appelons pensée ou émotion. La conscience superficielle est donc très simple : la porte est là. Mais la description de la porte n'est pas la porte elle-même, et lorsque l'on s'implique émotionnellement dans cette description, on ne voit plus la porte. Cette description peut être un mot, un traité scientifique ou une forte réaction émotionnelle ; rien de tout cela n'est la porte elle-même. Il est essentiel de comprendre cela dès le départ. Si nous ne le comprenons pas, notre confusion ne fera que s'accroître. La description n'est jamais le décrit. Bien que nous décrivions quelque chose en ce moment même, et que nous devions le faire, ce que nous décrivons n'est pas notre propre description. Gardez donc cela à l'esprit tout au long de notre discussion. Ne confondez jamais le mot avec la chose qu'il décrit. Le mot n'est jamais la réalité, et nous nous laissons facilement emporter lorsque nous atteignons le stade suivant de la conscience, où cela devient personnel et où nous sommes touchés émotionnellement par le mot. KRISHNAMURTI, L'urgence du changement, « Prise de conscience »
Questioner: I should like to know what you mean by awareness because you have often said that awareness is really what your teaching is about. I've tried to understand it by listening to your talks and reading your books, but I don't seem to get very far. I know it is not a practice, and I understan...