30/06/2026
" Comment mieux faire pour mieux profiter des bonheurs simples de la vie ?"
Telle était la question dont nous avons débattu au NBC, hier soir dans l'espace Jilen.
La rencontre fut très agréable et l'échange intéressant et passionnant.
En guise de réponse à la question posée, on peut dire succinctement que les avis ont convergé vers ceci :
* D'abord, une définition minimaliste de ce qu'on appellerait « bonheurs simples » : ce sont ces plaisirs accessibles, chacun selon ses propres moyens : boire, manger, écouter de la musique, faire une longue marche, rencontrer des amis et prendre un café ensemble, lire...
* Ensuite, une première condition pour accéder à ces bonheurs et savoir en j***r : le renoncement à la quête du bonheur en tant qu'il est un état de satisfaction PERMANENTE de la conscience et même des désirs. Cette quête est une illusion qui provoque le désespoir et le malheur (l'enseignement de Schopenhauer, de Freud et de Flaubert). Avec ce renoncement, on gagne en lucidité et, au lieu de poursuivre un mirage, on ajuste lucidement sa quête et on la limite à ce qui est possible : les petites jouissances qui s'offrent à nous dans une vie dont la rose serait la métaphore : il y a le côté pétales et le côté épines.
* Puis, une deuxième condition : il faut que notre vie soit pour elle-même sa propre fin. Si on passe son temps à se dire : « Qu'est-ce que je serais heureux si je pouvais avoir ceci ou cela, si je pouvais devenir ceci ou cela... », on ira tout droit dans le mur de la tristesse et du malheur. (C'est l'enseignement de Montaigne : le bonheur n'attend personne : « Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors »).
* Enfin, une troisième condition : apprendre à vivre au présent. Il ne s'agit pas seulement de se saisir des occasions de jouissance qui s'offrent à nous en suivant cette injonction hédoniste « cueille le présent » (devenue un slogan publicitaire, soit dit en passant). Il s'agit d'une véritable sagesse qui nous rappelle que trop de souvenirs nous plongent dans la tristesse (c'est la nostalgie ou la blessure incurable) et que toute projection dans l'avenir est cause d'angoisse. Il faut donc se rendre disponible au présent pour entrer en résonance avec toutes les occasions de joie qui s'offrent à nous (enseignement des épicuriens).
En guise de conclusion, on a insisté sur l'idée qu'il faut avoir une bonne représentation du bonheur pour se rendre disponible à l'accueil en soi du moindre petit et modeste souffle de bonheur, de joie, de jouissance...
Appelez-le comme vous voulez, mais n'attendez pas qu'il vienne frapper à votre porte...