13/10/2025
Gabès, notre ville au cœur lassé, s’étouffe lentement sous un ciel de cendre.
L’air qui portait jadis le parfum du jasmin et la brise salée de la mer s’est chargé de douleur et de poison.
Chaque inspiration est une blessure invisible, chaque souffle une prière étouffée.
Les cheminées grondent, indifférentes, vomissant leur fumée grise sur nos rêves d’enfants.
Les mères regardent le ciel sans couleur, les pères baissent les yeux devant une mer qui se meurt,
et les enfants grandissent au goût du métal, apprenant trop tôt que respirer ici, c’est lutter.
Ce n’est pas seulement la ville qu’on assassine —
c’est la mémoire de nos jardins, la promesse de nos lendemains, la beauté d’un rivage qu’on croyait éternel.
Nous ne voulons plus du silence,
ni de ces excuses qui ne lavent rien.
Nous voulons la vie — la vraie.
Un air qui caresse sans brûler,
une mer qui chante encore,
une terre qui donne sans mourir.
Gabès mérite de respirer.
Et nous, ses enfants, nous ne cesserons jamais de lui rendre son souffle. 🌿