17/08/2026
QUAND L’ENA MET LA CORRUPTION AU PROGRAMME: DU SUJET DE DISSERTATION À L’ACTE DE GOUVERNEMENT
Le 12 août 2026, au Togo, des centaines de candidats ont planché sur ce sujet à l’ENA: « La corruption dans l’Administration publique ».
4 heures. Coef 4. Un sujet classique. Un sujet de concours.
Mais pour le REPAJOSEC, ce sujet est plus qu’un exercice scolaire. C’est un miroir. Et c’est une responsabilité.
1. Nommer le mal, première étape pour le combattre
Pendant des années, nous avons contourné le mot. On parlait de "lenteurs administratives", de "facilitations", de "manières de faire".
Aujourd’hui, l’État togolais a le courage de poser le mot sur la table des futurs hauts fonctionnaires: CORRUPTION.
C’est un signal fort. On ne soigne pas ce qu’on refuse de diagnostiquer.
Former les cadres de demain en leur demandant de réfléchir dès l’entrée sur ce fléau, c’est leur dire: « Vous entrez dans l’administration les yeux ouverts. Vous serez jugés là-dessus. »
2. De la dissertation à la pratique: le vrai concours commence après
Écrire 6 pages sur la corruption en 4 heures, c’est bien.
Refuser la première enveloppe, refuser le premier "piston", refuser le premier marché gré à gré quand on sera en poste, c’est mieux.
C’est là que se joue la crédibilité de l’État.
À quoi sert de sélectionner les meilleurs sur un sujet s’ils deviennent, une fois nommés, les premiers à pratiquer ce qu’ils ont condamné sur papier ?
Le concours ne doit pas être une fin. Il doit être un serment.
3. La lutte contre la corruption: une affaire de journalistes et de citoyens
Au REPAJOSEC, notre rôle est clair: superviser, alerter, documenter.
La corruption ne meurt pas dans les salles de dissertation. Elle meurt dans la lumière.
Elle meurt quand un journaliste révèle un détournement.
Elle meurt quand un citoyen refuse de payer.
Elle meurt quand l’administration sanctionne, sans état d’âme, ses propres cadres fautifs.
Le sujet de l’ENA 2026 doit donc devenir une politique publique 2027.
Avec des mécanismes concrets: déclaration de patrimoine, protection des lanceurs d’alerte, digitalisation des procédures, sanctions exemplaires.
Formons des administrateurs incorruptibles, pas des rhéteurs
Le Togo a choisi "Travail - Liberté - Patrie" comme devise.
Il n’y a pas de Travail sans mérite.
Il n’y a pas de Liberté sans égalité devant le service public.
Il n’y a pas de Patrie si les ressources de la Patrie sont pillées par ses propres fils.
Que les copies des candidats du 12 août ne finissent pas dans les archives.
Qu’elles deviennent le cahier de charges des prochains administrateurs du Togo.
Car un pays ne se développe pas avec des discours contre la corruption.
Il se développe avec des administrateurs qui ont choisi de ne jamais en faire.
Le concours est passé. Le vrai test commence maintenant.
Dodzi Alexandre AGBOZOH - GUIDIH
Président du Conseil d’Administration
REPAJOSEC - Réseau Panafricain des Journalistes pour la Supervision des Élections et la lutte contre la Corruption