MCPL - Mouvement Citoyen pour la Préservation des Libertés

MCPL - Mouvement Citoyen pour la Préservation des Libertés NOTRE BUT ! Promouvoir la liberté d'Opinion, d'Expression et de Religion, la protection des Biens et des Personnes, défendre les Droits des Prisonniers !

MOUVEMENT CITOYEN POUR LA PRESERVATION DES LIBERTÉS Quartier Habbéna -Avenue du 10 octobre BP 4296 N’Djaména – Tchad ; T...
25/04/2026

MOUVEMENT CITOYEN POUR LA PRESERVATION DES LIBERTÉS
Quartier Habbéna -Avenue du 10 octobre
BP 4296 N’Djaména – Tchad ; Tél. (+235) 66 37 71 05/ 90 43 84 80
Email : [email protected]
[email protected]

COMMUNIQUÉ DE PRESSE N°003/MCPL/BE/2026

Relatif aux arrestations sans mandat des opposants au Tchad

Le Mouvement Citoyen pour la Préservation des Libertés (MCPL) constate avec amertume la dégradation de la situation politique marquée par la brutalité et la répression aveugles sur des figures de l’opposition de premier rang. Ce qui s’est passé ce samedi 25 avril 2026 à N’Djaména, la capitale du Tchad, est l’expression de barbarie d’un régime moyenâgeux où seul le monarque règne en maître absolu.
Or, le ton a été donné dès ce vendredi 24 avril 2026 lorsque le Ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, le Général Ali Ahmat Aghabache, s’est érigé en porte-parole de la Cour Suprême pour annoncer un arrêt judiciaire qui rendrait illégales les actions du GCAP (Groupe de Concertation des Acteurs Politiques) ; se comportant ainsi, le ministre, général de son état, affiche clairement son élan et sa propension à manipuler la justice. D’ailleurs que fait-on de la séparation des pouvoirs qui date de Montesquieu?
Cette manie de faire et cette chape de plomb sont un recul grave de la démocratie et une violation des droits humains.
En urgence, le MCPL, tout en réaffirmant son attachement au respect des libertés fondamentales actuellement mises en péril, demande la libération sans condition de tous les leaders injustement arrêtés puis l’abandon des poursuites à leur endroit.

Fait à N’Djaména le 25 avril 2026

Le Coordonnateur du MCPL

Sosthène MBERNODJI

27/02/2026

MOUVEMENT CITOYEN POUR LA PRESERVATION DES LIBERTÉS
Quartier Habbéna -Avenue du 10 octobre
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COMMUNIQUÉ DE PRESSE N°002/MCPL/BE/2026
Relatif aux retenues sur salaires des enseignants de N’Djaména

Le Mouvement Citoyen pour la Préservation des Libertés (MCPL) exprime sa vive préoccupation face aux retenues opérées sur les salaires des enseignants de N’Djaména, intervenues dans un contexte socio-économique déjà marqué par une forte vulnérabilité des ménages.

1. Le salaire : un droit fondamental à caractère alimentaire et sacré

Le MCPL rappelle que le salaire n’est pas une simple contrepartie contractuelle : il constitue un droit fondamental du travailleur, garanti par les principes généraux du droit du travail et protégé par les engagements internationaux souscrits par la Tchad.
Le salaire revêt un caractère alimentaire, en ce qu’il permet au travailleur et à sa famille de subvenir à leurs besoins essentiels : logement, alimentation, santé, éducation des enfants. Toute retenue opérée en dehors d’un cadre strictement légal et proportionné porte atteinte :
au principe de sécurité juridique ;
au droit à des conditions de vie dignes ;
et au principe de proportionnalité des sanctions disciplinaires en droit du travail.
Le MCPL souligne que le droit du travail encadre strictement les retenues sur salaire. Celles-ci ne peuvent intervenir que dans des cas limitativement prévus par la loi et doivent respecter les garanties procédurales, notamment le droit à l’information, à la défense et au contradictoire.

2. Les enseignants : piliers de la République et garants de l’avenir

Les enseignants ne sont pas de simples agents publics : ils sont les acteurs essentiels de la formation des générations futures. Fragiliser leur situation financière, c’est affaiblir l’école, et par ricochet, compromettre la stabilité sociale.
Dans une capitale comme N’Djaména, où le coût de la vie est particulièrement élevé, des retenues substantielles peuvent plonger des familles entières dans des situations de précarité aiguë.
Le MCPL estime que toute mesure affectant les revenus des enseignants doit être :
légale,
proportionnée,
motivée,
et précédée d’un véritable dialogue social.

3. Plaidoyer pour un dialogue social responsable et constructif

Le MCPL appelle les autorités compétentes à privilégier la voie du dialogue social apaisé, conformément aux standards internationaux en matière de relations professionnelles et de gestion des conflits collectifs de travail.
Le dialogue n’est pas un signe de faiblesse ; il est au contraire un instrument de gouvernance responsable. Il permet d’éviter l’escalade des tensions, de préserver la continuité du service public de l’éducation et de garantir la paix sociale.
Le MCPL encourage :
l’ouverture urgente d’un cadre de concertation entre les représentants des enseignants et les autorités concernées ;
la transparence sur les bases juridiques des retenues opérées ;
l’examen de mesures correctrices ou d’aménagements lorsque les retenues compromettent gravement la subsistance des agents concernés.

4. Pour une solution équilibrée et respectueuse des droits

Le Mouvement Citoyen pour la Préservation des Libertés rappelle que l’État de droit repose sur l’équilibre entre l’autorité et la protection des droits fondamentaux.
Le respect du droit du travail, la protection du caractère alimentaire du salaire et la recherche de solutions négociées constituent les piliers d’une gouvernance soucieuse de justice sociale.
En conséquence, le MCPL :
réaffirme son attachement au respect des libertés fondamentales et des droits des travailleurs ;
invite toutes les parties à faire preuve de responsabilité et de retenue ;
se tient disponible pour contribuer à toute initiative visant à promouvoir une solution fondée sur le droit, le dialogue et l’intérêt supérieur de la Nation.

Fait à N’Djaména le 27 février 2026

Pour le Mouvement Citoyen pour la Préservation des Libertés (MCPL)
Le Coordonnateur

Sosthène MBERNODJI

20/02/2026

# # MCPL Salue la Nouvelle Circulaire sur le Régime de Garde à Vue

Le Mouvement Citoyen pour la Préservation des Libertés (MCPL), via son coordonnateur Mbernodji Sosthene, a exprimé son soutien à la circulaire récemment publiée par Youssouf Tom, Garde des Sceaux et ministre de la justice, concernant le régime de la garde à vue. Cette circulaire vise à renforcer les droits des personnes placées en garde à vue, conformément au code de procédure pénale.

Cependant, le MCPL soulève plusieurs questions concernant l'efficacité de cette initiative. Il s'interroge sur la capacité des officiers de police judiciaire à appliquer ces nouvelles directives, ainsi que sur les sanctions prévues pour les éventuelles violations. Le mouvement demande également des éclaircissements sur les mécanismes de contrôle qui seront mis en place pour assurer le respect de la circulaire.

Tout en se félicitant de cette avancée, le MCPL appelle le ministre à agir davantage, notamment en ce qui concerne la situation des détenus en attente de jugement dans les maisons d'arrêt. Ces personnes, souvent en détention prolongée, nécessitent une attention urgente pour garantir leurs droits et garantir une justice équitable

18/02/2026

Communiqué de presse N°001/MCPL/BE/2026

Le Mouvement Citoyen pour la Préservation des Libertés ( MCPL) salue la circulaire du Garde des Sceaux, ministre de la justice, Youssouf Tom,sur le régime de la garde à vue, d'ailleurs encadrée par le code de procédure pénale. Cependant,le MCPL se pose les questions légitimes de savoir : comment garantir l'efficacité d'une telle circulaire lorsque les officiers de la police judiciaire,les commissaires de police et commandants de brigade entretiennent cette situation ? Quelles sont les sanctions prévues à cet effet ? Quel mécanisme de contrôle mis en place ?

Tout en appréciant à sa juste valeur cette circulaire qui donne une bouffée d'oxygène à l'espace civique fortement menacé par le placement de certains citoyens en garde à vue arbitraire,le MCPL exhorte le Garde des Sceaux à aller plus loin en planchant sur le cas des détenus qui croupissent dans les différentes maisons d'arrêt sans être jugés ni condamnés.

Fait à N'Djaména,le 18 février 2026

Le coordonnateur
Sosthène Mbernodji

04/08/2025

MOUVEMENT CITOYEN POUR LA PRESERVATION DES LIBERTÉS

COMMUNIQUÉ DE PRESSE N°003/MCPL/BE/2025

Le Mouvement Citoyen pour la Préservation des Libertés (MCPL) condamne avec fermeté l'assassinat crapuleux de Fulbert Maouanodji à Abéché. Il rejette la thèse du su***de par immolation avancée par le procureur général près la cour d'appel de la même ville.

Les circonstances troubles de sa mort prouvent à juste titre que les tchadiens sont jetés en pâture et abandonnés à leur triste sort. La protection des personnes et des biens n'est qu'un chimère.

Nous exigeons l'exhumation de son corps et l'autopsie pour savoir les vraies
raisons de son décès. Par ailleurs une enquête indépendante doit être ouverte afin de retrouver les auteurs et complices de ce décès ignoble,qui dépasse l'entendement.

Fait à N’Djaména, le 4 août 2025

Le Coordonnateur

Sosthène Mbernodji

23/05/2025

MOUVEMENT CITOYEN POUR LA PRESERVATION DES LIBERTÉS
Quartier Habbéna -Avenue du 10 octobre
BP 4296 N’Djaména – Tchad

COMMUNIQUÉ DE PRESSE N°002/MCPL/BE/2025

Le Mouvement Citoyen pour la Préservation des Libertés (MCPL) constate qu’au regard des actes et violations scandaleux des droits et libertés caractérisés par le rétrécissement dangereux de l’espace civique et politique, les enlèvements et arrestations irrégulières dont la dernière illustration est l’arrestation et le placement en détention préventive du président du Parti Les Transformateurs et ancien Premier ministre, ASSYONGAR MASRA SUCCÈS, il est légitime de s’interroger sur la direction actuelle du pays.

Ainsi, ne pouvant ni admettre ou tolérer les dérives graves du régime MPS à travers cette cabale politico judiciaire à l’encontre d’ASSYONGAR MASRA SUCCÈS, le MCPL en tant que plate-forme majeure de la promotion et défense des libertés citoyennes, exige le respect de la garantie judiciaire dont doit bénéficier l’accusé où au stade actuel doit comparaitre libre.

Ce faisant, le Bureau Exécutif du MCPL réclame la mise en liberté pure et simple de Masra Succès et l’abandon de toutes les charges. La paix chèrement acquise ne doit pas être un slogan mais une réalité traduite dans les actes et comportements.

Par ailleurs, le MCPL dénonce vertement ce règne de terreur et de judiciarisation, principale chape de plomb qui pèse depuis plus d’une année sur ses populations longtemps blasées par plus de trois décennies de règne familial.

Fait à N’Djaména, le 22 mai 2025

Le Coordonnateur

Sosthène Mbernodji

19/03/2025

Silence, on torture dans le Moyen-Chari

Une séance de torture insoutenable a eu lieu dans un canton du département de Barh Koh, province du Moyen-Chari. Tout est parti à la suite d’une sentence prononcée par le chef de canton et ses assesseurs contre un jeune qui ne reconnait pas les faits à lui reprochés : une amende d’un million six cent milles (1 600 000) FCFA et la torture (en aout 2024).
Selon nos informations et certaines preuves à notre possession, un jeune souffrait de la carie dentaire, laquelle a été mal soignée. Le chef de canton, l’un de ses chefs coutumiers et ses assesseurs ont organisé une parodie de justice ciblée pour accuser un autre jeune de l’avoir ensorcelé. La famille du jeune malade a découvert la manipulation orchestrée devant le Mbang de Bedaya et a demandé pardon à la famille de la victime car c’est la même grande famille. En effet, il était question de prêter serment devant le Mbang dont les conséquences sont mortelles pour l’accusateur si son accusation n’était pas vraie. Le procès-verbal du Chef Suprême des Sarmadjingaye est déposé au parquet de Sarh. Et l’histoire, digne d’un film, ressemble à un règlement de comptes dans une grande famille mais pour quelle raison ? Nous reviendrons avec plus d’informations car nous continuons à recueillir des témoignages et croiser nos sources.
Il y a aussi un deuxième procès lié à cette torture : celui relatif aux manifestations de quatre jours avec menaces de mort, destruction des biens, harcèlement, fausse accusation, violation du domicile, ... selon le constat d’huissier versé dans le dossier au tribunal de Sarh que nous avons pu consulter. C’est uniquement les familles du chef de canton et de certains de ses assesseurs qui ont menacé de mort, détruit les biens de l’autre famille... Mais l’avocat de la défense, qui se réclame pourtant défenseur des droits de l’Homme, a fait du dilatoire pour que le procès ne se soit pas en pénal en argumentant que c’est un problème coutumier. Le parquet d’instance a dû confier le dossier à un juge d’instruction vu les agitations de l’avocat de la défense. On espère que les audiences débuteront très bientôt en pénal et que les sanctions prévues par la loi du Tchad seront appliquées à la lettre.
Puisque l’histoire a tellement d’enchevêtrements, les manifestants ont publié eux-mêmes sur Meta (Facebook) une partie de leur manifestation dans le but d’humilier encore la famille victime et une preuve d’abus du pouvoir. Celle du 22 novembre 2024 à 4h du matin a débuté et fini devant la résidence du Chef de canton qui a échangé allègrement avec lesdits manifestants. D’ailleurs lors de l’audition, les jeunes manifestants ont confirmé à la police judiciaire que c’est le chef de canton lui-même qui leur a demandé de manifester contre la famille du grand frère ainé du père du jeune homme torturé, pourtant non impliqué dans le dossier au début. Il a refusé d’envoyer la brigade installée à environ cent mètres de la concession de la famille en danger de mort et ce, malgré la demande de protection et d’assistance par appel téléphonique d’une fille de la famille en danger dès le début des manifestations autour de 04h 30 mn (avec preuve à fournir au juge au moment opportun). Pourtant le chef de canton a dit à l’huissier de justice qu’il n’était pas au courant de cette manifestation.
Selon les témoignages de certains habitants de ce village, le Chef de canton et ses assesseurs cachés derrière leurs familles respectives ont semé la terreur au sein de la population de ce village pendant des mois par rapport à cette torture. Tout habitant qui tentait de les raisonner est accusé immédiatement de complicité avec la famille victime. Voilà le comportement de certains chefs traditionnels et chefs de cantons dans nos provinces qui se passent pour des magistrats et des dieux sur terre. C’est une usurpation de fonction en plus de la torture, du harcèlement, d’abus de pouvoir, de dénonciation calomnieuse, de fausse accusation, de diffamation, etc.
Le Gouvernement tchadien et ses partenaires ont beaucoup investi dans la formation des chefs traditionnels, des chefs de cantons et des magistrats pour éradiquer la torture et abus de pouvoir et autres au Tchad. Le Gouvernement du Tchad a demandé la tolérance zéro pour les tortures qu’organisent les chefs de canton et chefs traditionnels. Certains magistrats se battent et font de leur mieux. Alors nous mettons en garde toute personne qui tenterait d’influencer la justice de quelle que manière que ce soit sur ce dossier car nous, défenseurs des droits de l’Homme, suivons de près ce procès. Nous publierons la liste de ceux qui oseront s’ingérer de quelle que subtilité que ce soit. Cela doit être le dernier cas de torture dans le Moyen Chari et dans d’autres provinces à travers des sanctions exemplaires. Les populations villageoises ont droit à la protection et à une vie paisible.
Nous demandons au ministre de la Justice de suivre particulièrement ce dossier, au ministre de l’Administration du Territoire et son collègue de la Sécurité publique de prendre leurs responsabilités (en infligeant des sanctions administratives appropriées à ce chef de canton et ses assesseurs impliqués dans cette affaire), et au gouverneur du Moyen Chari de donner tous les moyens nécessaires aux magistrats pour mettre le plus rapidement ses tortionnaires en prison afin d’attendre la tenue de la prochaine cession criminelle à Sarh. Il n’y a que la cession criminelle pour ce jugement.

Correspondance particulière d’un défenseur des Droits de l’Homme au Moyen-Chari

26/01/2025

/ : Votre journal s'est entretenu avec Sosthène Mbernodji, écrivain, journaliste et président de l'Association des Écrivains et Auteurs du Tchad (ASEAT).

Au cours de cet entretien, plusieurs questions ont été abordées avec Sosthène Mbernodji, notamment la littérature, la lecture, le mois du livre et de la lecture, ainsi que ses engagements en faveur de la promotion de la lecture et de l'écriture.

: Bonjour, pouvez-vous vous présenter brièvement à nos abonnés?

SOSTHENE MBERNODJI: Je suis Sosthène Mbernodji, enseignant de français par ailleurs journaliste, collaborateur à FM Liberté. Mais je suis fondamentalement promoteur du livre à travers le festival "Le Souffle de l'harmattan" que je dirige depuis 11 ans. Mais aussi et surtout je suis le président de l'Association des écrivains et Auteurs du Tchad (ASEAT). Je suis également éditeur à travers une petite maison d'édition appelée les éditions "Le Souffle".

: Que représentent pour vous la littérature et la lecture?

SM: La littérature est l'ensemble des œuvres écrites auxquelles on reconnaît une originalité, une certaine esthétique selon les définitions. La littérature, c'est simplement l'expression des préoccupations humaines. Les ancêtres des écrivains sont les griots, les troubadours, ou encore les scribouillards. Le livre a évolué, du papyrus on est arrivé aux tablettes, aux versions papiers et tout.
Maintenant la lecture, c'est quelque chose de magique, de très important dans la vie de toute personne. Qu'on soit élève, étudiant ou professionnel. Eh bien lire a des avantages insoupçonnés. Je ne peux qu'encourager les gens à s'adonner à cette activité livresque, à savoir la lecture.

: Quelles sont vos contributions et vos efforts pour le développement de la littérature tchadienne ?

SM: Je mène une lutte, une bataille sur le terrain littéraire. Déjà à travers le festival "Le Souffle de l'Harmattan", la onzième édition vient de se dérouler, on prépare la douzième édition. Un festival qui a douze ans. Ce festival vise essentiellement à faire la promotion de la littérature tchadienne à travers les œuvres, à travers la lecture et tout ce qui accompagne. J'ai également créé en 2009 une émission appelée "Café littéraire" sur la FM Liberté. Cette émission donne la parole, fait une part belle aux auteurs, aux écrivains, à la littérature qu'elle soit classique ou moderne. Elle ouvre parfois la brèche pour parler des œuvres aux programmes scolaires, des différentes méthodologies de dissertation, des commentaires composés, de la contraction des textes, etc. Donc le combat est à tous les niveaux. J'ai porté la voix et l'engagement littéraire du Tchad à l'étranger, à travers les différents salons du livre, les différents festivals, qu'ils soient en Afrique ou ailleurs. Puisqu'en 2023, j'étais en France au festival des cultures africaines appelé "AfrikaJar", dont le Tchad était le pays invité d'honneur. On était deux écrivains accompagnés des autres artistes pour porter la voix et l'engagement littéraire du Tchad à Kajar, qui est situé à 150 kilomètres de Toulouse, au sud de la France. J'ai été également invité aux états généraux du livre à Tunis. A travers le combat que je mène ici pour la lecture, ce travail est reconnu. Voilà pourquoi, de temps à autre, je suis invité à ces différentes rencontres qui se passent en Afrique ou ailleurs.

: Il est souvent constaté que la majorité des Tchadiens ne s'intéressent pas à la lecture. Selon vous, quelles en sont les principales causes?

SM: Il y a de nombreuses raisons mais les principales sont, entre autres, le fait qu'on n'ait pas une politique du livre au Tchad. Et puis, il n'y a pas assez d'événements littéraires chez nous. La lecture ne doit pas être un acte spontané. Ça doit être un comportement, une habitude intégrée dans le quotidien. Si, au niveau de la famille, les parents ne donnent pas l'exemple de lecture, les enfants ne vont pas lire. Il faut inculquer le goût de lecture dès le bas âge aux enfants. Et puis, les professeurs de français ont une grande part de responsabilité également. Ce sont eux qui transmettent l'amour du livre aux enfants, aux apprenants, aux élèves. Eux aussi doivent faire montre et même preuve de beaucoup de tact et d'exemplarité afin que les enfants suivent leurs pas. J'ai été invité le 21 novembre dernier au lycée français Montagne à l'occasion de la journée internationale des professeurs de français pour animer des ateliers d'écriture. Dans nos lycées classiques, il n'y a pas d'atelier d'écriture. Il va falloir qu'on organise des ateliers d'écriture et ceux qui doivent montrer le chemin sont des professeurs français. Et le challenge est là.

:Quelle analyse faites-vous des mois du livre et de la lecture de la première édition jusqu'à la plus récente?

SM: Le mois du livre et de la lecture est une initiative de Mahamat Saleh Haroun, alors ministre de la culture. Moi, j'étais aux premières loges de cette activité en 2017. Mahamat Saleh Haroun avait d'abord convié tous les maillons de la chaîne littéraire, qu'on soit écrivain, éditeur, libraire, bibliothécaire et même lecteur, on était tous convié au Musée national où l'on a échangé. C'est après cet échange que l'idée d'organiser une activité ministérielle étatique est venue et il l'a actée en signant un arrêté. Aujourd'hui, cette activité est dévoilée de sa mission première. Avec ce que vous avez vu, vous êtes journaliste. Mahamat Saleh Haroun lui-même qui a initié, avait critiqué puisque à l'origine, le mois du livre, tout comme la littérature et même la culture, vise à rassembler. On ne fait pas de l'ostracisme en culture. Or moi, en tant que président de l'association des écrivains, je n'ai pas été invité à la dernière édition du mois du livre. Cela explique l'idée haineuse de rejet, de copinage que ceux-ci font montre. Et puis, à l'origine, le mois du livre n'avait que le grand prix littéraire national. Aujourd'hui, ils ont créé le prix des jeunes, le prix de la femme, le prix en arabe et on aura peut-être bientôt le prix des enfants. Cela devient quelque chose de banal. La littérature, ce n'est pas d'ériger de barrière, c'est de construire plutôt de passerelle. A l'allure où vont les choses, si l'on ne recadre pas cette activité, on est en train d'aller tout droit au mur. Voilà pourquoi on a sonné l'alerte en invitant surtout les organisateurs, à travers la maison de patrimoine culturelle, qui dépend du ministère en charge de la culture, de savoir raison garder et de rectifier certaines choses.

: Selon vous, quelle est la différence entre la génération précédente et actuelle des écrivains tchadiens ?

SM: C'est une complémentarité parce qu'il y avait ceux qui ont commencé, les pionniers, ceux qui sont venus par la suite, par vague successive de tous les temps, les gens animent la scène littéraire. C'est vrai ceux qu'on considère encore aujourd'hui comme des classiques, à l'instar de Baba Moustapha, Ndjekeri, Joseph Brahim Seid, ou autres, avaient la qualité littéraire. Tous les textes littéraires de nos jours laissent à désirer. Il y a des textes dont on peut interroger la littéralité. Mais il y a un engouement vif autour du travail de l'écrivain de manière générale et de l'écriture de manière spécifique. Il va falloir que toutes ces choses soient accompagnées par une dynamique qui puisse nous aider à sortir la tête de l'eau. Voilà pourquoi, nous, au niveau de l'association des écrivains, nous envisageons d'organiser des journées de réflexion de la littérature tchadienne, qui apparaissent comme une sorte de colloque où on va problématiser tous nos problèmes et lister des solutions et j'ai envie de faire des plaidoyers. Votre média (Tchadmedia) pourra y être invité.

: Via vos publications sur Facebook, vous avez annoncé que 2025 sera une année de lecture, quelles sont les raisons qui vous ont poussé à faire cette déclaration ?

SM: C'est un slogan qui consiste à inciter les uns et les autres à aimer la chose de l'esprit et bien plus le livre et la lecture parce que nous constatons qu'il y a une désaffection assez nette qui se dégage du côté de la chose de l'esprit et notamment du livre. Les bibliothèques sont désertes, elles n'ont plus de visiteurs (lecteurs). Au niveau des écoles, il n'y a plus de compétition autour de la littérature donc il va falloir revenir aux fondamentaux, essayer d'inciter les uns les autres à lire, à aimer la lecture, à aimer la littérature. Ça sonne comme un challenge mais aussi une sorte de gageure. Mais il va falloir s'y mettre parce que c'est le travail de tout le monde. Le combat pour la lecture, pour le livre, c'est le travail de tout le monde. De vous médias, des parents, des élèves, des acteurs du livre, de tout le monde. En associant nos forces, l'intérêt envisagé qui est celui des enfants ou des apprenants peut avoir une sorte de solution.

: Pouvez-vous nous parler de votre festival international Le Souffle de l'Harmattan ?

SM: Le Souffle de l'Harmattan, c'était une réflexion d'un groupe d'amis qui a donné naissance à ce festival qui est à sa 11e édition. On a déroulé la 11e édition l'année dernière. Au départ, il vise simplement à mettre en visibilité la littérature tchadienne, dans le corpus mais aussi les nouveaux noms ne font que s'augmenter. Chaque jour, on assiste à de nouveaux écrivains qui présentent leurs textes. C'était ça l'idée au départ. De fil en aiguille, le festival est devenu un festival de promotion du livre africain puisque qu'on a reçu ici des auteurs venus de la Côte d'Ivoire, à l'instar de Kamara Nangala, du Burkina, du Sénégal, du Cameroun, du Gabon et bien d'autres pays donc cela prouve l'engouement, l'intérêt que les gens accordent à ce festival qui n'est plus un festival littéraire tchadien, mais un festival de promotion du livre africain.

: À travers ce festival, vous mettez en avant les valeurs et les contributions des acteurs des livres tchadiens et africains. Quels sont vos résultats ?

SM: De nombreux festivaliers nous ont fait des retours après avoir participé à une édition ou à une autre du festival, ils sont arrivés à produire leurs livres, leurs textes. Puisqu'à certaines éditions, on organise des ateliers d'écriture ou des masterclass dans tel genre ou tel autre. Il y a un ami venu du Gabon pour apprendre du Souffle de l'Harmattan et est allé lancer son festival à Libreville. Donc, on a servi de cadre d'école aux autres.

: Comment incitez-vous les gens à la lecture ?

SM: A travers le challenge comme on a lancé 2024 année du livre et de la lecture et des écrivains où pas mal de gens ont posté leurs photos en train de lire. Parce que la littérature convoque les imaginaires. Elle fait appel beaucoup plus à l'exemplarité. Donc, si on ne montre point le chemin aux enfants, on ne va pas les accuser de ne pas avoir fait mieux donc il est question de multiplier ces activités et d'inciter les uns les autres à lire. Et puis, on va sortir tous gagnants.

TM: Nous sommes pratiquement arrivés à la fin de notre entretien. Quel message ou conseil aimeriez-vous adresser à nos abonnés ?

SM: Alors, à vos abonnés, je voudrais lancer un message. Celui de les encourager à lire, mais bien plus à écrire. Puisque tout grand lecteur est potentiellement un écrivain. Et donc, il faut lire et lire encore.

: Merci d'avoir accepté de répondre à nos questions.

SM :C'est à moi de vous remercier.

Entretien réalisé par Djekoredom Armel

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