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Gounou-gaya le 18 mars 2025, N°002Banque de temps Dans un monde où les échanges monétaires sont souvent au cœur des tran...
18/03/2025

Gounou-gaya le 18 mars 2025, N°002

Banque de temps

Dans un monde où les échanges monétaires sont souvent au cœur des transactions, un concept novateur émerge, celui de la banque de temps. Ce système permet à chacun de "déposer" ou "retirer" des heures de travail, selon ses compétences, dans le but de réaliser des échanges de services sans recours à l'argent. L'idée sous-jacente de la banque de temps est simple : échanger du temps contre du temps, valoriser les savoir-faire et l'expertise de chaque individu, sans que la monnaie n'intervienne. Mais quel rôle pourrait-elle jouer dans le développement de l'écosystème entrepreneurial comme celui du Tchad ?
L'écosystème entrepreneurial tchadien est encore en pleine construction et fait face à plusieurs défis : manque de financement, infrastructures limitées, et souvent, des entreprises en phase de démarrage qui peinent à accéder aux ressources nécessaires pour croître. C’est ici qu’une banque de temps pourrait devenir un levier essentiel. En permettant aux jeunes entrepreneurs, souvent sans fonds propres suffisants, d'échanger des services entre eux (par exemple, un graphiste qui aide un développeur à créer un site web en échange de conseils en gestion ou de communication), elle participe à l'émergence d'une économie de la solidarité et de l'entraide. Ce type de mécanisme réduit les barrières économiques et donne aux entrepreneurs la possibilité de développer leurs projets sans nécessiter de grosses sommes d’argent au départ.
De plus, la banque de temps permet de renforcer les liens au sein de la communauté entrepreneuriale. Elle incite à la collaboration, favorise l’échange de compétences et donne une opportunité de réseautage efficace, tout en encourageant les jeunes talents à se soutenir mutuellement dans un environnement souvent perçu comme difficile.
Cependant, la mise en place de la banque de temps dans un pays comme le Tchad nécessite certaines conditions. Il faut d’abord une plateforme, physique ou numérique, pour organiser les échanges. La confiance et la transparence sont également primordiales, car chaque acteur doit avoir la certitude que son temps sera respecté et qu'il pourra obtenir en retour ce dont il a besoin. La création de règles claires et la mise en place d’un système de validation des échanges seront donc indispensables.
Malgré ses avantages, certains des entrepreneurs les plus établis dans l'écosystème tchadien refusent de s'engager dans des échanges de temps avec les débutants. La raison principale réside dans la crainte de "perdre du temps". Les entrepreneurs plus expérimentés estiment que les jeunes manquent souvent de compétences ou de professionnalisme, ce qui peut rendre les échanges de services inefficaces ou infructueux. Cette réticence peut également découler de la peur de dévaloriser leurs services ou de voir leur réputation ternie par des échanges qui ne sont pas à la hauteur de leurs attentes. Ainsi, pour que la banque de temps fonctionne pleinement, il faudra aussi que les acteurs les plus expérimentés acceptent de donner leur chance aux jeunes, en reconnaissant la valeur de l’apprentissage et de l’évolution des compétences dans le temps.
En conclusion, la banque de temps représente un outil puissant pour stimuler l’entrepreneuriat au Tchad. Cependant, son succès dépendra de la mise en place de conditions de confiance, d’une gestion adéquate des échanges et de l’acceptation des différents acteurs à collaborer, quel que soit leur niveau d’expérience.

A chacun son hameçon !

Illustration : Pixabay

M. NODJIAM Timothée, Coordonnateur de l’ARS

14/03/2025

Gounou-gaya le 14 mars 2025, N°001

Les retraités, une ressource précieuse négligée

Dans un monde où le progrès semble se nourrir de l’innovation et de la jeunesse, il est essentiel de rappeler que l’une des plus grandes forces d’une nation réside dans l’expérience et le savoir accumulé. Les retraités, cette population souvent mise à l’écart, possèdent pourtant des compétences et une expertise inestimables qui, si elles étaient davantage valorisées, pourraient jouer un rôle crucial dans le développement de notre société.
Malheureusement, ces anciens travailleurs, ayant consacré leur vie au service de divers secteurs, se retrouvent souvent dans une situation de précarité sociale, confrontés à une multitude de défis, notamment l’insécurité et l'isolement. Malgré leurs années d'expérience et de dévouement, ils se retrouvent souvent désœuvrés, perdus dans un système qui ne reconnaît pas leur valeur. Parmi eux figurent des professionnels ayant occupé des postes clés dans leurs domaines respectifs, des cadres et des experts qui, au moment de leur retraite, devraient être des moteurs de développement, mais qui, hélas, sont souvent laissés pour compte.
Or, la réalité est qu’ils constituent une ressource précieuse, encore pleine de potentiel. Leur savoir-faire, conseil et expérience de terrain peuvent être d'une aide capitale pour les jeunes générations, aujourd’hui confrontées à un manque cruel de repères. En effet, l’idée de permettre à ces retraités de s'investir dans des projets collectifs ou d'intégrer des groupes d’intérêt économique pourrait non seulement offrir une seconde vie à ces compétences, mais aussi aider à encadrer les jeunes dans leurs parcours professionnels. Pourquoi ne pas les accompagner dans la création de petites entreprises ou leur permettre d’accueillir des stagiaires au sein de leurs organisations, afin qu’ils puissent transmettre leur savoir-faire et orienter les plus jeunes vers des perspectives solides ?
Il est aussi important de souligner que certains retraités possèdent encore une grande vigueur physique, tandis que d’autres disposent d’une acuité intellectuelle précieuse. Il est donc essentiel de les orienter en fonction de leurs capacités et de leurs énergies. Ceux en pleine forme physique pourraient participer à des travaux manuels ou de terrain, tandis que ceux dont l’esprit est encore vif pourraient se consacrer à des tâches intellectuelles, à la formation, ou encore à des projets de conseil. Chacun a un rôle à jouer, selon sa force et son potentiel.
Nous avons pris beaucoup de re**rd dans la mise en place de tels dispositifs, mais il n’est jamais trop t**d. Une nation qui néglige ses retraités perd une partie de son potentiel. Il vaut mieux, certes, avoir un "soldat bossu" que de ne rien avoir du tout. Il est grand temps de mettre en lumière cette richesse encore méconnue, et d’ouvrir les portes de l'avenir à ceux qui ont déjà tant donné à la nation.
Les retraités ne doivent pas être une génération à oublier, mais bien une génération à valoriser pour l’avenir. Il est urgent d’agir.

A chacun son hameçon !

Illustration : Shutterstock

M. NODJIAM Timothée, Coordonnateur de l’ARS

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