10/10/2026
10 OCTOBRE | JOURNÉE MONDIALE DE LA SANTÉ MENTALE.
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, la Ligue Tchadienne des Droits des Femmes (LTDF) rappelle que la santé mentale est un droit humain, et non un privilège. Elle ne se résume pas à l’absence de maladie : elle concerne notre équilibre émotionnel, notre dignité, notre capacité à vivre, à aimer, à apprendre et à construire notre avenir.
Au Tchad, comme ailleurs, les violences basées sur le genre, les discriminations, les pressions familiales et sociales, la précarité ou encore le harcèlement peuvent profondément affecter le bien-être psychologique des femmes et des jeunes filles. Peut-on réellement parler d’égalité lorsque tant de femmes doivent sacrifier leur paix intérieure pour répondre aux attentes de la société ?
À nos jeunes sœurs, nous voulons dire ceci : vous avez le droit de ne pas aller bien.
Vous avez le droit d’être fatiguées, de pleurer, de douter, de dire non, de poser vos limites et de demander de l’aide.
Vous n’avez pas à être fortes tout le temps, à porter seules les problèmes de votre famille, à accepter une relation qui vous détruit ou à sourire pour cacher votre souffrance.
Votre valeur ne dépend ni de vos résultats scolaires, ni de votre apparence, ni de votre situation amoureuse, ni de votre capacité à satisfaire tout le monde.
Votre paix intérieure compte.
Votre voix compte.
Votre vie compte. Et non, souffrir en silence n’est pas une preuve de courage !
Alors, chères jeunes sœurs, prenez soin de vous : accordez-vous du repos, apprenez à reconnaître vos émotions, éloignez-vous autant que possible des relations toxiques, parlez à une personne de confiance lorsque quelque chose vous pèse et n’hésitez pas à rechercher un accompagnement professionnel lorsque vous en ressentez le besoin. Ne banalisez pas les humiliations, les menaces, les violences ou le harcèlement sous prétexte que « c’est la vie » ou que « toutes les femmes vivent cela ». Vous n’êtes pas obligées de tout supporter pour être aimées, respectées ou acceptées.
Et si une amie vous confie sa souffrance, écoutez-la sans la juger, sans minimiser ce qu’elle ressent et sans lui imposer vos solutions. Parfois, être présente et orienter vers une aide adaptée peut déjà faire une différence.
En cette journée, la LTDF appelle les familles, les établissements scolaires, les communautés, les institutions et les décideurs à faire de la santé mentale une véritable priorité.
Nous avons besoin d’espaces sûrs, de services d’accompagnement accessibles, d’une éducation qui protège et de sociétés où demander de l’aide n’est ni une honte ni une faiblesse.
Prévenir les violences faites aux femmes, lutter contre les discriminations et garantir leur liberté et leur autonomie, c’est aussi protéger leur santé mentale.
Chéres jeunes sœurs, qu’aimeriez-vous que notre société comprenne enfin sur la santé mentale des jeunes filles ? Brisons les tabous, libérons la parole et construisons ensemble un environnement où personne n’aura plus à souffrir en silence.
La Ligue Tchadienne des Droits des Femmes : pour qu’elles ne soient plus jamais seules.