08/06/2026
Fatima Zakaria Ibrahim, 25 ans, était étudiante en première année de droit à El-Dinéné, au Soudan. Son ambition était de devenir conseillère juridique. Animée par un profond altruisme, elle consacrait déjà son temps libre au bénévolat dans un centre de nutrition local.
Le conflit au Soudan a brutalement interrompu ses rêves. Durant le mois de Ramadan, l'insécurité a forcé sa famille à une vie d'errance entre leur domicile et des sites de fortune.
« Nous vivions dans un stress permanent, avec le strict minimum alimentaire, prisonniers de l'insécurité », se souvient-elle.
La fuite vers le Tchad a été un déchirement. Faute de moyens, la famille a dû se séparer. Fatima est restée avec ses parents âgés, tandis que ses frères partaient en éclaireurs. Le voyage a été tragique : Fatima a perdu un frère et une vingtaine de proches lors de ces déplacements périlleux.
Pour financer leur survie et le transport vers la frontière, la famille a dû vendre l'intégralité de ses biens.
À leur arrivée sur le site de transit d’Adré, Fatima et ses parents ont été pris en charge par les autorités et les acteurs humanitaires. Après des retrouvailles émouvantes avec ses frères et une attente de cinq mois, la famille a été réinstallée dans le camp d'Allacha, bénéficiant d'un abri et d'une assistance alimentaire régulière.
Refusant la passivité, Fatima a cherché à se rendre utile. Reconnue pour son dynamisme, elle a été désignée par le chef de son bloc pour devenir Agent de Santé Communautaire (ASC) avec le soutien de Première Urgence Internationale (PUI), dans le cadre d'un projet financé par la Direction générale de la protection civile et des opérations d'aide humanitaire européennes (DG ECHO).
Grâce aux formations techniques et à l'accompagnement de PUI, Fatima est aujourd'hui un pilier de son camp. Elle sensibilise les familles aux bonnes pratiques de santé et assure le suivi des enfants malnutris.
« Être ASC m'a redonné espoir et un rôle dans la société », confie-t-elle avec fierté.
Malgré les traumatismes, Fatima regarde vers l'avenir. Elle ne souhaite pas s'arrêter là : son projet est de fonder une association avec ses collègues afin de promouvoir durablement l'éducation et la santé communautaire.
Fatima n'est plus seulement une survivante ; elle est une actrice du changement au sein du camp d'Allacha.