31/05/2026
À Mao, la population vit une crise aiguë en matière d’accès à l’eau potable. Les ménages, confrontés à la rareté des infrastructures hydrauliques, ont tenté de trouver des solutions alternatives en installant des forages électriques. Ces dispositifs, reliés au réseau d’électricité, permettent de puiser de l’eau et de la partager avec les voisins, créant ainsi une dynamique de solidarité communautaire. Cependant, cette initiative reste fragile, car elle dépend directement de l’électricité, une ressource elle-même rare et instable dans la ville. Le courant n’est fourni qu’une seule fois par semaine, pour une durée de deux à trois heures, ce qui limite drastiquement la disponibilité de l’eau et accentue la vulnérabilité des habitants.
Cette situation est vécue par la population comme une injustice profonde. Alors que la majorité des ménages souffrent de coupures prolongées et de privations, certains bénéficient d’un accès permanent à l’électricité. Ce privilège, perçu comme une discrimination flagrante, nourrit un sentiment de frustration et d’exclusion sociale. L’eau, qui devrait être un bien commun et un droit fondamental, devient le symbole d’une inégalité criante : d’un côté, une minorité privilégiée qui jouit d’un confort continu, et de l’autre, une majorité contrainte de lutter quotidiennement pour satisfaire ses besoins vitaux.
Les conséquences de cette double crise — hydrique et énergétique — sont multiples et graves. Sur le plan sanitaire, l’accès limité à l’eau potable entraîne une recrudescence des maladies hydriques, mettant en danger la santé des enfants et des personnes vulnérables. Sur le plan social, les femmes et les enfants consacrent une grande partie de leur temps à la recherche d’eau, au détriment de l’éducation et des activités économiques. Sur le plan économique, la productivité est freinée par la fatigue et la perte de temps, tandis que les ménages les plus pauvres, incapables de recourir à des solutions alternatives, se retrouvent marginalisés. Enfin, cette situation alimente une défiance croissante envers les institutions, car l’inégalité d’accès à l’électricité et à l’eau est vécue comme une atteinte à la dignité et aux droits fondamentaux.
Mao ne doit pas rester une ville assoiffée. L’eau est un droit fondamental, et l’électricité, qui conditionne son accès, doit être distribuée de manière équitable.
L’eau est un bien commun essentiel à la vie et à la santé de tous. Parce qu’elle conditionne notre avenir collectif, son accès ne doit jamais devenir une source de tensions ou d’inégalités. Sa gestion doit reposer sur la responsabilité partagée, la solidarité et la coopération au sein de notre communauté. Plus qu’une simple ressource, l’eau doit être considérée comme un facteur de cohésion, d’apaisement et de paix, au service du bien commun.
C'est pourquoi, animé de l'esprit de responsabilité envers les plus vulnérables pour l'accès aux biend communs que sont l'eau et l'électricité, L’AJEDK lance un appel solennel aux autorités nationales, aux partenaires techniques et financiers, ainsi qu’à la société civile pour que la dignité des habitants de Mao soit enfin respectée.