19/09/2024
LES INONDATIONS : ENTRE MAUVAIS CHOIX D'AMENAGEMENT ET REPONSE DE LA NATURE FACE AUX OFFENSES (REFLEXION SYNOPTIQUE)
Comme l'attestait le feu professeur DIAKHATE M. M. dans L'aménagement du territoire au Sénégal: Principes, pratiques et devoirs pour le XXIe siècle, « se projeter dans le temps et dans l'espace est la caractéristique essentielle qui permet à une Nation de se fonder, de se développer et de se pérenniser [...] L'aménagement du territoire est un processus dont le déroulement s'effectue en fonction de paramètres multiples et complexes qui s'interpénètrent, se rejettent ou se complètent touchant à l'histoire, la géographie, la sociologie, l'économie, le droit, la culture ou encore la géopolitique ». Ceci renforce davantage l'idée selon laquelle cette activité d’organisation de l’espace est multidisciplinaire avec beaucoup d’acteurs.
Mais, entre inexistence de schémas sectoriels d'aménagement ou parfois l’incompatibilité avec ceux nationaux et une confusion entre la gestion des ressources naturelles et celle du territoire sans se soucier des plans initiaux, les politiques, en matière d’organisation de l’espace, s’inscrivent dans la logique de ponte d’équipements et d'infrastructures sous forme de réponse à une demande sociale mais pas comme une solution durable.
Le constat est que les pratique, dans ce domaine, produisent un étalement en longueur et des inégalités sur l’espace poussant à la destruction des barrières de protection naturelle comme les forêts, l’occupation des zones non aedificandi et des voies naturelles de l’eau.
Problématique : Comment trouver l’optimum de répondre efficacement aux besoins d'habitat des populations et de sauvegarder les écosystèmes humides dans les plans d’aménagements en vue de stocker les énormes pertes d’eau de pluie ?
Une approche participative à deux niveaux d’application :
- ECHELLE NATIONALE consistant à aménager et renforcer le développement par la décentralisation via Acte 3 et l’érection de pôles territoriaux ;
- ECHELLE LOCALE : mettre en place de techniques et technologies appropriées pour exploiter ces potentialités hydrologiques et pluviométriques vue sous l’angle problématique d’inondation.
En ce sens, c’est important de faire intervenir L’ASPECT ENVIRONNEMENTAL dans l’aménagement par la création de protections végétales autours des zones vulnérables à conserver, par un reboisement jouant le rôle de briser les courants et l’intensité de l’écoulement.
De plus, il faut compléter avec l’aménagement de zones d'infiltration des eaux de pluies (bassin de rétention) ; et libérer les anciennes voies d'eau à l'aide de conduites souterraines pour éviter les interactions avec le réseau routier ou avec certains quartiers à forts risques d'inondation (selon l’avis Dr. Faye C. T.).
Du POINT DE VUE HYDROLOGIQUE, il est important de prendre en compte la disposition des bassins versants (inclinaison du terrain pour les profanes) dans les plans de lotissements afin d'éviter de construire dans des zones à risque et respecter une meilleure application des textes en matière de vocation du foncièr.
Et pour combler le tout, il faut une « politique du Bulldozer » pour corriger et l'assainir les zones à usage d'habitation qui en sont dépourvues et appliquer le principe « d’aménager d’abord » dans les futures zones.
Pourtant, la majeure partie des villes inondées sont situation de manque d’eau (comme la ville sainte de Touba). Ce qui peut être ironisé comme « un paradoxe hydraulique » comme l'ont montré mes recherches lors de mon mémoire de Master de Géographie/ option Hydrologie et aménagement, « les pays du Sahel ne manquent pas d’eau mais c’est la disponibilité et l’accès qui en sont les problèmes ».
Donc, rien que des pompages permanents des nappes par des forages permettraient une solution durable non-négligeable de ce fléau et de propulser le développement d’activités horticoles et agriculture hors saison.
Mouhamadoul Moukhtar Ndiaye