30/01/2025
Les gens ont une grande facilité à porter de beaux costumes et à raconter des énormités. Vous avez le droit de ne rien comprendre, mais évitez de faire la promotion de votre inculture sur la place publique.
P.S. : Vos chiffres sur le nombre d’ambassades et de consulats sont totalement faux.
Réduction du Train de Vie de l’État – Proposition #2
Pourquoi supprimer 90 % des ambassades est une nécessité ?
———
Les États modernes doivent évoluer et s’adapter aux réalités du XXIe siècle. On ne peut plus gérer un État en 2025 comme on le faisait en 1925.
Les ambassades sont un héritage des grands empires du Moyen Âge et de la Renaissance. À l’époque, les royaumes et les empires devaient envoyer des représentants permanents dans d’autres pays pour négocier des traités, sécuriser des alliances et relayer les décisions du monarque.
Les déplacements étaient longs et risqués, les communications se faisaient par lettres et messagers, et il fallait plusieurs jours voire des semaines pour transmettre des informations entre capitales.
Avec l’essor des empires coloniaux, cette pratique a été conservée et adaptée au système diplomatique des États modernes. La France, l’Angleterre et les autres puissances européennes ont développé un vaste réseau d’ambassades à travers le monde pour gérer leurs relations internationales et assurer leur influence politique.
Après les indépendances africaines, les nouveaux États, y compris le Sénégal, ont simplement copié ce modèle sans réellement questionner sa pertinence dans un contexte postcolonial. Les ambassades sont ainsi devenues un symbole du prestige de l’État, plutôt qu’un outil efficace au service de la diplomatie.
Mais en 2025, ce modèle est obsolète.
Aujourd’hui, le monde a changé.
Les communications sont instantanées : En un clic, un ministre ou un président peut discuter avec son homologue à l’autre bout du monde. Les négociations ne nécessitent plus d’intermédiaires permanents basés à l’étranger.
Les organisations internationales ont remplacé une partie du rôle des ambassades : L’Union Africaine, la CEDEAO, l’ONU et d’autres instances permettent aux États de dialoguer sans passer par des ambassades bilatérales coûteuses.
Les déplacements sont plus rapides et moins coûteux : Un diplomate peut aujourd’hui se rendre en quelques heures dans n’importe quel pays pour une mission spécifique, sans qu’il soit nécessaire d’y maintenir une ambassade en permanence.
Maintenir une ambassade coûte extrêmement cher. Ce ne sont pas seulement des bureaux administratifs :
Les ambassadeurs vivent comme des chefs d’État en miniature :
Ils disposent de logements de luxe payés par l’État dans les quartiers les plus chers des grandes villes.
Location ou achat de bâtiments imposants.
Coût d’entretien des locaux.
Organisation d’événements diplomatiques et réceptions aux frais de l’État.
Ils bénéficient d’un personnel dédié : chauffeurs, cuisiniers, assistants, secrétaires, etc.
Ils disposent de voitures de fonction, de frais de voyage, et d’allocations diverses.
Le plus choquant : au Sénégal, les épouses des ambassadeurs sont payées 500 000 FCFA par mois, sans aucune mission officielle, uniquement pour leur statut !
Le modèle actuel repose sur une vision archaïque du prestige diplomatique, où chaque pays devait montrer sa présence physique à l’international.
Que proposons-nous ?
Nous proposons de supprimer 90 % des ambassades du Sénégal, et de conserver uniquement celles qui sont réellement stratégiques et essentielles.
Un réseau diplomatique optimisé
Nous suggérons de réduire le nombre d’ambassades à 5, situées dans des pôles clés :
1. Addis-Abeba : Pour les relations africaines
2. Bruxelles : Pour gérer toutes les relations avec l’Union Européenne.
3. Washington : Pour couvrir les relations avec les États-Unis et l’Amérique du Nord.
4. Pékin : Pour la Chine et l’Asie.
5. Genève ou New York : Pour l’ONU et les institutions internationales.
Tous les autres pays pourront être couverts par des consulats et des missions diplomatiques temporaires en fonction des besoins.
Contrairement aux ambassades, les consulats ont un rôle crucial : ils gèrent les documents administratifs des Sénégalais de l’étranger (passeports, état civil, assistance en cas de besoin).
Nous proposons de renforcer les consulats, en les modernisant pour offrir des services plus efficaces aux citoyens. Nous y reviendrons.
Le Principe 80/20 : Un modèle de rationalisation appliqué aux ambassades
Le principe de Pareto, connu sous le nom de loi du 80/20, stipule que 80 % des résultats proviennent de 20 % des efforts ou des ressources. Appliqué à la diplomatie sénégalaise, cela signifie que 80 % de nos intérêts internationaux peuvent être gérés avec seulement 20 % de nos ambassades.
Une Application logique du 80/20 à la diplomatie
80 % des échanges commerciaux et des investissements étrangers proviennent de moins de 10 pays (France, Chine, États-Unis, Maroc, Turquie, etc.).
80 % des relations diplomatiques stratégiques se jouent dans quelques pôles majeurs (ONU, Union Européenne, CEDEAO, UA).
80 % des Sénégalais de l’extérieur vivent dans une poignée de pays, où des consulats suffisent à assurer leur prise en charge administrative.
À l’inverse, des ambassades dans des pays secondaires, où les échanges avec le Sénégal sont marginaux, n’ont aucune justification économique ni stratégique.
Plutôt que de disperser des ressources précieuses dans des pays où la présence diplomatique est symbolique, il est plus pertinent de concentrer nos efforts sur les 20 % d’ambassades qui génèrent l’essentiel des résultats.
Les États-Unis, la Chine, la France et les grandes puissances peuvent se permettre d’entretenir un réseau diplomatique gigantesque, car ils disposent de ressources financières colossales. Le Sénégal, lui, doit faire des choix stratégiques et intelligents.
Nous ne sommes plus en 1925. Nous devons réformer notre État pour le rendre plus moderne, plus efficace et plus responsable.
Dans un prochain article, nous détaillerons les économies chiffrées que cette réforme pourrait générer et comment elles pourraient être réinvesties dans des projets prioritaires.
Ameth DIALLO
Coordinateur national Gox Yu Bees