15/08/2026
Hausse des carburants : Cheikh Diaw (Pastef) fustige une mesure « antisociale » et un « reniement »
Le gouvernement sénégalais a procédé, ce samedi 15 août 2026, à un ajustement à la hausse des prix du supercarburant et du gasoil. Une décision qui ramène les tarifs à leurs niveaux d’avant la baisse du 6 décembre 2025, soit 990 F CFA/litre pour le super (+70 F CFA) et 755 F CFA/litre pour le gasoil (+75 F CFA). Dans la foulée, Cheikh Diaw, coordonnateur du mouvement « Sunu Kaolack 2027 » et cadre du parti Pastef, a vivement critiqué cette orientation, qu’il juge contraire aux engagements sociaux pris par la mouvance présidentielle.
Dans un communiqué officiel, le ministère de l’Énergie et du Pétrole justifie cette mesure par le contexte international tendu. Il évoque le conflit au Moyen-Orient, qui a provoqué une flambée des cours du brut : sur la période du 13 juillet au 15 août 2026, les prix réels du gasoil et du supercarburant ont grimpé respectivement de 26,6 % et 12 %. Depuis le début du conflit, ces hausses atteignent même 69 % et 61 %. Face à cette situation, l’exécutif met en avant l’impératif budgétaire : les subventions pour le secteur aval des hydrocarbures sont estimées à plus de 245 milliards de F CFA depuis janvier. Sans cet ajustement, la facture supplémentaire à supporter du 15 août au 12 septembre 2026 aurait avoisiné les 47,27 milliards.
Mais Cheikh Diaw ne goûte guère ces arguments. Interrogé par nos soins sur cette décision, il a dénoncé un « retour en arrière inacceptable ». « Le gouvernement avait fait le choix politique de ne pas répercuter les tensions internationales sur les consommateurs. Aujourd’hui, il revient sur sa parole. C’est un reniement des promesses de rupture portées par Pastef », a-t-il martelé, estimant que l’exécutif cède trop facilement aux contraintes financières au détriment du pouvoir d’achat des ménages et des transporteurs.
Le responsable politique de Kaolack s’interroge également sur la sincérité et l’anticipation de la démarche. « Le conflit a éclaté le 28 février 2026. Pourquoi avoir attendu six mois pour agir ? Pourquoi ne pas avoir progressivement lissé la hausse ou diversifié les sources d’approvisionnement ? », s’est-il interrogé, pointant du doigt une « gestion palliative » et un « manque criant de vision stratégique » dans la politique énergétique du pays.
Pour Cheikh Diaw, l’argument des subventions ne tient pas la route. « Les subventions ne sont pas une fatalité, mais un choix politique. On ne peut pas invoquer la rigueur budgétaire pour pénaliser les Sénégalais quand on a promis de rompre avec les pratiques du passé. Le gouvernement doit aller chercher des financements alternatifs ou réduire d’autres postes de dépenses, plutôt que de taper sur les populations », a-t-il lancé, appelant à un « sursaut citoyen ».
À l’heure actuelle, aucune réaction officielle du ministère de l’Énergie et du Pétrole n’a été rendue publique en réponse aux déclarations de M. Diaw. Cette controverse intervient dans un climat social déjà tendu, alors que le pouvoir d’achat demeure la première préoccupation des Sénégalais. Cheikh Diaw, lui, promet de « continuer à alerter sur les dérives » et de « porter sans faillir la voix des populations » dans les semaines à venir. Une position qui pourrait raviver les tensions au sein de la mouvance présidentielle, alors que le gouvernement tente de conjuguer rigueur budgétaire et justice sociale.