04/07/2026
Déclaration du Réseau africain de lutte contre les discriminations fondées sur le travail et l’ascendance (DWD), les formes contemporaines d’esclavage et les violations connexes des droits humains (ANDS), hébergé par TrustAfrica
Dakar, le 4 juillet 2026
Le Réseau africain de lutte contre les discriminations fondées sur le travail et l’ascendance (DWD), les formes contemporaines d’esclavage et les violations connexes des droits humains (ANDS), hébergé par TrustAfrica, exprime sa profonde préoccupation et condamne avec la plus grande fermeté la répression violente d’un rassemblement pacifique survenue le 1er juillet 2026 devant le tribunal de Nouakchott-Ouest, en Mauritanie.
Selon les informations recueillies auprès de nos partenaires et de plusieurs organisations de défense des droits humains, les forces de sécurité mauritaniennes ont fait un usage excessif et disproportionné de la force contre des manifestants pacifiques venus exprimer leur solidarité avec les députées détenues Mariem Cheikh Samba Dieng et Ghamou Salem Achour, ainsi qu’avec d’autres militants, journalistes et défenseurs des droits humains.
L’ANDS est particulièrement préoccupé par les informations faisant état des blessures subies par Biram Dah Abeid, député et président de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA-Mauritanie), ainsi que par son épouse, la militante abolitionniste Leïla Hmaida. Les allégations selon lesquelles ils auraient été spécifiquement pris pour cible lors de l’intervention policière, notamment par l’usage de substances chimiques, de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de violences physiques, sont extrêmement graves et nécessitent une enquête immédiate, indépendante, impartiale et transparente.
En tant que réseau engagé dans la lutte contre les discriminations fondées sur l’ascendance, les formes contemporaines d’esclavage et toutes les formes d’injustice et d’exclusion, l’ANDS rappelle que les droits à la liberté de réunion pacifique, à la liberté d’expression, à l’intégrité physique et à la participation politique sont des droits fondamentaux garantis par les instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits humains auxquels la Mauritanie a souscrit.
La répression de mobilisations citoyennes pacifiques et le ciblage de défenseurs des droits humains de premier plan risquent de réduire davantage l’espace civique et démocratique et de compromettre les efforts visant à construire une société fondée sur la justice, l’égalité et le respect des droits humains. De tels actes sont incompatibles avec les principes de l’État de droit, de la démocratie et du respect de la dignité humaine.
L’ANDS appelle le Gouvernement de la République islamique de Mauritanie à :
Veiller à ce que Biram Dah Abeid, Leïla Hmaida et toutes les autres personnes blessées reçoivent les soins médicaux appropriés et la protection nécessaire ;
Mener une enquête rapide, indépendante, impartiale et transparente sur les événements du 1er juillet 2026 et traduire les responsables en justice ;
Garantir l’exercice effectif du droit de réunion pacifique, de la liberté d’expression et de la participation citoyenne ;
Assurer la sécurité et le libre exercice des activités légitimes des défenseurs des droits humains, des journalistes, des militants abolitionnistes et des acteurs politiques ;
Garantir le respect des droits fondamentaux et des garanties judiciaires de toutes les personnes détenues en lien avec cette affaire.
L’ANDS appelle également la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, l’Union africaine, la CEDEAO, les mécanismes des Nations unies relatifs aux droits humains ainsi que l’ensemble de la communauté internationale à suivre de près l’évolution de la situation et à soutenir toutes les initiatives visant à protéger les libertés fondamentales et à prévenir toute nouvelle escalade.
Nous exprimons notre solidarité avec toutes les victimes de ces violences et réaffirmons notre engagement indéfectible en faveur de l’éradication de l’esclavage, de la discrimination fondée sur le travail et l’ascendance, ainsi que de toutes les violations des droits humains en Afrique.
FIN