16/04/2026
EN GAMBIE, LE BAOBAB AU CŒUR DE LA RÉSILIENCE CLIMATIQUE ET DE LA SANTÉ DES FEMMES. Dans les zones rurales gambiennes, les effets du changement climatique se manifestent de manière tangible. Hausse des températures, vagues de chaleur plus longues et plus intenses : ces évolutions affectent directement les conditions de vie et de travail des populations, en particulier celles des femmes engagées dans les activités agricoles.
Exposées quotidiennement à des conditions climatiques de plus en plus éprouvantes, ces dernières voient leur santé fragilisée, notamment pendant la grossesse. Dans ce contexte, la question de l’adaptation ne se limite pas aux infrastructures ou aux politiques publiques : elle interroge aussi les savoirs locaux et les ressources disponibles au sein des communautés.
C’est dans cette perspective que s’inscrit le projet Baobab Initiative, mis en œuvre en Gambie par PF Initiative, avec le soutien de Foundation S., et observé lors d’une mission de terrain conduite début mars 2026 par le consortium ENDA-UGB. Ce consortium porte le Programme Accélérateur régional pour l’action climatique et la résilience de la santé en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Au cœur de cette initiative, un élément familier du paysage : le baobab. Arbre emblématique des savanes africaines, il est présent dans de nombreuses communautés rurales, où il est historiquement associé à des usages alimentaires et médicinaux.
« Le baobab est un arbre très important. On le voit partout, mais beaucoup ne connaissent pas toujours sa valeur », souligne Ousman Wally, coordinateur Jeunesse et Suivi-Évaluation de Paradise Initiative.
Le projet s’appuie sur cette ressource locale pour encourager la redécouverte et la valorisation de pratiques traditionnelles liées à la nutrition et à la santé. Feuilles, fruits et pulpe du baobab sont ainsi remis au cœur des usages, dans une logique d’adaptation ancrée dans les réalités locales.
« Le baobab a toujours été là, au cœur de nos villages. Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est aider les communautés, en particulier les femmes, à se réapproprier ce savoir pour mieux faire face aux effets du changement climatique », explique un responsable du projet.
Au-delà de la valorisation d’un arbre, l’initiative repose sur une approche communautaire. Elle mobilise notamment les Badienou Gokh, figures féminines reconnues pour leur rôle de médiation sociale et de sensibilisation. Leur implication facilite la diffusion des messages et leur appropriation par les populations.
Les premiers retours de terrain témoignent d’une évolution progressive des pratiques : réintroduction du baobab dans l’alimentation, intérêt croissant pour ses vertus nutritionnelles, et émergence d’initiatives locales de plantation.
Si ces changements restent encore modestes, ils illustrent une dynamique plus large : celle d’une adaptation fondée sur les ressources endogènes et les savoirs locaux, souvent sous-exploités dans les stratégies classiques de lutte contre les effets du changement climatique.
Dans un contexte régional marqué par la vulnérabilité accrue des systèmes de santé face aux chocs climatiques, ce type d’approche ouvre des perspectives. Il met en lumière le rôle que peuvent jouer les communautés elles-mêmes dans la construction de solutions durables, à condition d’être accompagnées et soutenues.
La mission menée par le consortium ENDA-UGB a également permis d’identifier des pistes de renforcement des capacités, en vue de consolider et d’étendre ces initiatives.
À l’heure où les réponses globales au changement climatique peinent parfois à s’ancrer dans les réalités locales, l’expérience gambienne rappelle une évidence : certaines solutions existent déjà, au plus près des territoires.