21/12/2025
Le Club de Reflexion sur l’Urbain presente ses sinceres condoleances à la famille eplorée, au monde de la Geographie et des Universités, suite au rappel à Dieu du professeur emerite Yakham DIOP. Il a participé aux webinaires du CRU et ses interventions largement appreciées etaient un honneur pour la communauté.
Que le Paradis eternel soit ta derniere demeure, reposez en paix cher Professeur. 🙏🏼🙏🏼🙏🏼
NOUS PARTAGEONS CET HOMMAGE DU PROFESSEUR LATSOUCABÉ MBOW :
CE QUE JE SAIS ET GARDE DE YAKHAM DIOP.
N'ayant pu l'accompagner jusqu'à sa dernière demeure, dans sa ville de Mbour, je lui dois cet hommage ultime au nom de notre compagnonnage entre géographes de l'urbain et par devoir d'amitié.
Yakham Diop était un homme de qualité, disponible, toujours prêt à rendre service autant pour aider à régler une urgence pratique que pour trouver une solution devant un problème de géographie. Les témoignages tenus dans ce sens par ses nombreux étudiants en sont la preuve tangible. Ces derniers savaient que son savoir n'était pas que livresque ; il reflétait le signe de la culture. Yakham n'avait pas négligé ses humanités pour oublier les citations des grands auteurs latins. Il ne m'a jamais adressé de salutations sans les faire précéder de ces mots remplis d'affection : "salve carissime magister" ou bien "salve carissime amicus". Quand il commençait sa carrière au Département de géographie, il m'avait dit en effet "Moi, j'ai choisi d'être votre assistant".
Même admis à la retraite et donc délié de toute charge professionnelle, il occupait une grande partie de son temps à lire, à noter et à partager ses connaissances. Il tenait à m'envoyer ses belles trouvailles découvertes dans l'hebdomadaire Le Point, dans Le Monde, Le Figaro ou un autre journal de renom. Yakham aurait été certainement un brillant journaliste s'il n'avait choisi d'entrer dans la géographie pour ses études universitaires.
Il poursuivit celles-ci d'abord à Paris X-Nanterre puis à Dakar avant de les achever par son point de départ parisien en doctorat. Yakham avait été à Nanterre une sorte de Gavroche de l'UFR de Géographie. Il en connaissait tous les professeurs (Paul Pélissier, Alain Dubresson, Guy Burgel, Michel Sivignon, Gérard Salem...) ainsi que la nature de leurs relations intersubjectives, les personnels d'appui et bien évidemment les dirigeants étudiants pour y avoir servi comme moniteur.
Dans ses recherches en géographie, Yakham s'intéressait en particulier aux questions foncières dans la région de Dakar, objet de sa thèse de doctorat sous la direction de Michel Sivignon. Je peux témoigner du travail d'érudition qu'il a effectué sur un tel thème puisque durant cette période nous discutions régulièrement des informations contenues dans le Livre foncier et le registre des immatriculations. Sur l'histoire de la propriété foncière, il avait une expertise qui ne le cède en rien devant celle du Conservateur de la DGID.
Oui, ce n'est pas céder à l'emphase de dire qu'avec sa mort, l'Université sénégalaise perd un grand géographe. Yakham Diop aimait son métier d'enseignant et de géographe dont il s'est acquitté avec le même enthousiasme et un dévouement inchangé du début à la fin.
Vale amice carissime !