09/05/2026
Le groupe bancaire United Bank for Africa (UBA), présidé par Tony Elumelu, a frôlé la catastrophe financière en 2025.
Selon La Tribune Afrique (4 mai 2026), le résultat avant impôt de la maison-mère nigériane s’est effondré de près de 90 %, passant de 487 milliards de nairas (environ 307 millions d’euros) à 50 milliards (31 millions d’euros). Trois facteurs ont convergé : la fin de la tolérance prudentielle de la Banque centrale du Nigeria (qui a contraint UBA à provisionner 331 milliards de nairas, soit 208 millions d’euros, de créances douteuses), la disparition des gains de change liés à la dévaluation du naira, et une recapitalisation coûteuse de 395 milliards de nairas. En revanche, les filiales africaines — notamment celles des dix pays de la zone franc CFA (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Sénégal, etc.) — ont vu leurs bénéfices bondir de 53 %, contribuant à l’essentiel du profit consolidé (426 millions d’euros).
Cette dynamique révèle une vérité structurelle souvent ignorée : la stabilité monétaire de la zone CFA (parité fixe avec l’euro) constitue un avantage compétitif réel pour les banques panafricaines, malgré les débats politiques houleux sur cette monnaie. Pour la première fois, les filiales hors Nigeria représentent 51 % des actifs totaux d’UBA. Sur LinkedIn, les analystes financiers saluent la vision panafricaine d’Elumelu, qui prouve que la diversification géographique est le meilleur bouclier contre les chocs macroéconomiques nationaux. La récente nomination d’Elumelu par Emmanuel Macron à la tête de l’Africa France Impact Coalition (17 mars 2026) lui confère un rôle de pivot dans la redéfinition des relations économiques franco-africaines, avec le sommet Africa Forward de Nairobi (11-12 mai) comme première grande scène.