25/05/2021
L'Organisation de l'Unité Africaine (1963) , jeu d'alliances : les groupes de Brazzaville , Casablanca et Monrovia
La crise du Congo , qui a éclaté á l'été 1960 et qui se prolonge pendant plusieurs années , brise l'unité de facade . Autour du Ghana , les pays africains progressistes reconnaissent le gouvernement lumumbiste du vice-premier ministre Antoine Gizenga , installé á Stanleyville , tandis que les pays restés proches des anciennes métropoles coloniales décident de travailler avec le gouvernement du président Kasa-Vubu á Léopoldville (Kinshasa) . Au nord du continent , la guerre d'Algérie divise déjà les Africains entre ceux qui se veulent « révolutionnaires » et ceux que la presse qualifie de « modérés » . En octobre 1960 , le président ivoirien Houphouet-Boigny , chef de file de cette seconde catégorie en Afrique francophone , organise une rencontre á Abidjan dans le but officiel d'assurer une médiation des anciennes colonies francaises indépendantes entre la France et l'Algérie . La réunion cherche aussi á établir une position commune avant l'entrée de ces nouveaux États africains á l'ONU á la fin du mois de décembre.
C'est á partir de ce moment que les États africains se divisent sur des lignes idéologiques opposées . Des rapprochements aboutissent á la création de différents ensembles : groupes dits de Brazzaville , de Casablanca , et de Monrovia . Les divisions qui s'expriment au début des années 1960 n'empêchent pas les États indépendants , réunis á Addis-Abeba (á l'exception de l'Afrique du Sud) , de signer , en mai 1963 , la charte de l'Organisation de l'unité africaine (OUA). Mais cette nouvelle organisation est loin d'être l'émanation de l'unité des peuples africains , que Fanon et quelques autres appelaient de leurs voeux .
Source : Amzat Boukari , '' Africa Unite : une histoire du panafricanisme '' , Pages 185 - 188