Cercle Augustin d'Hippone / CAH

Cercle Augustin d'Hippone / CAH Le Cercle Augustin d’Hippone est une association Loi 1901

16/08/2026
Grande nouvelle de Lettonie 🇱🇻. Un nouveau projet avec de nouvelles activités …
16/07/2026

Grande nouvelle de Lettonie 🇱🇻. Un nouveau projet avec de nouvelles activités …

15/07/2026
13/07/2026
08/07/2026

📚 Lecture terminée : Nedjma- KATEB YACINE
Nedjma est un roman puissant et poétique qui plonge dans l’Algérie coloniale à travers les destins croisés de quatre jeunes hommes, Lakhdar, Mustapha, Mourad et Rachid, marqués par la violence, l’injustice et un profond sentiment de déracinement.

Le récit ne suit pas un ordre classique, il est fragmenté, fait de souvenirs, de retours en arrière et d’émotions entremêlées, ce qui reflète le chaos intérieur des personnages et celui du pays.

Au cœur de l’histoire se trouve Nedjma, une femme énigmatique et insaisissable, qui fascine chacun d’eux, mais qui dépasse sa simple existence de personnage pour devenir un symbole fort, celui de l’Algérie, désirée, blessée, inaccessible.

À travers cette figure et les parcours des protagonistes, le roman explore la quête d’identité, la mémoire collective et le désir de liberté, tout en dressant un portrait profond d’un peuple en lutte. C’est une œuvre exigeante, mais essentielle, où la poésie se mêle à l’engagement, et où chaque fragment participe à reconstruire une histoire plus grande que celle des personnages eux-mêmes.

02/07/2026
25/06/2026

En 1957, le poète algérien Jean Sénac dédie son essai Le Soleil sous les armes à la moudjahida Annie Steiner (née Fiorio), dont elle est alors très proche. Il lui écrit ces mots :

​« À Annie Fiorio dont la présence atteste que le soleil ne sera plus sous les armes mais dans le cœur de notre peuple. Je t'embrasse. Jean. »

​Devenue le symbole de leur amitié profonde et de leur combat commun pour l'Algérie, cette phrase est aujourd'hui gravée sur la tombe d'Annie Steiner (1928-2021) au cimetière d'El Alia à Alger, perpétuant ainsi leur engagement.

​Née en 1928 à Hadjout (ex-Marengo) dans la wilaya de Tipaza, au sein d’une famille franco-italienne installée en Algérie depuis quatre générations. Juriste de formation, diplômée de la Faculté d'Alger après des études à Boufarik et Blida. Très tôt la violence et le mépris du système colonial à l'égard des Algériens forgent sa conscience politique. Dès le déclenchement de la Révolution, le 1er Novembre 1954, elle fait le choix de la justice et s’engage comme agent de liaison pour le Front de Libération Nationale (FLN).

​Son engagement lui vaut d'être arrêtée en 1956. Condamnée à six reprises, elle subit la dureté des prisons coloniales, de Barberousse (Serkadji) à El Harrach (Maison-Carrée), endurant pressions et tortures. C'est derrière ces barreaux que la militante utilise les mots comme une arme de résistance invisible mais indomptable. Le 11 février 1957, depuis la lucarne de sa cellule à Barberousse, elle assiste à l'horr eur, l'exécution de Fernand Iveton, Mohamed Lakhnèche et Mohamed Ouenouri. Le soir même, elle compose un poème poignant pour refuser l'effacement de leur sacrifice :

​« Ce matin ils ont osé
Ils ont osé
Vous assassiner
C’était un matin clair
Aussi doux que les autres
Où vous aviez envie de vivre et de chanter
Vivre était votre droit
Vous l’avez refusé
Pour que par votre sang d’autres soient libérés
Que vive votre idéal
Et vos sangs entremêlés
Pour que demain ils n’osent plus
Nous assassiner. »

​Après avoir été transférée dans plusieurs prisons en France (Paris, Rennes, Pau), Annie Steiner voit enfin poindre l'aube de l'indépendance. Fidèle à ses idéaux, elle choisit immédiatement la nationalité algérienne. Elle met alors ses compétences au service de la reconstruction du pays, participant activement à la réorganisation d'une administration désertée par les cadres coloniaux.

​Annie s'éteint le 21 avril 2021 à Alger, elle est inhumée au carré des martyrs du cimetière d’El Alia à Alger. Sur sa dernière demeure, les mots que lui avait dédiés son ami, le poète Jean Sénac, résonnent comme une promesse éternelle.

​Plus qu’un grand nom de la guerre de libération, Annie Steiner demeure le symbole d'une conscience pure, d'une femme qui aura dédié chaque instant de sa vie à la liberté et à la dignité humaine

21/06/2026

Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne.
Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allés à l'école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d'une croix.
C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime.
L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme.
Où rampe la raison, l'honnêteté périt.

Dieu, le premier auteur de tout ce qu'on écrit,
A mis, sur cette terre où les hommes sont ivres,
Les ailes des esprits dans les pages des livres.
Tout homme ouvrant un livre y trouve une aile, et peut
Planer là-haut où l'âme en liberté se meut.
L'école est sanctuaire autant que la chapelle.
L'alphabet que l'enfant avec son doigt épelle
Contient sous chaque lettre une vertu ; le coeur
S'éclaire doucement à cette humble lueur.
Donc au petit enfant donnez le petit livre.
Marchez, la lampe en main, pour qu'il puisse vous suivre.

La nuit produit l'erreur et l'erreur l'attentat.
Faute d'enseignement, on jette dans l'état
Des hommes animaux, têtes inachevées,
Tristes instincts qui vont les prunelles crevées,
Aveugles effrayants, au regard sépulcral,
Qui marchent à tâtons dans le monde moral.
Allumons les esprits, c'est notre loi première,
Et du suif le plus vil faisons une lumière.
L'intelligence veut être ouverte ici-bas ;
Le germe a droit d'éclore ; et qui ne pense pas
Ne vit pas. Ces voleurs avaient le droit de vivre.
Songeons-y bien, l'école en or change le cuivre,
Tandis que l'ignorance en plomb transforme l'or.

Je dis que ces voleurs possédaient un trésor,
Leur pensée immortelle, auguste et nécessaire ;
Je dis qu'ils ont le droit, du fond de leur misère,
De se tourner vers vous, à qui le jour sourit,
Et de vous demander compte de leur esprit ;
Je dis qu'ils étaient l'homme et qu'on en fit la brute ;
Je dis que je nous blâme et que je plains leur chute ;
Je dis que ce sont eux qui sont les dépouillés ;
Je dis que les forfaits dont ils se sont souillés
Ont pour point de départ ce qui n'est pas leur faute ;
Pouvaient-ils s'éclairer du flambeau qu'on leur ôte ?
Ils sont les malheureux et non les ennemis.
Le premier crime fut sur eux-mêmes commis ;
On a de la pensée éteint en eux la flamme :
Et la société leur a volé leur âme.

Poème - Écrit après la visite d'un bagne est un poème de Victor Hugo extrait du recueil Les quatre vents de l'esprit.

18/06/2026

En 1951, Mohamed Ben Abdelkrim El Khattabi fonde, depuis Le Caire, une Armée de Libération du Maghreb Arabe. Depuis qu'il a retrouvé la liberté en 1947, le héros de la Guerre du Rif tente d'organiser un mouvement de résistance maghrébin unifié. Muni de son seul prestige et entouré de quelques fidèle l'Emir se lance dans un combat perdu d'avance…
🔗 https://zamane.ma/larmee-de-liberation-du-maghreb-le-crepuscule-del-khattabi-zamane/

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