Syndicat de la Fonction Publique

Syndicat de la Fonction Publique Le SFP est le plus ancien des trois syndicats représentatifs dans la fonction publique territoriale polynésienne. N° T.A.H.I.T.I. : 722777.

N° S.I.R.E.T. : 911225712 Depuis sa création, le SFP en Polynésie Française (anciennement connu comme SCFP), organisation syndicale représentative dans la Fonction Publique, a lutté pour faire reconnaître les droits des agents publics œuvrant dans l’administration. Le SFP est notamment le seul syndicat de la fonction publique territoriale qui a choisi :
- de ne défendre que les agents publics. Cec

i implique que les moyens obtenus grâce à nos sympathisants leur servent effectivement et ne soient pas employés à d’autres usages, comme recruter dans le privé ;
- en 2011 et 2013 de se positionner contre les mesures dérogatoires au principe du concours proposées par les Gouvernements de l’époque (deux LP invalidées) ;
- de faire une action concrète (un recours au tribunal administratif) sur la non-revalorisation du point d’indice. Le SFP est ouvert à tous (catégories C, D, ANFAs, ANTs). Le syndicat dispose notamment de :
- 8 sièges dans les CAP (352 voix sur 2997 suffrages lors du scrutin du 30/11/2016), et en conséquence, 1 siège au sein du Conseil Supérieur de la Fonction Publique (CSFP), organisme majeur de la FPT ;
- 6 sièges dans les CTP (244 suffrages sur 3467 le 15/04/2015) ;
- 1 siège à la Commission Paritaire Consultative (équivalent des CAP pour les ANFAs) ainsi que 1 siège à la Commission d'Interprétation et de Conciliation (équivalent du CSFP pour les ANFAs). Si nos résultats électoraux peuvent sembler faibles, c’est que jusqu’à présent l’administration nous a bloqué dans notre action en ne nous octroyant pas les décharges d’activité auxquelles nous avions droit (ne nous permettant pas d'organiser correctement les élections). Puisque nous en bénéficions désormais, nous restons à la disposition des agents pour organiser toute réunion au sein des services, en fonction des besoins. On peut noter que le SFP attaque souvent l’administration, mais cette situation n’est pas de notre fait. Nous nous contentons de lutter contre la manie de certains à vouloir déroger aux règles établies. Par ailleurs, nous ne sommes pas systématiquement dans une position conflictuelle, et nous essayons d’être force de proposition. Bien que souvent ignorés, nous avons regroupés nos propositions dans un document (publié sur notre site internet) que nous faisons évoluer au fur et à mesure de nos rencontres avec les agents.

Août 2026 - Quand sonne l’heure de la retraiteAlors que s’ouvrent les concours de recrutement des infirmières, infirmier...
14/08/2026

Août 2026 - Quand sonne l’heure de la retraite

Alors que s’ouvrent les concours de recrutement des infirmières, infirmiers et praticiens hospitaliers, il nous a paru opportun de raconter l’histoire de « Mireille » (prénom d’emprunt). Le secteur de la santé est en passe d’embaucher un nombre conséquent d’agents dont la carrière s’est potentiellement répartie entre l’hexagone et le Fenua. A l’opposé, près de 400 personnes du seul Centre Hospitalier de la Polynésie Française partiront à la retraite dans les dix ans à venir. Aussi, l’histoire que nous allons raconter pourrait leur servir de leçon. Avant d’accepter benoîtement les bénéfices du concours et poursuivre une carrière ici en Polynésie française, il y a sans doute deux ou trois petites choses à vérifier…

Je m’appelle « Mireille » et ma carrière s’est répartie globalement pour moitié entre l’hexagone et le Fenua. Je suis arrivée ici il y a plus de vingt ans et j’ai œuvré dans la santé comme infirmière jusqu’à ce que sonne récemment l’heure de la retraite. Au total, j’ai travaillé plus de quarante ans entre l’hexagone et ici. Aussi, lorsque me fut donnée l’occasion de m’arrêter, j’étais très heureuse.

Malheureusement, c’est à ce moment précis que j’ai compris que ma carrière dans l’hexagone n’avait servi à rien pour ma retraite. Mon employeur cotisait auprès d’une caisse de retraite spécifique… et celle-ci n’a aucun accord avec la CPS.

Je ne me suis jamais souciée de savoir à quelle caisse mon employeur cotisait, et je ne me suis jamais préoccupée des conséquences que cela pourrait avoir. Car cotiser à la retraite, quel que soit le mode de cotisation, cela restait pour moi simplement « cotiser à la retraite ». Lorsque a sonné l’heure de la retraite, un monde s’est effondré et malheureusement, il n’y avait aucune branche à laquelle se rattraper.

C’est ainsi que j’ai appris que les accords de retraite entre l’hexagone et le Fenua sont très spécifiques et qu’ils ne concernent que la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). Aucun accord n’existe avec les autres caisses de retraite, dont celle à laquelle mon employeur cotisait.

Le décret n°94-1146 du 26 décembre 1994 portant coordination des régimes métropolitaines et polynésiens de sécurité sociale est sur ce point sans appel. Pour j***r d’une retraite complète avec une carrière à cheval entre la France hexagonale et la Polynésie française, ne sont considérées QUE les cotisations au régime général de la Caisse primaire d’assurance maladie. Toutes les années de cotisation auprès de caisses spécifiques, comme celle des professionnels de santé, sont exclues du dispositif. J’ai ainsi travaillé et cotisé pour rien pendant près de vingt ans.

A Tahiti où j’ai terminé ma carrière, la CPS m’a informée qu’il me manquait une quinzaine d’années de cotisations pour j***r d’une retraite à taux plein. En France hexagonale, on m’indique également qu’il m’en manque une vingtaine. Dès lors, je subis des abattements conséquents dans les deux caisses de retraites. A l’heure où l’on promeut la mobilité, c’est une forme de punition aux carrières variées. Triste paradoxe entre discours et réalités.

Malgré un volume global de cotisations très conséquent, ma retraite sera relativement maigre. Personne ne m’a informée, personne ne m’a prévenue, je n’ai découvert cette situation qu’à quelques mois de mon départ, lorsque pour la première fois, j’ai réalisé une simulation sur mes droits.

J’aurais pu solliciter en urgence une prolongation d’activité au-delà de la limite d’âge pour compléter mes droits. Mais après une quarantaine d’années à travailler sans discontinuer, je n’en pouvais plus. Je ne me voyais pas poursuivre, sauf à potentiellement mettre en danger certains patients par épuisement. Par ailleurs, on n’encaisse plus les gardes et le travail de nuit de la même façon à 62 ans qu’à 20 ans. Le plus sage a donc été d’accepter la situation et de m’arrêter. Je vivrais chichement mes dernières années de vie, c’est comme ça.

Accéder à la retraite exige une excellente santé pour les personnels de soins ! Les contraintes sont nombreuses : manutentions de charges, travail de nuit, manipulation de produits toxiques, etc. Déplacer des personnes malades dont le poids est souvent supérieur au sien n’est pas chose facile. Paradoxalement, la reconnaissance de la pénibilité n’existe pas dans nos métiers.

Alors, que mon histoire puisse servir toutes celles et tous ceux qui ont exercé dans l’hexagone avant de venir ici. Qu’ils s’assurent de leurs conditions de cotisations avant de faire un choix lourd de conséquences.

Il en va de même pour ceux qui ont débuté leur carrière ici à Tahiti et qui la poursuivent dans l’hexagone. Seule une cotisation retraite auprès de la CPAM vous garantit la prise en compte de toutes vos annuités.

Notre administration peine à recruter du personnel médical. Pour y remédier elle se focalise sur les grilles de rémunération et quelques avantages. Cependant, sans doute serait-il opportun de s’intéresser aux accords de retraite entre la CPS et d’autres caisses que la CPAM afin de favoriser les carrières pleines entre la France hexagonale et la Polynésie française.

Le décret n°94-1146 du 26 décembre 1994 indique explicitement en son article 6 alinéa 2 que le cumul des cotisations n’est pas valable avec les régimes spéciaux. Cela signifie que seules les cotisations au régime général (CPAM) sont prises en compte. Si vous êtes "victimes" du dispositif, inutile de lancer des recours, de protester, de hurler à l’injustice… le texte est sans appel. Le tribunal vous déboutera sans aucun doute, en vous rappelant qu’il vous appartenait de vous renseigner avant de prendre votre décision.

On dénombre 42 caisses de retraites en métropole et rien que pour le secteur de la santé, on en recense déjà au moins cinq : la Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens-Dentistes (CARCD), la Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France (CARMF), la Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-Kinesithérapeuthes, Pédicures-Podologues, Orthophonistes et Orthoptistes (CARPIMKO), la Caisse Autonome de Retraite des Sages-Femmes Françaises (CARSAF) et la Caisse d'Assurance Vieillesse des Pharmaciens (CAVP).

Sans compter que le système national compte de nombreuses caisses de retraites régionales dont l’appellation commence souvent par "Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse" (CNAV) et qui n’ont bien souvent de "national" que le nom. Ainsi nombre de régions disposent de leur propre caisse et celles-ci sont exclues des accords fixés par décret.

Autres détails auxquels nous invitons les personnes concernées à faire attention, les durées de cotisations et d’âges de départ à la retraite. L’âge légal de départ à la retraite en France hexagonale est de 65 ans. Pour profiter d’une retraite à taux plein il faut avoir cotisé pendant 43 ans ou travaillé jusqu’à 67 ans. En Polynésie française, l’âge légal de départ à la retraite est de 62 ans et il faut avoir cotisé pendant 38 ans. Ce fameux « ou », présent dans le contexte hexagonal, change la donne. Il est exclu du contexte polynésien dans lequel il faut réunir les deux conditions (38 ans de cotisations et au minimum 62 ans).

Pour j***r d’une retraite à taux plein, sans abattement, avec une carrière répartie géographiquement entre les deux territoires, il faut réunir les conditions du cadre le plus contraignant, en l’occurrence, celui de la France hexagonale.

Les praticiens hospitaliers qui poussent à une réforme très ambitieuse de leur cadre d’emploi, ont été particulièrement vigilants sur cet aspect. Ils réclament une comptabilisation complète de leur temps de travail, a priori, quel que soit leur cadre de cotisation, ainsi que l’établissement d’un régime de retraite complémentaire.

Cette situation n’est pas sans risque juridique pour notre administration qui dispose d’un service en France hexagonale, à savoir la Délégation de la Polynésie française à Paris. Lors de l’intégration du personnel à notre administration en 2015, le gouvernement a fait le choix de continuer à cotiser à la CPAM alors qu’elle disposait de compétences en matières sociales. A carrière égale, les agents du Pays qui y sont mutés ne peuvent donc pas profiter d’une retraite équivalente à celles de leurs confrères polynésiens… Une rupture de droit que le tribunal administratif pourrait un jour être contraint de trancher car le nombre d’agents mutés progresse.

En raison de son statut d’autonomie, la Polynésie française ne devait pas renoncer à ses compétences sociales et elle devait poursuivre la déclaration de ses agents auprès de la CPS en profitant des accords entre la CPAM et la CPS pour l’assurance maladie. Les agents de l’état qui viennent en Polynésie continuent d’être déclarés auprès de la CPAM, y compris pour leur retraite. Ils bénéficient pour leur santé des accords entre la CPAM et la CPS. Une disposition en miroir aurait légitimement dû être appliquée pour les agents locaux.

Juillet 2026 - Ça bouge dans le secteur de la santéDepuis quelques mois, de nouveaux rapports de forces apparaissent dan...
31/07/2026

Juillet 2026 - Ça bouge dans le secteur de la santé

Depuis quelques mois, de nouveaux rapports de forces apparaissent dans le domaine de la santé, et le gouvernement n’y semble pas insensible. Infirmiers, praticiens hospitaliers ou auxiliaires de soins font monter la pression sur le gouvernement pour obtenir des avancées. Très majoritairement, les revendications sont légitimes. Cependant, le secteur de la santé est volumineux en nombre d’agents. Aussi, la moindre revalorisation se traduit par des impacts budgétaires conséquents, très conséquents. Dès lors, tout n’est pas systématiquement possible et chacun doit garder à l’esprit que la part budgétaire accordée aux uns fera mécaniquement défaut aux autres.

Enfin, un syndicat d’infirmiers

Il y a un peu plus d’un mois, s’est créé le Syndicat des infirmiers diplômés d’état de Polynésie française, le SIDE-PF. Toutes nos félicitations aux infirmières et infirmiers dont nous espérions depuis longtemps la fédération au sein d’une entité syndicale. Ils rejoignent ainsi le Syndicat des infirmiers anesthésistes de Polynésie française (SIA-PF) et le Syndicat des infirmiers de bloc opératoire diplômés d’Etat de Polynésie française (SIBODE-PF). Ces deux dernières formations syndicales très actives, avaient obtenu révision de leur statut et de leurs grilles de rémunération concomitamment aux infirmiers, en décembre 2025.

Une réforme porteuse d’inégalités

La réforme des cadres d’emploi infirmiers a permis l’émergence de nouvelles grilles de rémunérations plus attractives, présentant notamment une progression beaucoup plus rapide qu’auparavant.

Compte tenu des difficulté de recrutement dans ces cadres d’emploi, ces derniers permettent depuis longtemps une reprise à 100 % de l’ancienneté professionnelle acquise en dehors de l’administration, alors qu’elle est plafonnée à 50 % dans le reste de l’administration.

La bascule des agents titulaires dans ces nouvelles grilles s’est opérée à l’indice de rémunération immédiatement supérieur ou égal. Cette disposition à laquelle nous nous sommes opposés en suggérant plutôt l’adoption d’une table de passage, a déjà créé quelques inégalités. Certains reclassements ont en effet été réalisés à l’indice "égal", ce qui signifiait pour les infirmiers concernés, passer de catégorie B à A sans aucune revalorisation… de quoi laisser dubitatif.

La réforme initialement envisagée prévoyait la perte d’ancienneté acquise dans le dernier échelon lors de ce changement de grille. Notre syndicat a toutefois réussi à imposer sa conservation pour favoriser les changements d’échelon dans ces nouvelles grilles et permettre à ceux qui étaient au plafond d’évoluer.

Mais voilà que les agents contractuels (ANT) ne passent pas par le même circuit… Eux bénéficient d’un reclassement selon l’intégralité de leur carrière professionnelle. Et à ce jeux, ils sont les "très" grands gagnants de la réforme. Là où un infirmier mettait une vingtaine d’années pour atteindre un indice de rémunération avoisinant 470, il lui en faut désormais à peu près la moitié. Et cet écart de progression est encore plus significatif en début de carrière.

Il en découle donc que les agents non titulaires affectés dans un grade en fonction de leur ancienneté passent largement devant les agents titulaires de notre administration qui eux ont été repositionnés selon leur indice de rémunération.

Un cas, ça va… trois, bonjour les dégâts

Compte tenu du nombre très conséquent d’agents contractuels dans la santé, les effets pervers de la réforme n’ont pas tardé à se révéler.

Les titulaires qui n’avaient même pas encore eu le temps d’être reclassés, ont vu débarquer de nouveaux collègues contractuels aux carrières plus courtes que les leurs, rémunérés à des indices qu’ils n’avaient jamais atteints !

Les infirmiers anesthésistes et ceux de bloc opératoire, déjà fédérés, sont très rapidement monté au créneau pour soulever l’injustice et entrevoir des solutions. C’est en raison de cette même injustice que les infirmiers se sont finalement fédérés il y a peu.

Quelles solutions ?

La première solution qui vient à l’esprit serait de placer agents titulaires et non-titulaires sur un pied d’égalité, et si possible, de reclasser tout le monde à l’ancienneté de la carrière complète.

Cette approche, nous l’avions déjà suggérée avant la réforme, mais elle grèverait le budget du Pays d’environ un milliard de F.CFP, avec une progression exponentielle sous l’effet du glissement vieillesse technicité.

C’est en cédant sur ce principe, pour ne pas condamner toutes les autres réformes de la fonction publique, que nous avons obtenu la conservation de l’ancienneté acquise au dernier échelon atteint pour permettre aux titulaires de gagner au moins un échelon supplémentaire lors du changement de grille. Malheureusement, ceux qui ont stagné dans les grilles, car ayant atteint le dernier échelon, sont souvent les grands lésés de la réforme.

Certains ont récemment proposé des bonifications, des primes à l’ancienneté, le gain d’échelons supplémentaires, mais ces dispositions ne viennent nullement supprimer les inégalités de traitement. Certaines propositions ont été juridiquement écartées car provoquant des ruptures d’égalités dans la fonction publique.

Mensonge syndical…

Un groupe de cinq syndicats, dont deux siègent pourtant au conseil supérieur de la fonction publique, ont cru bon faire miroiter au syndicat naissant des infirmiers, la possibilité d’un reclassement à l’ancienneté. Pourtant, ils savaient pertinemment, que cette option était catégoriquement exclue par le gouvernement.

Ils ont donc délibérément fait miroiter chez certains infirmiers et infirmiers spécialisés, une attente certes séduisante, mais totalement inaccessible. Nous déplorons pareille conception du syndicalisme.

Après avoir entendu de la bouche même de Madame la Ministre en charge de la fonction publique que ce mode de reclassement ne serait jamais accepté, certains s’obstinent encore à y croire, éblouis par de fausses promesses syndicales.

Une option juste

Si, en raison du coût budgétaire, les agents titulaires ne peuvent être reclassés à l’ancienneté, notre syndicat a donc proposé que les agents non-titulaires subissent précisément le même parcours de reclassement que les titulaires. Cela signifie que leur ancienneté demeure reprise en intégralité, mais qu’elle donne lieu à un positionnement dans les anciennes grilles. Ensuite est appliquée la règle du reclassement à l’indice immédiatement supérieur ou égal dans la nouvelle grille. Pour simplifier le tout, nous avons déterminé les tables de passage entre l’ancienneté et les nouveaux indices.

Si ce mode d’affectation est moins attractif pour les agents non-titulaires, il a le mérite de couper court à toute inégalité entre titulaires et non-titulaires. Enfin il ne faut pas oublier que les nouvelles grilles sont beaucoup plus attractives que les anciennes, ce qui n’annihile pas les effets recherchés de la réforme.

De l’urgence à légiférer

Les concours de recrutement pour les infirmiers et infirmiers spécialisés sont en cours. Si le gouvernement n’agit pas rapidement, l’affectation des nouveaux titulaires se fera dans la configuration actuelle, à savoir à l’ancienneté. Les inégalités seront alors définitives et ceux qui ruminent aujourd’hui n’auront plus aucune possibilité de recours puisqu’une loi ne peut avoir d’effet rétroactifs.

Il serait donc opportun que le gouvernement agisse sans délai, pour au moins endiguer le mécontentement légitime des agents titulaires, sous peine de créer une rancœur qui mettra près de quarante ans de carrière à s’éteindre. En l’absence d’une action rapide du gouvernement, nous souhaitons bon courage à tous les managers et autres hiérarchies intermédiaires pour obtenir le meilleur de leurs agents titulaires 😉.

Les praticiens hospitaliers

Depuis plus d’une année, les praticiens hospitaliers font pression pour que le gouvernement révise intégralement leur cadre d’emploi. Ces professionnels dévoués exigent de nouvelles grilles, de nouvelles dispositions en matière de gestion du temps de travail, des possibilités de travailler à la fois dans le public et le privé, du temps de formation, etc…

Toutes ces revendications sont parfaitement légitimes car le CHPF, comme la Direction de la santé, peinent à recruter, et surtout à fidéliser, leurs praticiens. Le turn-over a un coût structurel conséquent puisque pour chaque praticien recruté à l’extérieur du Fenua, l’administration doit prendre en charge des frais de déplacement, de déménagement, d’installation, etc. Le coût annuel de ces recrutements, hors salaires, est estimé à pas moins de 400 millions de F.CFP !

Le comparatif effectué entre la Polynésie française, l’hexagone et d’autres territoires ultra-marins comme la Nouvelle Calédonie, révèle que notre Pays propose à ce jour les plus faibles rémunérations. Difficile dans ce contexte d’être attractif et surtout de fidéliser les personnes recrutées.

Seul point fortement discutable de ce comparatif qui a certainement servi à estimer les nouvelles grilles, c’est qu’a priori, il n’est pas fondé sur le pouvoir d’achat, mais uniquement sur les niveaux de revenus. Or les praticiens hospitaliers payent de lourdes charges dans l’hexagone (URSSAF, ASSEDIC et autres impôts sur le revenu). Ils sont aussi soumis à l’impôt sur le revenu en Nouvelle Calédonie. Autant de charges dont ils sont exemptés ici.

Tout cela n’enlève rien à la nécessaire révision de ce cadre d’emploi que nous soutenons pleinement, d’autant qu’elle vient enfin mettre sur un pied d’égalité les praticiens du CHPF et ceux de la direction de la santé. Le coût de la réforme est conséquent, un peu plus de deux milliards de F.CFP, et le gouvernement planifie de l’étaler sur deux ans. Ce coût sera supporté à la fois par l’administration et par la CPS (employeurs et salariés).

L’augmentation des grilles de rémunération s’apparente au rattrapage d’une stagnation qui perdure depuis des années et qui a tiré vers le bas l’attractivité du Pays. Car pendant ce temps, l’hexagone et les autres territoires ultra-marins ont tiré les conséquences d’une raréfaction des professionnels en proposant des salaires attractifs.

Cependant, par souci d’égalité, nous aspirons à ce que certaines revendications portées par les praticiens hospitaliers soient étendues aux autres professionnels de santé comme les infirmiers et les infirmiers spécialisés. Formation, compte épargne temps, possibilité de travailler simultanément dans le privé et le public, prime à la fidélité, autant d’avantages qui devraient être partagés par tous les soignants. Si nous suivons la logique de Madame la Ministre de la fonction publique qui avait refusé certaines propositions au nom d’une nécessaire « équité », ces avantages devraient donc légitimement être étendus a minima aux infirmiers, infirmiers spécialisés et psychologues.

Les auxiliaires de soins

Sous l’impulsion de la FISSAP, le gouvernement est en passe de réviser le cadre d’emploi des auxiliaires de soins, agents de catégorie C. Le projet de texte que nous avons pu parcourir mériterait de s’inscrire dans une réflexion plus large de l’organisation de la santé.

Autant les métiers des agents de catégories A et B sont bien définis avec des frontières assez claires, autant lorsqu’on arrive aux métiers des agents de catégories C et D dans la filière santé, les frontières commencent à devenir plutôt floues. S’agissant d’un domaine sensible, il paraîtrait judicieux de fixer des limites de compétences très claires à chacun.

Lorsqu’il s’agit de la santé, rien n’est pire qu’une personne qui se sent capable de gestes ou d’actes pour lesquels elle n’a pas été formée et entraînée. Dès lors, il convient de fixer des limites bien établies lorsque celles-ci sont définies de manière peu précises.

La formation et la pratique qui devraient être au cœur de ces métiers, quelles que soient les catégories, est parfois délaissée, voire oubliée. Les agents de catégories C ou D dans le domaine de la santé devraient être recrutés ou évalués sur la base de véritables compétences pratiques et non sur simple dossier administratif. Pour autant, le projet de texte que nous avons reçu semble accorder davantage d’importance au dossier administratif de l’agent qu’à son savoir-faire pratique.

On peut comprendre que les bassins de populations éloignés et isolés ne peuvent pas disposer de médecins et d’infirmiers facilement. Néanmoins, il convient de ne pas banaliser le transfert de compétences du médical ou paramédical vers du personnel n’ayant pas reçu les formations idoines, même dans le cadre d’une situation médicalement isolée.

Tout en suspens

Bien évidemment, tout ce que nous évoquons est pour le moment purement théorique. L’instabilité politique peut parfaitement rabattre toutes les cartes et replonger le pays dans l’immobilisme législatif connu entre 2004 et 2011.

Les réformes que nous évoquons, tout comme le fameux et toujours brumeux projet "Peperu", pourraient alors rester de simples exercices intellectuels… pour le pire certainement, car le temps perdu ne se rattrape pas.

💰 VERSEMENT DE LA PAIE – JUILLET 2026 💰📢 Chers collègues,Le syndicat informe les agents qui servent fièrement notre gran...
29/07/2026

💰 VERSEMENT DE LA PAIE – JUILLET 2026 💰

📢 Chers collègues,
Le syndicat informe les agents qui servent fièrement notre grand et beau Pays au sein du gouvernement de la Polynésie française que la paie de juillet 2026 est normalement créditée aujourd’hui sur vos comptes bancaires, conformément au calendrier officiel du Trésor public (DGFIP).




Juillet 2026 - CHPF, Agents en déprime… la suiteNous poursuivons ici les récits qui nous proviennent du CHPF. Si nous in...
15/07/2026

Juillet 2026 - CHPF, Agents en déprime… la suite

Nous poursuivons ici les récits qui nous proviennent du CHPF. Si nous insistons autant sur les conditions de travail à l’hôpital, c’est que la santé reste le bien le plus précieux que nous ayons tous. Être soigné par des personnes qui se sentent bien dans leur cadre de travail est donc primordial. Or la dégradation des conditions de travail pourrait, à terme, de s’accompagner d’une détérioration de la façon dont les soins sont prodigués. Nous espérons qu’à la lumière de ces histoires, les responsables de l’hôpital adopteront une approche plus humaine, plus empathique. Une fois encore, les identités des personnes dont nous relatons les déboires sont dissimulées derrière des prénoms d’emprunt.

Camille

Je m’appelle Camille, et je fais partie de ces agents que le CHPF recrutent dans l’hexagone, faute pour le moment, d’un nombre suffisant de compétences locales. Il n’y a pas si longtemps, mon père et mon petit frère ont été victimes d’un grave accident de voiture. J’ai donc sollicité des congés pour immédiatement partir à leur chevet. Les nouvelles n’étaient pas rassurantes et je considérais important d’être auprès des miens et plus particulièrement de ma mère très inquiète.

Le CHPF m’a refusé mes congés au motif d’une soi-disant nécessité de service. J’insiste bien, « soi-disant ». Car entre collègues nous nous soutenons, et toutes les précautions avaient été prises pour que je puisse être remplacée durant mon absence. Malgré les circonstances, malgré le soutien de mes collègues qui avaient accepté de me relayer durant mon congé, le CHPF a refusé que je puisse partir rejoindre les miens. Il ne me restait alors plus qu’une seule option pour être auprès de mon père et de mon petit frère : démissionner…

Même dans l’hexagone que beaucoup décrivent comme froid, rigide, trop réglementé, etc… en pareille situation, la direction de l’hôpital fait preuve de compréhension. Immédiatement on m’aurait permis de m’absenter pour me rapprocher des miens et plus particulièrement de ceux hospitalisés. Je vais donc partir avec un goût amer à travers la gorge. Lorsque l’on m’interrogera sur les conditions de travail au CHPF, je ne manquerais pas de raconter mon histoire et toutes celles que l’on subit ici dont certaines ont déjà été consignées dans la tranche de vie du mois de juin dernier.

Hinavai

Je m’appelle Hinavai, et comme tous mes collègues, je me donne sans compter pour le bien de nos populations. Stress, rythme intense, j’ai besoin de souffler et de prendre des congés. Seulement au CHPF, on ne peut pas s’arrêter comme dans d’autres services ou établissements du Pays. Les soins doivent être prodigués tous les jours sans discontinuer. Alors entre collègues on se concerte, on planifie, on s’organise et on dépose ses congés une fois certaine qu’il sera possible de s’absenter. Mais ça, c’est la théorie…

Il y a peu j’ai ainsi déposé des congés après m’être assurée que toutes les conditions étaient réunies afin qu’ils soient acceptés. J’avais même obtenu l’accord de principe de ma hiérarchie directe. Ne manquait donc que la signature du responsable.

Mais voilà qu’elle ne venait pas et qu’en parallèle mes congés approchaient. Je m’inquiétais donc, et là, ô surprise, on m’annonce que mes congés n’ont pas été accordés car ma demande a été retirée. Abasourdie je demande qui a bien pu retirer ma demande de congés ? La réponse m’a laissée sans voix : « Ben… c’est toi ! ».

Pas certaine de bien comprendre, j’ai sollicité des explications. J’ai rappelé que ma demande avait été faite via la plateforme numérique et que je n’avais absolument rien retiré du tout ! Que s’est-il donc passé ?

Plutôt que de me refuser des congés, quelqu’un de bien placé, et disposant sans doute d’autorisations spéciales, a accédé à mon compte, puis a retiré ma demande de congés. Lorsque j’ai cherché à savoir qui avait réalisé cette manipulation frauduleuse, je n’ai eu aucune réponse. Pourtant, quelqu’un doit bien le savoir…

A l’heure du tout numérique, voici où nous en sommes au CHPF. En attendant, j’ai dû m’asseoir sur mes congés et tout ce que j’avais prévu. Le bureau des ressources humaines ne semble pas particulièrement interloqué par la situation, c’est affligeant ! En toute rigueur une enquête aurait dû être lancée, le ou la responsable aurait dû être licencié(e) pour faute grave… mais non, rien. N’y a-t-il pas pourtant un Règlement Général sur la Protection des Données, le fameux R. G. P. D. ?

Dès lors, plus de confiance, plus d’envie de se démener, plus envie de rendre service… le strict minimum.

Heiva

Nous aurions voulu vous raconter dans le détail l’histoire de Heiva, victime d’un mensonge, puis de calomnies avant d’être menacée d’exclusion et jetée en pâture par l’ancienne direction du CHPF. Son histoire illustrait parfaitement comment une rumeur mal gérée dans le milieu professionnel pouvait provoquer l’effondrement d’une vie.

Malheureusement, elle n’a pas souhaité que son témoignage soit diffusé. Nous le regrettons, mais respectons son choix. Chacun aurait alors pu mesurer l’impact de décisions fondées sur l’affect et des convictions personnelles plutôt que sur la recherche de la vérité et le respect de la réglementation.

Si l’ancienne direction était responsable de la chute vertigineuse d’Heiva, la nouvelle semble déterminée à prolonger ses difficultés. A chaque fois le même schéma se répète.

Des personnes en responsabilité dont les convictions personnelles supplantent la rationalité ; une empathie peu palpable ; et une relation à l’autre visiblement faite d’un plaisir de domination.

Ainsi va la vie pour certains agents chez le plus grand employeur de la Polynésie française et sans doute l’un des plus essentiels.

Le bien-être au travail est sans aucun doute une condition primordiale dans la qualité du service rendu. Dans la santé, encore plus qu’ailleurs, les agents ne sont pas interchangeables, pour ne pas dire inter-jetables. La santé n’est pas un service comme les autres. Il doit donc être administré différemment, avec plus d’empathie, de compréhension, et surtout d’humanité.

Le personnel administratif ne côtoie pas la souffrance autant que le personnel médical. Il ne subit pas les mêmes stress, les mêmes pressions, ni même la détresse des patients et de leurs famille. Comme le social, la santé est un monde à part qui nécessite une approche managériale spécifique.

Gérer les ressources humaines de manière stéréotypée risque de ne conduire qu’à une chose… l’échec. Et l’échec n’est pas loin tant s’allonge au CHPF la liste des postes disponibles et les difficultés de recrutement y compris dans l’hexagone. L’image de l’hôpital n’est pas fameuse et cela se sait de plus en plus. Bien que de nouvelles grilles plus attractives soient rentrées en vigueur, ces dernières ne peuvent pas tout compenser…

Et elles ne doivent surtout pas tout compenser car l’appât du gain ne doit en aucun cas être la valeur prédominante dans le choix de travailler au Fenua ou au CHPF.

Aussi, à vous qui êtes malheureusement patients ou simples visiteurs, ayez en tête que le personnel de l’hôpital n’est pas forcément bien traité dans son quotidien. Gardez ces petites histoires en tête. Soyez indulgents et reconnaissants. Votre sourire et vos remerciements seront peut-être les seuls que ces personnes qui s’occupent de vous ou de vos proches pourraient recevoir de leur journée.

Rencontre de l’intersyndicale infirmière avec le Président de l’Assemblée de la Polynésie françaiseLe Président de l'Ass...
10/07/2026

Rencontre de l’intersyndicale infirmière avec le Président de l’Assemblée de la Polynésie française

Le Président de l'Assemblée de la Polynésie française, Tony GEROS, a reçu, hier l’intersyndicale infirmière réunissant le SIBODE, le SIADE et le Syndicat des Infirmiers Diplômés d’État de Polynésie Française (SIDE), une délégation conduite par le secrétaire général adjoint du SFP.

Cette rencontre a permis d’échanger sur la situation des 850 infirmiers servant le Pays, répartis entre le CHPF, l’IIME, le Fare Tama Hau, ainsi que les dispensaires et hôpitaux de la Direction de la santé.

Étaient présents pour les organisations infirmières :

SIDE : Cécile CORREZE et Taupenahei NENA.

SIADE-PF : Elvis LIEN et Patrice DARBO.

SIBODE : Caroline TEISSEYRE et Amélie COUETTE.

Les échanges ont porté sur l’évolution des compétences infirmières, notamment celles des infirmiers de consultation avancée, qui exercent déjà, dans les îles, des missions relevant de compétences médicales dans un contexte de pénurie de médecins. Les représentants ont également insisté sur la nécessité d’une reconnaissance statutaire réelle des personnels qui servent le Pays depuis de nombreuses années.

L’intersyndicale a aussi rappelé les effets inéquitables de la réforme de fin 2025, qui a conduit les non-résidents à bénéficier d’augmentations de rémunération 4 à 5 fois supérieures à celles des fonctionnaires titulaires fidèles au service de la population depuis des années. Les syndicats infirmiers ont fait part de l’impasse actuelle des discussions avec le ministère de la Fonction publique Gouvernement de la Polynésie française, alors que l’équité de traitement demeure une exigence essentielle.

En tant qu’acteur de la société civile, le SFP a également exprimé au Président Géros ses inquiétudes sur la proposition de loi française adopté le 7 juillet 2026 par l' Assemblée nationale instaurant une présomption de légitimité de l’usage des armes par les forces de l’ordre, dans un contexte où la Polynésie a déjà été marquée par des drames graves (2 décès polynésiens, 1 agression sur personne vulnérable) et par des interrogations persistantes sur les conditions d’intervention et de transparence de l'action des forces de l'ordre placées sous les ordres du gouvernement central. Voir : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17t0328_texte-adopte-seance

Le SFP réaffirme son soutien aux personnels infirmiers du Pays, à leur engagement quotidien, et à leur juste revendication de reconnaissance, de respect et d’équité.

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NB : Le SIDE est un syndicat non affilié au SFP











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