Echos Sous-Marins du Pacifique

Echos Sous-Marins du Pacifique Informations des activités sous-marines dans le Pacifique et région Indopacifique

14/06/2026
ET SI LES AMÉRICAINS NE S’ÉTAIENT SERVIS DES AUSTRALIENS ET D’AUKUS QUE POUR METTRE EN PLACE UNE BASE SOUS-MARINE QUI LE...
14/06/2026

ET SI LES AMÉRICAINS NE S’ÉTAIENT SERVIS DES AUSTRALIENS ET D’AUKUS QUE POUR METTRE EN PLACE UNE BASE SOUS-MARINE QUI LEUR MANQUE DANS L’INDOPACIFIQUE ?
En tant qu’État partie au Traité de non-prolifération (TNP) et non doté d’armes nucléaires, l’Australie a dû réaffirmer à plusieurs reprises qu’elle ne possèderait pas d’armes nucléaires et qu’elle ne chercherait pas à en acquérir à travers AUKUS.

Pourtant, beaucoup de pays s’inquiètent du renforcement de la compétition stratégique sino-américaine, de l’effet d’entraînement régional de l’initiative AUKUS sur la dynamique d’acquisitions d’équipements militaires et de son impact sur le régime de non-prolifération dans la zone du Sud-Est asiatique.
Ce d’autant plus que la marine américaine a récemment mis sur pied deux nouveaux commandements qui opéreront depuis la base navale HMAS Stirling de la marine royale australienne en Australie-Occidentale, près de Perth, en soutien à sa Force de rotation de ses sous-marins Ouest.

L'escadron de sous-marins n° 3 (CSS-3), auparavant basé à Hawaï, a été rétabli il y a deux semaines à la base navale HMAS Stirling afin de préparer le terrain pour la maintenance, la logistique et le soutien opérationnel des sous-marins américains en rotation, dans le cadre de la SRF-West, une initiative militaire trilatérale entre l'Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni visant à déployer des sous-marins nucléaires à Perth.
Le centre de soutien naval (NSA) Stirling est un nouveau commandement créé le 30 mai pour fournir des services et des programmes de soutien aux militaires, au personnel civil, aux contractuels et à leurs familles américains affectés à la SRF-West, qui entrera en service en 2027.

« La création de la base navale de Stirling et le rétablissement de l'escadron CSS-3 jettent les bases de la Force de soutien rapide Ouest (SRF-West) et, à terme, de la flotte australienne de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins conventionnels souverains », a déclaré le vice-amiral Rob Gaucher, directeur des programmes de sous-marins, dans un communiqué de presse publié mercredi .
« Grâce à la SRF-West, nous disposons de sous-marins en rotation dans une zone stratégique, entretenus par une équipe de maintenance majoritairement australienne, qui assure leur disponibilité opérationnelle. Cela renforce non seulement la disponibilité opérationnelle, mais allège également la charge de travail des chantiers navals américains et accroît la capacité de nos sous-marins d'attaque rapide, tout en préparant l'Australie à assurer la maintenance de ses propres SNA. »

Sur papier il est inscrit que le SRF-West sera composé de sous-marins à propulsion nucléaire – un Britannique et jusqu'à quatre américains – opérant depuis Perth selon un système de rotation. Le SRF-West s'inscrivant dans le cadre du pilier 1 du programme AUKUS, qui vise à doter l'Australie de sa propre flotte de sous-marins d'attaque nucléaires. L'Australie achètera trois sous-marins d'attaque de classe Virginia Block IV, actuellement en service, aux États-Unis, ainsi que cinq sous-marins d'attaque de classe SSN-AUKUS, conformément à son plan de développement de cette capacité.

Mais pour l’heure, on est très loin de ce projet initial puisque les Britanniques ne sont ni en capacité d’affecter un sous-marin dans la zone ni d’en construire. Quant aux SNA de classe Virginia, ils ne pourront rejoindre la flotte australienne que lorsque le programme de construction des sous-marins US aura fait face à son planning de construction de nouveaux sous-marins d’attaque. Ce qui n’est pas encore d’actualité tant la Chine étend sa flotte sous-marine.
En conclusion, aujourd’hui, seuls les Américains tirent aujourd’hui un bénéfice du pacte AUKUS en contournant le traité de non-prolifération nucléaire tout en relocalisant une base sous-marine dans le bassin indopacifique.

Pour éviter de sortir du cadre Aukus, on peut lire dans une déclaration conjointe trilatérale publiée le 30 mai par les trois pays. « Le SRF-Ouest soutiendra directement les déploiements de sous-marins en élargissant les options de maintenance et l'infrastructure de soutien dans la région et accélérera la capacité de l'Australie à posséder, exploiter, entretenir et réglementer une capacité souveraine de sous-marins à propulsion nucléaire et à armement conventionnel »,

« La création de la base navale de Stirling, en partenariat avec l’AUKUS, témoigne de notre mission de soutien à la flotte, aux combattants et à leurs familles », a déclaré le vice-amiral Scott Gray, commandant du Commandement des installations navales, dans le communiqué. « En fournissant des services essentiels au personnel américain et à leurs familles, la base navale de Stirling renforcera la disponibilité opérationnelle des forces sous-marines en rotation. ».
« L’ajout d’une escadrille de sous-marins supplémentaire déployée en avant dans la zone Indo-Pacifique renforce notre présence, notre agilité et notre réactivité dans un large éventail d’opérations », a déclaré Cavanaugh.

Le chantier naval et centre de maintenance intermédiaire de Pearl Harbor (PHNSY & IMF) mettra également en place un détachement de maintenance et de logistique en Australie-Occidentale à la mi-2026. Ce détachement supervisera et effectuera la maintenance de niveau intermédiaire des sous-marins américains affectés au SRF-West et continuera à former la main-d'œuvre australienne, a déclaré le contre-amiral Scott Brown, directeur adjoint des acquisitions de programmes, opérations industrielles pour les chantiers navals publics, dans le communiqué.

Environ 20 techniciens civils australiens et 25 plongeurs et officiers et marins de l'unité de soutien de la flotte de la Marine royale australienne ont terminé leur formation au chantier naval de Pearl Harbor, et plus de 230 autres sont actuellement en formation à Hawaï.

« L’équipe de Pearl Harbor travaille à développer les capacités de maintenance souveraines de l’Australie pour les SNA, ce qui permettra de maintenir nos sous-marins opérationnels en Australie-Occidentale. Actuellement, les techniciens australiens acquièrent une expérience pratique à bord de SNA en service, ce qui génère des heures de travail supplémentaires pour le chantier naval et nous aide à remettre les sous-marins en service dans les délais impartis », a déclaré Brown.

Dans le cadre des efforts déployés par l'AUKUS sur le SRF-Ouest, le sous-marin HMS Anson (S123) de la Royal Navy était arrivé à HMAS Stirling fin février pour une période de maintenance programmée. Mais le sous-marin a été rappelé au Royaume-Uni en raison du soi-disant conflit au Moyen-Orient. Nous pensons tout simplement qu’il est revenu dans les îles Britanniques par manque de moyens sous-marins.

Pourtant, un communiqué conjoint publié mercredi à l'issue des consultations ministérielles Australie-Royaume-Uni de juin 2026 indique que la visite du sous-marin nucléaire d’attaque Anson qui a effectué une période de maintenance en Australie, réaffirme l'engagement du Royaume-Uni envers le SRF-West et démontre la capacité de l'Australie à posséder, exploiter, entretenir et réglementer une flotte de sous-marins nucléaires à armement conventionnel souverain.

Pour les États-Unis, le fait de disposer grâce aux SSN AUKUS australiens, d’une force complémentaire à l’US Navy, déployable dans les eaux du Pacifique occidental constituera un avantage indéniable. D’autant que ces SSN seront équipés de missile de croisière Tomahawk.

AVEC 5 SOUS-MARINS D’ATTAQUE BRITANNIQUES SUR 6 IMMOBILISÉS A QUAI, LES ANGLAIS PORTENT UN SACRÉ DISCRÉDIT SUR LA QUALIT...
11/06/2026

AVEC 5 SOUS-MARINS D’ATTAQUE BRITANNIQUES SUR 6 IMMOBILISÉS A QUAI, LES ANGLAIS PORTENT UN SACRÉ DISCRÉDIT SUR LA QUALITÉ DE LEUR MARINE ET LE PACTE AUKUS
Les cinq sous-marins nucléaires d’attaque de la classe Astute sont signalés à quai pour entretien, sans aucun bâtiment en mer, selon le UK Defence Journal.

En 2025, ces unités ont cumulé environ 300 jours de navigation, sans pour autant retrouver une disponibilité satisfaisante. Début 2026, un seul exemplaire, le HMS Anson, demeurait réellement opérationnel avant d’être envoyé en Australie dans le cadre d’AUKUS pour la formation des Australiens. Avant que le Premier Lord de la Mer ne le rapatrie à Faslane pour tenter de trouver des solutions opérationnelles pour veiller sur leurs eaux territoriales régulièrement violées par les russes.

Le ministère britannique de la Défense assure que les eaux du Royaume-Uni restent protégées par d’autres moyens navals et a lancé en janvier un cadre de récupération des opérations sous-marines afin de renforcer la maintenance et le soutien. Sur le plan opérationnel, les Astute ne peuvent toutefois pas appareiller simultanément, ce qui pèse sur la collecte de renseignement et l’escorte du groupe aéronaval autour du porte-avions HMS Prince of Wales. La montée en puissance promise du plan de rattrapage nécessitera du temps avant de permettre la remise en ligne de plusieurs unités à la fois.

Le problème central ne réside pas dans la conception des sous-marins mais dans la cadence. Les ret**ds accumulés sur les dernières unités, notamment lors des essais en mer, ont ralenti l’entrée en service complète de plusieurs bâtiments. Les cycles de maintenance s’allongent également. Cette accumulation révèle une tension entre industrie navale, budget défense limité et rythme de production insuffisant.

La tension ne se limite pas à la force sous-marine. Selon la presse britannique, une seule frégate Type 23, le HMS St Albans, est actuellement à la mer, tandis que d’autres unités d’escorte restent immobilisées. Le HMS Prince of Wales a été placé en alerte accrue afin de pouvoir appareiller sous un délai réduit à 5 jours au lieu de 14, décision présentée par le ministère comme une mesure de prudence. Avec des escortes rares et sans sous-marin disponible, la constitution d’un groupe de combat cohérent devient un exercice d’équilibre délicat.

L’envoi du HMS Anson vers l’Indo Pacifique dans le cadre du partenariat AUKUS a suscité des critiques. Ce déploiement visait à renforcer la coopération avec l’Australie et les États-Unis. Mais il réduit mécaniquement le nombre de sous-marins disponibles pour l’Atlantique Nord et les eaux européennes. Ce choix stratégique illustre un dilemme entre engagement international, présence stratégique et sécurité nationale, la Marine britannique n’étant plus que l’ombre d’elle-même.

Le Royaume-Uni prévoit de remplacer sa flotte actuelle par jusqu’à 12 sous-marins de nouvelle génération issus du programme SSN AUKUS. L’objectif affiché est ambitieux : produire un sous-marin tous les 18 mois. Or, la construction d’un seul Astute a déjà nécessité plusieurs années. Cette annonce soulève des interrogations autour de planification industrielle, ambition stratégique et crédibilité budgétaire.

Certains responsables politiques britanniques ont publiquement exprimé leurs doutes sur le financement réel du programme. Construire 12 sous-marins nucléaires représente un investissement colossal, potentiellement de plusieurs dizaines de milliards d’euros sur plusieurs décennies. Dans un contexte de contraintes budgétaires, la question du financement militaire, de la priorité stratégique et de la viabilité économique reste entière.

Historiquement, la dissuasion et la puissance navale sous-marine constituent le cœur de la stratégie britannique. Si la transition entre les Astute et les futurs SSN AUKUS s’étire trop longtemps, le Royaume-Uni pourrait connaître un creux capacitaire. Cette période intermédiaire représente un risque en matière de crédibilité stratégique, de projection navale et de stabilité européenne.

LA FRANCE A AUGMENTÉ DE 6,7 MILLIARDS D’EUROS SES CAPACITÉS D’ARMES DE DISSUASION NUCLÉAIRES, NOTAMMENT POUR SA FORCE SO...
10/06/2026

LA FRANCE A AUGMENTÉ DE 6,7 MILLIARDS D’EUROS SES CAPACITÉS D’ARMES DE DISSUASION NUCLÉAIRES, NOTAMMENT POUR SA FORCE SOUS-MARINE
Avec 6,7 milliards d’euros ou 7,7 milliards de dollars engagés, la France arrive en 5e position des pays ayant le plus investi dans les armes nucléaires. Les puissances dotées du nucléaire ont dépensé un montant record de près de 119 milliards de dollars pour leurs arsenaux en 2025

Selon le rapport de l'ICAN, les neufs États dotés de l'arme nucléaire ont dépensé l'an dernier 17 milliards de dollars de plus pour leurs arsenaux qu'en 2024.
Les puissances nucléaires ont porté leurs dépenses consacrées à leurs arsenaux à un niveau record de près de 119 milliards de dollars ou environ 103 milliards d’euros l'an dernier, soit une hausse de 19%, une tendance appelée à se poursuivre pendant des décennies, selon une étude publiée mardi.

Selon un rapport de la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (ICAN), il s’agit des neuf États dotés de l'arme nucléaire : États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France, Inde, Israël, Pakistan et Corée du Nord.
Sur fond de tensions géopolitiques croissantes, "une nouvelle course aux armements nucléaires s'annonce" et qui devrait durer "des décennies", met en garde l'ICAN dans son rapport.

Les hausses spectaculaires des dépenses, associées aux craintes que l'intelligence artificielle ne risque d'accélérer la prise de décision concernant l'utilisation des armes nucléaires, sont profondément inquiétantes, selon Susi Snyder, directrice des programmes de l'ICAN et co-autrice du rapport. "Je suis terrifiée", a-t-elle déclaré à l'AFP.

L'étude montre que tous les États dotés de l'arme nucléaire ont augmenté leurs dépenses l'an dernier. Washington a dépensé plus que tous les autres pays réunis, consacrant 69,2 milliards de dollars rien qu'en 2025 aux armes nucléaires - soit 12,4 milliards de plus qu'en 2024. Viennent ensuite la Chine, dont les dépenses sont estimées à 13,5 milliards de dollars, le Royaume-Uni (12,6 milliards), la Russie (9,5 milliards), la France (7,7 milliards), l'Inde (2,8 milliards), le Pakistan (1,5 milliard), Israël (1,2 milliard) et la Corée du Nord (656 millions).

Selon l'ICAN, organisation qui s'est vu décerner le prix Nobel de la paix 2017, ces neuf États ont dépensé au cours des cinq dernières années un total de plus de 470 milliards de dollars pour leurs arsenaux. Sur cette période, la France a dépensé 33 milliards de dollars contre 265 milliards pour les États-Unis. La dissuasion nucléaire représente aujourd'hui 13% du budget de la défense en France.
La Corée du Nord a, elle, doublé ses capacités de production de matières fissiles, et le pays entend bien mettre en œuvre “un plan ambitieux visant à doper ses forces nucléaires à un rythme exponentiel”.

Ces chiffres interviennent en parallèle d’un rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), qui tire lui aussi la sonnette d’alarme. "La nouvelle la plus inquiétante est que, même si le nombre d’armes nucléaires a diminué, le niveau des dangers et des risques nucléaires(nouvelle fenêtre) augmente", a déclaré à l’AFP Karim Haggag, directeur du Sipri. Le monde compte aujourd’hui un total estimé à 12.187 ogives nucléaires, dont environ 9.745 dans des stocks en vue d’une utilisation potentielle.
les États sortent de plus en plus leurs armes de leurs stocks pour les déployer sur des vecteurs nucléaires, c’est-à-dire des supports de lancement opérationnels et en particulier les sous-marins lanceurs d’engins en grande progression de construction notamment dans les pays indopacifiques

Ces investissements devraient continuer à croître. En examinant les projections de dépenses à long terme, l'ICAN a mis en lumière des plans au Royaume-Uni, en France et aux États-Unis prévoyant d'investir des milliards de dollars dans le développement et la maintenance de ces systèmes d'armes jusqu'à la fin du siècle. Selon l'organisation, d'autres pays introduisent eux aussi de nouveaux systèmes d'armes appelés à avoir une longue durée de vie.

Le rapport souligne que les futurs missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) Sentinel prévus par les États-Unis devraient rester en service au-delà de 2100, tandis que l'augmentation de la production américaine de noyaux atomiques en plutonium laisse penser que les ogives nucléaires conserveront leur viabilité jusqu'en 2120.
Le cas de la Chine inquiète particulièrement les analystes. Avec 620 ogives, elle développe son arsenal plus rapidement que tout autre pays(nouvelle fenêtre) et pourrait, selon le Sipri, atteindre d’ici 2030 un niveau de missiles balistiques intercontinentaux comparable à celui des États-Unis ou de la Russie.

L'effort financier sera considérable, les États-Unis devant consacrer près de 1.000 milliards de dollars à leur arsenal nucléaire sur la seule décennie 2025-2034, selon le rapport. Ce que les puissances nucléaires ont dépensé en 2025 pour leurs arsenaux "aurait pu financer 32 ans du budget de fonctionnement de l'ONU", a souligné Susi Snyder, ajoutant qu'une seule journée de dépenses en armements nucléaires aurait pu assurer la sécurité alimentaire de plus de deux millions de personnes l'an dernier.
“À une époque où le coût de la vie explose et où l’alimentation comme l’énergie deviennent inabordables pour tant de personnes, il est inconcevable que ces neuf pays dépensent des milliards pour une fausse promesse de sécurité”, estime Susi Snyder, qui rappelle au passage que “les armes nucléaires ne peuvent être utilisées sans provoquer une catastrophe”.

Au lieu d'assurer des services essentiels, comme les soins de santé, ces Etats ont investi dans "un arsenal qu'ils savent ne pas pouvoir utiliser sans commettre un crime de guerre", a déclaré Susi Snyder,
Selon l’ICAN, les sommes consacrées aux armements nucléaires pourraient atteindre 1 000 milliards de dollars dans les dix ans qui viennent.

BEAUCOUP DE QUESTIONS ENTOURENT L’APPARITION D’UN NOUVEAU SOUS-MARIN CHINOIS QUI N’A JAMAIS ÉTÉ DÉCLARÉ PUBLIQUEMENTUn n...
07/06/2026

BEAUCOUP DE QUESTIONS ENTOURENT L’APPARITION D’UN NOUVEAU SOUS-MARIN CHINOIS QUI N’A JAMAIS ÉTÉ DÉCLARÉ PUBLIQUEMENT
Un nouveau sous-marin mystérieux témoigne de l'expansion sous-marine rapide de la Chine. La Chine lance des sous-marins à un rythme sans égal. Entre 2021 et 2025, la PLAN a lancé 10 sous‑marins nucléaires totalisant environ 79 000 tonnes. Son dernier modèle, un bâtiment original et novateur dépourvu de voile traditionnelle, marque une nouvelle étape dans l'évolution d'une force sous-marine toujours plus performante et technologiquement avancée.

En l'absence d'informations officielles, la compréhension du rôle et des capacités de cette nouvelle classe repose essentiellement sur le renseignement et l'analyse d'experts. Ce nouveau sous-marin, lancé à Shanghai, se distingue par son kiosque inhabituellement petit. Une légère protubérance reste toutefois visible. On estime que deux sous-marins de cette nouvelle classe ont peut-être été lancés simultanément depuis deux chantiers navals distincts en Chine.

Alors que les marines occidentales peinent à construire simultanément plus d'un ou deux sous-marins, la Chine continue d'en produire à un rythme toujours plus soutenu. Elle en a lancé une quinzaine à une vingtaine ces cinq dernières années, dont au moins huit nouvelles classes.

Le nouveau sous-marin a été aperçu sur des images satellites ces derniers jours. Les 31 mai et 1er juin, il était visible amarré à une barge de débarquement dans un bassin d'armement situé à proximité du chantier naval JN de Shanghai. Bien que principalement connu pour la construction de grands bâtiments de combat de surface, ce chantier naval a également participé à la construction de sous-marins, même s'il n'avait jusqu'alors jamais construit de sous-marins à propulsion nucléaire. Le lancement n'a fait l'objet d'aucune annonce publique et les sources publiques chinoises sont restées muettes.

Les principales caractéristiques de ce sous-marin sont sa proue profilée, ses gouvernails en forme de X et sa voilure réduite. La Chine a déjà expérimenté les sous-marins sans voile, un exemplaire ayant été construit dans ce même chantier naval. D'ailleurs, ce sous-marin est actuellement amarré à quai. Cette configuration a probablement été choisie pour minimiser la traînée. Cependant, l'absence de kiosque pourrait compliquer les opérations à la surface et l'empêcherait de faire surface à travers la glace dans les zones polaires. Il pourrait donc être plutôt destiné à des opérations en eaux profondes.
Parallèlement, à peu près au même moment, un autre sous-marin aurait été mis à l'eau au chantier naval de Huludao, en mer de Bohai. Ce chantier est réputé pour la construction exclusive de sous-marins nucléaires. Bien que cela reste à confirmer, on suppose que ce second sous-marin est du même type que celui de Shanghai. La construction et la mise à l'eau de deux sous-marins dans deux chantiers navals différents seraient un événement significatif.

Le sous-marin mesure environ 120 mètres de long et 10 à 11 mètres de large. Il est donc plus long mais plus étroit que l'autre sous-marin lancé à Bohai ces derniers mois. Il s'agit sans aucun doute d'un nouveau modèle. Ce dernier, dont l'existence a été révélée en février , avait été provisoirement identifié comme le sous-marin d'attaque Type-095 (ou Type-09V), très attendu. À l'époque, le sous-marin correspondait aux attentes et cette identification paraissait logique. Cependant, avec l'apparition de ce second sous-marin de taille similaire, la question de savoir lequel est le Type-095 reste ouverte.

Il semble peu probable que le nouveau sous-marin soit un SNLE (Sous-marin nucléaire lanceur d'engins). Ce dernier serait vraisemblablement plus grand, notamment compte tenu de la taille importante du missile JL-3 de dernière génération.
Des questions subsistent quant au rôle et à la propulsion du nouveau sous-marin. Concernant cette dernière, une propulsion nucléaire classique semble l'option la plus probable, compte tenu de la taille du bâtiment. S'il est propulsé par une propulsion conventionnelle, il s'agira alors du plus grand sous-marin conventionnel au monde.

La Chine développe également un système de propulsion nucléaire AIP plus petit, où un réacteur de faible puissance fait office de générateur autonome en air (AIP). Ce système est similaire à d'autres formes d'AIP, comme les générateurs Stirling et les piles à combustible, mais offre probablement une puissance supérieure et une autonomie quasi illimitée. Le premier sous-marin nucléaire AIP, le Type-041 de la classe Zhou, a été lancé au chantier naval de Wuchang à Wuhan en 2024. Il est possible que le même concept soit utilisé pour le nouveau sous-marin, bien que cela paraisse moins probable que la propulsion nucléaire traditionnelle.

La marine chinoise (PLAN) ne se sent pas tenue de révéler aux observateurs étrangers ses nouvelles classes de sous-marins. Contrairement à d'autres pays, elle ne fait aucune annonce publique concernant les commandes ni, dans de nombreux cas, les lancements. Cela est particulièrement vrai pour les premiers exemplaires d'une même classe. Les analystes devront donc être attentifs au moindre indice pour répondre aux questions en suspens.

L’émergence de ce sous-marin expérimental illustre avec éclat l’intensification de la compétition technologique sous-marine en Asie-Pacifique. La Chine multiplie les ruptures conceptuelles pour rattraper, puis dépasser les marines occidentales, en particulier dans les domaines de la furtivité et de l’efficacité énergétique. Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’Armée populaire de libération, dont l’ambition est de projeter la puissance chinoise bien au-delà des eaux territoriales. Comme l’analysent nos correspondants dans notre dossier sur la façon dont les États-Unis, la Chine et l’Inde redessinent les règles du conflit au XXIe siècle, la maîtrise des fonds marins est devenue un enjeu central de la rivalité entre grandes puissances.

Le silence de Pékin sur ce programme témoigne de sa sensibilité stratégique. Cette discrétion, érigée en doctrine, complique l’évaluation précise des capacités réelles du bâtiment et laisse les analystes occidentaux dans l’incertitude quant aux véritables intentions chinoises, comme aux délais envisagés pour la mise en service opérationnelle de ces innovations.

HI Sutton

01/06/2026

L’ACCORD AUKUS SE RÉDUIT DÉSORMAIS A 3 SOUS-MARINS AMÉRICAINS D’OCCASION ET DES VÉHICULES AUTONOMES SANS PILOTE (UUV)
L'Australie et les États-Unis ont annoncé samedi que les deux pays allaient «rationaliser» l'accord Aukus concernant l'achat de sous-marins à propulsion nucléaire, qui ne comprendra plus aucun submersible neuf. Les deux pays se sont rencontrés au Dialogue de Shangri-La à Singapour, qui réunit de hauts responsables de la défense et des experts d'une quarantaine de pays.

Dans le cadre du partenariat de défense Aukus conclu en 2021, qui comprend également le Royaume-Uni, l'Australie était censée recevoir au moins trois sous-marins à propulsion nucléaire de type «Virginia» neufs en provenance des États-Unis d'ici 15 ans.

Voici tous les communiqués émanant des 3 parties qui ont conclu l'accord AUKUS.

Dans une déclaration commune, le vice-Premier ministre australien Richard Marles, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth et son homologue britannique John Healey, ont confirmé l'ajustement de l'accord sur les sous-marins :

«Le vice-Premier ministre et les secrétaires ont salué l'approche proposée visant à rationaliser l'acquisition par l'Australie de sous-marins de classe Virginia (VCS), en simplifiant la gestion de la chaîne d'approvisionnement et les exigences opérationnelles et de maintenance, et en optimisant les coûts», indique le communiqué. «Cette approche permettrait à l'Australie d'acquérir trois VCS d’occasion au lieu de VCS neufs et en service.»

L'Australie s'attendait initialement à recevoir trois sous-marins de classe Virginia neufs. La marine américaine dispose de 24 bâtiments de classe Virginia, mais les chantiers navals américains peinent à atteindre les objectifs de production fixés à deux nouveaux sous-marins par an.
Depuis, aux États-Unis, des voix se sont élevées pour demander pourquoi Washington vendrait des sous-marins à propulsion nucléaire à l'Australie sans d'abord reconstituer ses propres forces militaires. Le programme de sous-marins Aukus, au cœur de la stratégie de défense australienne, pourrait coûter jusqu'à 235 milliards de dollars américains sur 30 ans, selon les prévisions du gouvernement.

Très laconiquement, les trois ministres de la Défense des pays concernés par AUKUS (Australie, Royaume-Uni, USA), dans une déclaration conjointe en marge du Dialogue Shangri-La, le forum annuel consacré à la défense et au ⁠renseignement en Asie, ont annoncé que le pilier I du programme AUKUS, "restait sur la bonne voie". Ce pilier I concerne des sous-marins à propulsion nucléaire et à armement conventionnel dont l’Australie entend s’équiper via ses deux partenaires. Pour l’heure, ce projet est à la traîne et devient de plus en plus coûteux. De ce fait certains australiens regrettent l’abandon du marché passé avec la France, rompu abruptement.

Pour faire oublier ce pilier I qui prend l’eau, voire boit la tasse, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Australie travaillent ensemble et essayent de trouver un compromis en réfléchissant au développement de véhicules sous-marins sans pilote dans le cadre de leur pacte de défense trilatéral baptisé AUKUS.

« Ce projet phare permettra de déployer une série d’UUV (Unmanned Underwater Vehicles) pour des missions multiples hautement ajustables, conçues pour soutenir les opérations sous-marines et maintenir notre avantage collectif dans le domaine maritime », a déclaré le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth après un entretien avec ses homologues australien Richard Marles et britannique John Healey.

Il s’agit pour contrer la puissance croissante de la Chine dans la région Indo-Pacifique, de développer des technologies de défense avancées, notamment l’informatique quantique, les technologies sous-marines, hypersoniques, l’intelligence artificielle (IA) et la cybersécurité. L’AUKUS a indiqué dans un communiqué conjoint que la livraison des véhicules sous-marins autonomes débuterait en 2027.

Voici la section de la déclaration conjointe qui porte sur le 2e pilier:

« Le vice-Premier ministre et les secrétaires ont réaffirmé l’importance cruciale d’accélérer la mise en œuvre des capacités avancées du deuxième pilier d’AUKUS. Ils ont annoncé le premier projet phare de ce pilier : le développement de charges utiles et de systèmes de pointe pour les véhicules sous-marins autonomes (UUV) des partenaires d’AUKUS, dont les livraisons débuteront en 2027. Ce projet vise à renforcer considérablement la capacité des partenaires d’AUKUS à protéger les infrastructures sous-marines nationales critiques ; à déployer des capacités de surveillance, de reconnaissance et de frappe de pointe ; à mener des opérations logistiques ; et à consolider leur supériorité dans la lutte anti-sous-marine et antinavire, le déminage, la guerre électronique et les manœuvres littorales contestées. »

Le vice-Premier ministre et les secrétaires ont confirmé que les étapes clés continuent d’être franchies pour la Force de rotation sous-marine Ouest (SRF-Ouest) et ont annoncé la finalisation des dispositions nécessaires à sa mise en place en 2027. La SRF-Ouest soutiendra directement les déploiements de sous-marins en développant les options de maintenance et l’infrastructure de soutien dans la région et accélérera la capacité de l’Australie à posséder, exploiter, entretenir et gérer une flotte de sous-marins nucléaires à armement conventionnel souverain.

Ce mois-ci, les États-Unis ont autorisé la mise en place d’éléments de soutien de l’US Navy pour la SRF-Ouest et commenceront à déployer les premiers personnels de l’US Navy à la base du HMAS Stirling près de Perth plus t**d cette année.

Malgré les soucis opérationnels de sa flotte de sous-marins, le Royaume-Uni a réaffirmé son engagement à assurer une présence tournante au sein de la SRF-Ouest et a salué le succès de la période de maintenance des sous-marins menée plus tôt cette année par le HMS Anson.

Cette déclaration ne reflète pas la réalité du terrain car le HMS Anson a raccourci le temps qu’il devait passer en Australie de l’Ouest pour la formation des Australiens par manque de sous-marins d’attaque de disponibles au sein de leurs forces maritimes.

Le vice-Premier ministre et les secrétaires ont pris acte des investissements prévus par l’Australie, pouvant atteindre 8 milliards de dollars australiens, au SRF-West pour le soutien des infrastructures et de la logistique à la base du HMAS Stirling, ainsi que des premiers versements de l’Australie, d’un montant de 3,9 milliards de dollars australiens, pour la construction du nouveau chantier naval de sous-marins en Australie-Méridionale et de 12 milliards de dollars australiens pour le complexe de défense de Henderson, notamment pour soutenir la mise en place de capacités d’amarrage d’urgence et de maintenance en dépôt.

Le vice-Premier ministre et les secrétaires ont salué la proposition de rationaliser l’acquisition par l’Australie de sous-marins de classe Virginia (VCS), en simplifiant la gestion de la chaîne d’approvisionnement, les exigences opérationnelles et de maintenance, et en optimisant les coûts. Cette approche permettrait à l’Australie d’acquérir trois VCS d’occasion au lieu de sous-marins neufs et de variantes déjà en service.
Le vice-Premier ministre et les secrétaires ont salué les progrès significatifs accomplis dans la conception et la réalisation du SSN-AUKUS, qui dotera le Royaume-Uni et l’Australie d’une capacité de combat avancée. Ces progrès ont été rendus possibles grâce aux investissements conjoints du Royaume-Uni et de l’Australie, dont un engagement de 6 milliards de livres sterling pris par le Royaume-Uni en 2025. »

Et enfin : « Collaboration dans le secteur de la défense, le commerce et la base industrielle : Le vice-Premier ministre et les secrétaires ont confirmé leur soutien à l’élargissement du champ d’application de l’accord AUKUS, exempt de licences, entre les partenaires, en prenant des mesures rapides et concrètes pour réduire la liste des technologies exclues. Ils ont également réaffirmé l’importance du Forum industriel sur les capacités avancées et du renforcement de la collaboration au sein de la base industrielle de défense trilatérale. »

Ces nouveaux accords ne précisent pas le degré de vétusté des sous-marins américains de type Virginia qui seront rétrocédés aux Australiens et leurs temps de service à la mer.

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