16/05/2026
Dépêche
Bombardements et exécutions de civils, la situation humanitaire se détériore en Azawad et au centre du Mali
L’association Kal Akal exprime sa vive indignation face à l’aggravation dramatique de la situation humanitaire et sécuritaire au centre du Mali ainsi qu’en Azawad où les population civiles continuent de payer un lourd tribut dans un contexte marque par les violences armées, les frappes aeriennes et les exactions contre des personnes non armées.
Selon les informations recoupés par Kal-akal, une attaque particulièrement meurtriere a été perpétrée par les Forces Armées Maliennes (FAMa) le 14 mai 2026 dans le village de Sarkala Werè, situé à environ 7 kilomètres de Markala dans la région de Ségou. Des témoignages concordants rapportent que les militaires ont ouvert le feu de manière indiscriminée sur les habitants dès leur arrivée dans le village, visant toute personne aperçue sur leur passage.
Le bilan humain provisoire fait état de 31 civils tués tous issus de la communauté peule, parmi lesquels figurent majoritairement des adolescents et des enfants, ainsi que des personnes âgées et une femme allaitante accompagnée de son enfant âgé de deux ans. Les victimes identifiées comprennent vingt-quatre adolescents âgés de 2 à 16 ans, une femme de 40 ans et six vieillards âgés de 55 à 76 ans. Les mêmes sources indiquent également que près de 1000 vaches et 100 moutons auraient été emportés vers Dougabougou.
À l’heure actuelle, 28 victimes ont été enterrées dans la nuit du 14 mai aux environs de 23 heures, tandis que trois autres personnes, précédemment portées disparues, n’ont toujours pas été inhumées au moment de la rédaction de cette dépêche.
Parallèlement, dans la région de Tombouctou, des sources locales fiables rapportent une série de frappes aériennes violentes menées par des avions de combat et des drones contre les zones d’Abder, Engarn et les environs de Gargando, situées au nord et au nord-est de la région. Selon les premières informations recueillies sur place, plusieurs civils auraient été tués ou blessés lors de ces bombardements.
Les frappes auraient notamment ciblé plusieurs véhicules civils de fret, dont un camion destiné au transport d’eau qui a été entièrement détruit, provoquant la mort de tous les passagers à bord. Une autre frappe aurait touché un véhicule civil de transport de type Toyota GX, causant la mort d’un civil et blessant grièvement une autre personne transférée en urgence pour recevoir des soins.
Des témoignages locaux indiquent également que ce vendredi des frappes auraient visé des camions de commerce ainsi que des habitations civiles près de Gargando. Selon ces mêmes sources et les photos obtenues sur place par Kal Akal, des bombes à sous-munitions de type RBK-500 auraient été utilisées lors de ces opérations. Ces accusations suscitent une vive inquiétude au regard des risques élevés que représentent les armes à sous-munitions pour les populations civiles.
À Bara, dans la localité de Gadarma région de Gao, une autre frappe aurait ciblé un campement bédouin causant la mort tragique d’une famille entière composée des femmes enfants et d’un vieil homme nommé (Alhassan Ag Ismaïl) , dans ce qui est décrit par des témoins locaux comme une nouvelle attaque contre des civils sans défense.
Dans autre contexte des informations en provenance de la localité d’Anfif font également état de l’enlèvement de vieillard âgé de 70 ans nommé Intakan Ag Tikandja par les éléments de l'armée malienne et des éléments russes.
Dans plusieurs localités du nord et du centre du Mali, des voix locales accusent les forces armées maliennes, appuyées par des éléments russes du groupe (Africa Corps) de mener une politique de terre brûlée marquée par des frappes indiscriminées contre les populations civiles et les infrastructures fragiles. Les communautés arabe, touarègue et peule figureraient parmi les populations les plus touchées par cette escalade des violences.
Face à cette situation extrêmement préoccupante, Kal-akal présente ses condoléances aux familles des victimes et exprime sa solidarité envers les blessés et les populations affectées, une fois de plus Kal Akal appelle la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains ainsi que les mécanismes internationaux aptes d’ouvrir des enquêtes impartiales et autonomes, de sorte que les auteurs de ces actes répondent de leurs actes devant le droit international humanitaire.
Kal-akal rappelle également que les populations civiles ne doivent en aucun cas être prises pour cible ni utilisées comme victimes collatérales dans le cadre des opérations militaires en cours au centre de Mali et en Azawad.
Association Kal-akal
Kidal le 16/05/2026