24/04/2026
Communiqué N°2026-003/FOSC-DB-SG Relatif à la plainte présumée de Palu, TRIAL International et de la FIDH portant allégations d’exactions contre nos forces armées ( FAMA).
Le Forum des Organisations de la Société Civile (FOSC) a pris connaissance, avec stupéfaction et vive préoccupation, d’une plainte présumée déposée contre l’État du Mali devant la Cour africaine des droits de l’homme par TRIAL International, l’Union panafricaine des avocats (PALU) et la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), portant sur des allégations d’exactions imputées aux Forces Armées Maliennes (FAMa) ainsi qu’à des partenaires sécuritaires, en lien avec des événements survenus en 2022.
Face à cette initiative, le Forum exprime de sérieuses réserves quant à la crédibilité, à la fiabilité et à l’objectivité des éléments ayant servi de fondement à une telle démarche. Dans un contexte de lutte asymétrique contre des groupes armés terroristes, marqué par la circulation d’informations fragmentaires, parfois orientées et difficilement vérifiables, toute accusation d’une telle gravité exige des preuves rigoureuses, contradictoires et établies selon des standards irréprochables. À ce stade, de nombreuses zones d’ombre subsistent et appellent à la prudence.
Cette plainte intervient dans un moment particulièrement sensible où le Mali affirme pleinement sa souveraineté politique, sécuritaire et stratégique, notamment à la suite du retrait de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et de la reconfiguration de ses partenariats internationaux. Un tel contexte soulève des interrogations légitimes quant au timing et aux motivations profondes de cette démarche. Le Forum s’interroge : s’agit-il d’une véritable quête de justice ou d’une tentative d’influence sur les choix souverains du Mali ?
Le FOSC rappelle avec fermeté que le Mali demeure un État souverain, doté d’institutions républicaines et d’un appareil judiciaire compétent pour connaître de toute allégation portée contre ses agents, dans le respect des lois nationales et des engagements internationaux librement consentis. Le principe de subsidiarité, reconnu en droit international, consacre la primauté des juridictions nationales dans le traitement des contentieux. Toute tentative d’internationalisation prématurée de faits non établis peut ainsi être perçue comme une remise en cause de la souveraineté judiciaire de l’État malien.
Le Forum tient également à rappeler le rôle fondamental et les sacrifices consentis par les Forces Armées Maliennes, engagées sur plusieurs fronts dans une lutte déterminante contre des groupes armés terroristes responsables de graves violations des droits humains, de massacres de civils et de déplacements massifs de populations. Ces forces agissent dans des conditions extrêmement difficiles pour préserver l’intégrité territoriale, la sécurité des citoyens et la continuité de l’État. Toute tentative de les discréditer de manière globale, sans distinction ni preuve irréfutable, porte atteinte au moral des troupes et à l’effort national de stabilisation.
Le FOSC déplore par ailleurs une approche sélective et déséquilibrée des questions relatives aux droits humains. Les exactions massives commises par les groupes terroristes ne bénéficient pas toujours de la même attention ni de la même mobilisation internationale, créant ainsi une perception d’injustice et de traitement différencié. Une telle asymétrie fragilise la crédibilité des démarches entreprises au nom de la défense des droits fondamentaux.
Le Forum exprime en outre ses préoccupations face à certaines dynamiques observées au sein d’organisations internationales qui, sous couvert de promotion des droits humains, peuvent être perçues comme s’inscrivant dans des logiques d’ingérence ou d’agendas extérieurs, parfois en décalage avec les réalités nationales. Sans remettre en cause le caractère universel des droits humains, le FOSC appelle à une vigilance accrue face à toute instrumentalisation susceptible de fragiliser les États africains dans leurs choix souverains.
Dans ce contexte, le Forum des Organisations de la Société Civile s’interroge sur l’objectif réel d’une telle action, sur ses implications et sur ses conséquences potentielles pour le Mali. La recherche de la vérité et de la justice ne saurait être dissociée du respect des États, de leurs institutions et des réalités auxquelles ils sont confrontés.
Le FOSC réaffirme son attachement indéfectible à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et à la dignité du Mali. Il exprime son soutien aux Forces de Défense et de Sécurité dans leur mission régalienne et appelle au respect des institutions judiciaires nationales. Il invite également à une approche équilibrée, objective et non politisée des questions liées aux droits humains.
Le Forum en appelle enfin à la responsabilité, à la vigilance et à l’unité de l’ensemble des citoyens et des acteurs nationaux. La défense des intérêts supérieurs de la Nation exige cohésion, lucidité et engagement collectif face aux défis actuels.
Bamako, le 23 Avril 2026
Le président
Lamine Coulibaly