Lieu de vie seigneuriale et de commandement (cour de justice, prison), la première qasbah, dont il ne reste aujourd’hui que des ruines, a été édifiée fin XVIIIe siècle, début XIXe siècle, sur un petit plateau à 1.900 m d’altitude, situé sur la voie menant au Tizi n’Télouet près du village d’Imaouine.
À partir de 1860, une nouvelle qasbah est construite près de l’ancienne. Cette citadelle édifiée d
’abord par Hammou Glaoui, amezouar (initiateur, guide) et cheikh de la tribu des Glaoua. Elle sera successivement agrandie par ses successeurs, notamment par son fils le caïd Mohamed Ibibd (qui établit également le souk Khmiss à proximité – souk hebdomadaire se tenant le jeudi, encore en activité aujourd’hui), mais surtout par son petit-fils El Madani qui en fait un ouvrage singulier tout en reflétant un style architectural typique du sud marocain. L’édifice ne laisse pas indifférent les voyageurs et explorateurs qui arrivent jusqu’à Télouet. La littérature du XIXe siècle (carnets et récits de voyage) donne des descriptions détaillées, autant de témoignages précieux au vu du manque d’archives techniques sur lesquelles s’appuyer. Ainsi, le géologue et explorateur écossais, Joseph Thompson (à qui l’on doit la première carte géologique marocaine du Haut Atlas occidental) fait une description émerveillée de cette qasbah, suite à son séjour d’une dizaine de jours en juin 1888 : « Suddenly, at the turning of a ridge, we found ourselves confronted with a magnificent and imposing castle of the old baronnial style… We could hardly believe our eyes as we scanned the turreted walls, the crenelated battlement, the fortified gateways and outer lines, which rose before us with a princely air and military strength and glory »
La dernière grande extension sera édifiée dans la première moitié du XXe siècle avec une richesse de mise en œuvre dans un style architectural mêlant architecture endémique et décors citadins. Cette partie de l’ensemble est la mieux préservée, et la seule ouverte aux visites touristiques.
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Selon l’histoire antique, Télouet aurait été un lac entouré d’une dense forêt constituée majoritairement de chênes verts, mais aussi d’amandiers et de figuiers. Les premiers berbères pasteurs établis dans la région étaient apparentés à la famille des Masmouda et vivaient dans des habitations troglodytes. Certaines, notamment au niveau du village d’Assaka dans la verte et étroite vallée Ounila, sont encore accessibles aujourd’hui et servent parfois de lieux de stockage (paille, blé, etc.). Point majeur sur la route des caravanes transsahariennes mais aussi point de passage des expéditions militaires (comme celle menée par le sultan saaâdien Al Mansour Addahbi vers le Soudan en 1590), le col de Télouet est devenu au fil du temps un territoire de brassage ethnique, avec l’installation d’une population juive composée d’artisans et de grossistes de sel. La population noire, dite « Haratine », issue de l’esclavage, est essentiellement originaire du Mali, de Guinée et du Soudan. Cette nouvelle population installe des zaouïas et medersas destinées à l’enseignement théologique. Le relief de Télouet est diversifié. La commune comporte des chaines montagneuses de moyennes altitudes, les plus hautes sont le Jbel Aneghmer qui s’élève à 3.607 m et le Tizi n’Télouet à 2.030 m d’altitude ; tandis que le nord et le sud sont composés par des glacis. Les plateaux forment de vastes terrains essentiels pour l’élevage du bétail (moutons, chèvres, vaches), les plaines cultivables ne représentent que 5% de la surface de la commune et les fonds de vallées de l’assif Marghene et l’assif Ounila (assif signifie fleuve en berbère) sont les lieux privilégiés des établissements humains.