01/10/2026
ORGANISATION DÉMOCRATIQUE DU TRAVAIL
LE BUREAU EXÉCUTIF
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
L’Organisation Démocratique du Travail exige l’arrêt immédiat des surenchères électorales et dénonce les violations et formes d’exploitation ciblant les migrants marocains à Ceuta occupée
Rabat, le 30 septembre 2026
L’Organisation Démocratique du Travail (ODT) exprime sa vive indignation et condamne fermement les atteintes répétées aux droits fondamentaux, les actes de violence, la discrimination raciste et les conditions d’accueil dégradantes pour la dignité humaine, ainsi que les multiples formes d’exploitation dont sont victimes les migrants dans la ville de Ceuta occupée, parmi lesquels une écrasante majorité de citoyens, de jeunes et de mineurs marocains.
La crise humanitaire qui persiste depuis la vague de flux massifs des 30 et 31 juillet 2026 ne saurait être réduite ou simplifiée à une simple question de contrôle des frontières ou de maintien de l'ordre public. Il s'agit avant tout d'une question de droits humains, de dignité humaine et de protection immédiate des populations les plus vulnérables.
Les données du terrain et les rapports récents font état de la présence de plus de 10 000 migrants à Ceuta occupée, deux mois après leur arrivée. Une grande partie d'entre eux vit dans des campements informels et des centres d'hébergement manquant des conditions humaines les plus élémentaires. Bien que des milliers d'entre eux soient retournés au Maroc, d'autres restent confrontés à un avenir incertain et à des conditions éprouvantes liées à leur statut administratif, à l'accès restreint au logement, à l'asile et à la sécurité.
L’ODT prend note avec une profonde inquiétude des rapports documentés signalant des agressions physiques et psychologiques à caractère raciste et xénophobe :
Rapport de Human Rights Watch (août 2026) : Basé sur les témoignages de 76 migrants, ce rapport documente des situations de sans-abrisme, la défaillance des services de santé, la hausse des violences sexuelles ainsi que la complexification des procédures de demande d'asile, appelant les autorités à garantir un logement digne et l'accès à la protection internationale.
Rapport du Conseil National des Droits de l’Homme du Maroc (CNDH) : Il fait état d'allégations de mauvais traitements, d'atteintes à l'intégrité physique des migrants marocains et de l'absence de protection effective contre les attaques racistes, nécessitant des enquêtes indépendantes et impartiales afin d'établir les responsabilités juridiques.
Réseaux criminels et exploitation : Les autorités espagnoles ont annoncé le démantèlement de réseaux criminels qui exploitaient la vulnérabilité des migrants en leur imposant des loyers allant jusqu'à 900 euros par mois pour des lits dans des logements délabrés, et jusqu'à 6 000 euros pour de fausses promesses de transfert vers la péninsule espagnole. Le 24 septembre, la police espagnole a également découvert 28 migrants (dont 3 mineurs) entassés dans deux appartements dépourvus des conditions minimales d'habitabilité, de ventilation, d'eau et d'électricité.
L’ODT réaffirme d'une voix forte et ferme : un migrant ne perd pas ses droits du simple fait de son statut administratif. L’organisation annonce son refus catégorique de toute instrumentalisation du drame des jeunes et des migrants dans les rivalités politiques et les surenchères électorales. La pauvreté, la précarité et le manque de perspectives des jeunes ne doivent en aucun cas servir de levier pour obtenir des gains politiques ou décrocher des sièges électoraux, que ce soit en Espagne ou au sein des institutions de l'Union européenne.
Exploitation de la main-d'œuvre et droits des travailleurs transfrontaliers
L’ODT alerte sur le fait que le dénuement et la précarité alimentent un marché noir du travail informel. Les opérations d'inspection menées à Ceuta occupée durant le mois de septembre ont mis au jour une exploitation féroce de la main-d'œuvre migrante et des anciens travailleurs transfrontaliers, privés de contrats, de protection sociale et de salaires équitables. L’ODT insiste sur le fait que la régulation du marché du travail doit cibler les employeurs exploiteurs et non les victimes.
En conséquence, l’Organisation Démocratique du Travail (ODT) exige :
Une protection immédiate et intégrale : Assurer la protection physique et morale de tous les migrants à Ceuta sans aucune discrimination fondée sur la nationalité ou le statut administratif.
L’arrêt immédiat des expulsions arbitraires et de la violence : Mettre fin à tous les traitements cruels et aux refoulements collectifs forcés sans examen individuel de chaque cas.
Des enquêtes indépendantes : Ouvrir des enquêtes judiciaires et administratives indépendantes et courageuses sur toutes les allégations de violences, de pratiques racistes et d'usage excessif de la force.
L’accès aux procédures d’asile : Garantir des procédures d'asile individuelles dans une langue comprise par les migrants, avec une assistance juridique et une prise en charge spécifique pour les enfants et les mineurs non accompagnés.
Des centres d’hébergement dignes : Assurer un logement digne et sécurisé, accompagné de services médicaux et psychologiques, d'une alimentation adéquate et d'un accès à l'eau potable.
La lutte contre les « marchands de sommeil » et les trafiquants : Sanctionner sévèrement les réseaux de traite des êtres humains et les spéculateurs immobiliers qui profitent de la détresse des migrants.
La création d’un observatoire indépendant des droits humains : Mettre en place un mécanisme indépendant de suivi de la situation des droits humains à Ceuta occupée, avec la participation des syndicats, des institutions officielles et des ONG internationales des droits de l'homme.
Un dialogue politique fondé sur la responsabilité partagée : Engager un dialogue urgent et responsable entre le Maroc, l'Espagne et l'Union européenne afin d'établir une politique migratoire juste, fondée sur la protection des droits, la sécurisation des voies de mobilité légale et le développement mutuel.
Pour des relations maroco-espagnoles fondées sur le respect mutuel
Les relations historiques, humaines, économiques et sociales qui unissent le Maroc et l'Espagne exigent le renforcement de la coopération et la préservation des droits. Les migrants marocains ne sont pas un simple dossier sécuritaire ou une variable d'ajustement budgétaire et politique ; ce sont des travailleurs, des jeunes, des femmes et des enfants titulaires de droits universels et inaliénables.
L’Organisation Démocratique du Travail réaffirme que la lutte contre l'immigration irrégulière ne saurait jamais justifier la violation des droits humains, et qu'aucune politique migratoire ne doit sacrifier la dignité humaine.
Organisation Démocratique du Travail – ODT
Le Bureau Exécutif — Ali Lotfi
Rabat, le 30 septembre 2026