10/08/2026
𝐂𝐚𝐫𝐧𝐞𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐧 – 𝐉𝐨𝐫𝐝𝐚𝐧𝐢𝐞
𝐄́𝐩𝐢𝐬𝐨𝐝𝐞 𝟏/𝟓 𝗔𝘇𝗿𝗮𝗾 𝗻'𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗷𝘂𝘀𝘁𝗲 𝘂𝗻 𝗰𝗮𝗺𝗽
Pendant quelques jours, je vous emmène avec moi à Azraq, un camp de réfugiés syriens en Jordanie. Pour parler de ce que CARE Luxembourg y fait, mais aussi pour partager ce que j'y ai vu et ce que j'y ai appris.
Avant de venir à Azraq, je pensais visiter un camp de réfugiés. J'ai découvert ce que devient un camp lorsque l'urgence dure plus de dix ans. Ouvert en 2014, le camp a été prévu pour recevoir 120 000 personnes. Il accueille aujourd'hui près de 36 000 réfugiés, répartis dans quatre villages au cœur du désert jordanien, à une centaine de kilomètres d'Amman.
Dès le départ, le camp d’Azraq a été conçu pour être un camp « idéal », bien planifié et organisé. Et en effet, on y retrouve les structures nécessaires à la vie communautaire : des rues bien délimitées, un hôpital, des écoles, des centres communautaires, une crèche, des ateliers et des milliers d’abris, comme des petites maisonnettes.
Tout est organisé pour permettre à des familles de vivre… en attendant de pouvoir rentrer chez elles.
Mais ce retour ne vient pas. Et ce provisoire, qui dure des années et des années, façonne entièrement la vie ici et donne aux habitants l’impression d’une vie entre parenthèse, comme certains que nous avons rencontrés nous l’ont exprimé. Ce phénomène que j’ai déjà étudié chez les réfugiés tibétains, est aggravé ici par l’espace désertique et l’isolement géographique.
Des enfants sont nés et grandissent ici, dans cet endroit hors du temps (les Anglais diraient un « limbo », un lieu entre-deux), qui n'était censé n’être qu'une étape dans la vie de leur famille.
C'est sans doute ce qui m'a le plus marqué : lorsque l'urgence dure des années, il ne s'agit plus seulement de protéger des personnes. Il faut aussi leur permettre de vivre.
Dans le prochain épisode, je partagerai ce que CARE fait au cœur du camp, et l'on comprendra que l'action humanitaire ne se résume pas à distribuer une simple aide.
CARE Jordan