23/08/2025
Dans « On Resistance », Adam Phillips explore le concept de résistance en soulignant combien le mot « resistance » paraît aujourd’hui à la fois essentiel et extraordinairement difficile à penser. (Adam Phillips. Août 2025. « On Resistance. ». London Review of Books, 47(14))
Pour Phillips, résister ne se limite pas à refuser un ordre : c’est une affirmation intuitive de ce qu’on ne peut accepter, une forme de connaissance anticipée du futur, dans le but de protéger une conception de soi. En cela, la résistance est à la fois reconnaissance et fantasme de catastrophe.
La résistance émane souvent d’un tiraillement intime : le patient utilise ses résistances pour se sauvegarder. Elle est une manière paradoxale de se dire : « Je sais ce contre quoi je suis. »
En ce sens, la résistance est moins un mur qu’une invitation masquée : elle nous interroge, interroge l’autre et requiert son attention active pour être reconnue, puis dépassée. Ce n’est donc pas un phénomène à éradiquer, mais une clé vers le désir et l’identité.
« Résister, c’est aussi refuser la conformité : ne pas s’ajuster, ne pas se plier aux règles du jeu — ou, du moins, interroger cette capacité à le faire. La résistance agit alors comme une sonde : elle explore, elle éprouve, elle observe ce que l’analyste — ou l’autre — fera de ce refus, et ce que sa réponse dévoilera de lui — sera-t-il autoritaire ou généreux, impatient ou souple ? Nous opposons notre résistance non comme un simple obstacle, mais comme une provocation muette, une invitation à l’autre à se montrer tel qu’il est. »