05/03/2026
“Résilience” vum Jean-Francis Covi vun der Association Luxembourgeoise du syndrome de Rett ALSR
🇱🇺
Fir de Rare Voices Projet huet de Jean-Francis, deem säi Meedchen mat Rett-Syndrom lieft, dëst Gedicht geschriwwen a presentéiert.
Den 28 Februar 2026 ass de Rare Disease Day, deen Dag am Joer wou mir iwwert rar Krankheete sensibiliséieren an eis Communautéit feieren.
🇬🇧
For the Rare Voices project, Jean-Francis, whose daughter lives with Rett Syndrome, wrote and presented this poem.
The 28th of February 2026 was Rare Disease Day, the day of the year when we raise awareness for rare diseases and celebrate our community.
🇫🇷
Pour le projet Rare Voices, Jean-Francis, qui a une fille atteinte du sydrome de Rett, a écrit et présenté ce poème.
Le 28 février 2026 a eu lieu le 19e Rare Disease Day, le jour de l’année où nous sensibilisons aux maladies rares et célébrons notre communauté.
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www.alan.lu/rarediseaseday2026/
Music by Alex Grohl (Pixabay)
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Ma fille Shola vit dans un monde
qui n’a pas été conçu pour elle.
Un monde trop rapide.
Trop bruyant.
Trop étroit.
Parfois, elle crie.
Non pour déranger.
Mais parce que c’est sa langue.
Chez Auchan, au milieu des rayons,
son cri fend l’air.
Une voix dit :
« Vous devriez mieux l’éduquer.
Les enfants, ça se dresse. »
Je pousse le chariot.
Je ne réponds pas.
La dignité tient dans ce silence.
Shola traverse le monde
comme on traverse un fleuve sans pont.
Elle avance
avec son corps fragile,
avec ses silences,
avec cette force invisible
qui ne demande rien
et ne cède pas.
Sa résilience n’est pas un discours.
C’est un regard de patronne.
Un souffle.
Une présence.
Dans les couloirs des hôpitaux,
les mots tombent à côté.
Les réponses se dérobent.
Nous attendons.
Parfois, elle souffre
et ne peut pas nous le dire.
Alors nous apprenons
à lire l’invisible.
Il y a les refus.
Les portes qui ne s’ouvrent pas.
Les lendemains incertains.
Il y a les autres enfants
qui courent vers le monde
comme s’il leur appartenait.
Shola, elle,
l’habite autrement.
Elle ne conquiert pas.
Elle persévère.
Elle ne domine pas.
Elle tient.
Et chaque jour,
sans bruit,
elle m’apprend
que la force
n’est pas dans la puissance
mais dans la constance.
Que la grandeur
ne se mesure pas
à la facilité.
Et que certaines vies,
fragiles et lumineuses,
déplacent les frontières
de ce que nous appelons
l’humanité.