Par et pour les habitants des communes de Houmal et Bdedoun – Liban
SITUATION DE LA GESTION DES DÉCHETS MUNICIPAUX À HOUMAL ET BDEDOUN
Bdedoun et Houmal sont deux villages du Mont Liban parmi les 70 villes et villages du district. Ils sont caractérisé par leurs terres agricole où l’on retrouve les Oliviers, les arbres fruitiers et la culture des légumes de saison. Ils sont situés entre 400 et 50
0m au dessus du niveau de la mer à environ 15 kilomètres de la capitale Beyrouth qu’il dominent ainsi que la Méditerranée. La plupart des résidents en sont originaires. Leur situation sur les collines du Mont-Liban et leur éloignement relatif de Beyrouth les a préservé de l’excès d’urbanisation et leur permet de conserver encore leurs caractéristiques d’anciens villages libanais. La plupart de la jeune génération est instruite et beaucoup de familles qui vivent dans ces villages ont des membres de leur famille qui vivent à l’étranger dans différentes parties du monde, ce qui se reflète dans les habitudes et la culture de leurs résidents, qui se sont éloignés peu à peu des petits élevages et de la terre que pratiquaient leurs anciens. D’autre part, comme tous les villages et villes du Liban, Houmal et Bdedoun sont confrontés à de nombreux défis en matière de services fournis par le gouvernement. Par exemple, l’eau potable n’est pas disponible dans les maisons, l’approvisionnement en électricité est aléatoire. Il est partiellement fourni par EDL et complété par des générateurs privés, les transports publics ne sont pas disponibles et en plus de cela, le ramassage des ordures est un véritable cauchemar : le passage des camions de collecte des ordures dépend du niveau de remplissage des décharges ! Lorsque la collecte des ordures n’est pas faite les ordures s’entassent dans les rues. Les municipalités ont lancé une initiative de tri et de recyclage en 2016, après la crise des déchets qui a frappé le pays. Bien sûr, la raison de ne pas poursuivre le processus est due à diverses raisons dont les suivantes : le manque d’incitation, le manque de sensibilisation, les ordures étaient séparées dans les maisons puis collectées par les municipalités. Mais au milieu de l’année 2018, le gouvernement a relancé le processus de collecte des ordures sans le tri à la source ! Bien sûr, cela a été un choc pour la plupart des familles qui avaient pris l’habitude de trier leurs déchets, d’autant plus que les enfants ont commencé à comprendre l’intérêt du processus de tri des ordures. De nombreux militants écologistes et de nombreuses personnes dans les villages croient toujours que la seule solution durable pour les déchets devrait commencer par le tri des déchets à la source. Pour cette raison, notre collectif de citoyens (Dimocratyouns), avec le soutien des associations ALMADA (Liban) et ENERGIS Libani (France) ainsi que de MM. Rawad FEGHALI et Jihad FEGHALI, présidents des conseil municipaux des deux communes a décidé de prendre l’initiative de mettre en œuvre le projet pilote en question qui vise par le traitement des déchets organiques in-situ, dans un premier terme de :
– Eliminer plus de 50% des déchets solides issus des ménages
– Ancrer le tri à la source auprès des habitants en montrant un intérêt à le faire
– Créer des emplois en milieu rural
– Améliorer la cohésion sociale et la résilience en milieu rural
– Impliquer les citoyens dans un projet de recyclage durable et respectueux de l’environnement
– Encourager par l’exemple la démocratie participative comme facteur clé de succès de la société libanaise
– Réduire la facture de la municipalité et la taxe liée à la collecte des ordures ménagères
Et d’élargir le projet pilote aux autres déchets recyclables afin de compacter les déchets de type carton, verre, plastique et de les vendre aux sociétés de recyclage générant ainsi un profit qui financera les besoins d’exploitation du projet afin de le rendre durable et auto-suffisant. Afin d’étudier les chances de succès du projet, une petite enquête a été menée auprès des habitants : 65% des familles interrogées se sont déclarées prêtes à trier à domicile si on les assure d’un enlèvement quotidien de leurs déchets organiques.